Raymond Jean
Raymond Jean
Des parents inquiets qui tournent en rond chez eux... Des enfants en promenade qui découvrent la ville avec toutes ses surprises... Le temps qui passe et accentue l'angoisse des uns, la joie et le bonheur des autres... Et, pour faire le lien familial, le téléphone qui, de cabine publique en cabine publique, permet des appels et des conversations régulières racontant le voyage au coeur de la cité...
Une journée dans la vie de Medhi. Un témoignage subtil, minutieux, violent. Un cri d'indignation et de révolte. Le racisme quotidien, les conditions d'existence des travailleurs immigrés, la justice qui leur est faite, tels sont les thèmes de ce récit où tout se joue dans l'espace d'un regard.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Philippe Leierman, journaliste à l'AFP, erre dans les rues de Santiago, à la veille du putsch qui va poignarder le Chili. Il y rencontre une jeune femme nommée Lidia qu'il perdra très vite de vue, car il doit quitter le Chili pour le Brésil. À São Paulo, il est hanté par le souvenir de Lidia, dont il essaie en vain de retrouver la trace. Un Américain haut en couleur, John Terpak, l'aide à tromper son angoisse en lui racontant ses amours dérisoires. Rentré en France, Philippe, toujours obsédé par le souvenir de Lidia, rencontre une autre jeune femme, Olympe, avec qui il va avoir une liaison heureuse ; c'est un événement quasi mythologique dans sa vie. Il fait part régulièrement, par lettres, à son amie Florence, des étapes de cette liaison. C'est l'époque du Programme commun en France, de la Révolution des oeillets au Portugal, de la montée d'un espoir politique nouveau. Mais le temps des désillusions viendra. Olympe disparaîtra, au terme d'un été ensoleillé en Provence, et la mémoire de Philippe ne retiendra plus que de multiples images féminines. C'est la rencontre d'une dissidente soviétique, Irina Stepanova, poétesse un peu excentrique qu'il avait connue quelques années auparavant à Léningrad. Envoyé spécial à Saigon, c'est à une Viêtnamienne de vingt ans, Phuong, qu'il s'attachera, au moment de l'offensive finale qui transformera la capitale en Ho Chi Minh Ville. Après La ligne 12, La femme attentive, La fontaine obscure, La rivière nue, Raymond Jean construit ici un roman d'une plus grande ampleur, où la fiction, organisant la mémoire, intègre à l'histoire de notre temps - qui est peut-être le temps des femmes - l'histoire personnelle d'un homme, dans la décennie 70-80.
Compagnon de route du PCF pendant vingt-cinq ans, Raymond Jean a vu l'U.R.S.S. à travers Gide, la déclaration de guerre à travers Nizan, il a découvert le marxisme mais éprouvé la séduction existentialiste, critiqué le stalinisme, bien avant le XXe Congrès. En 1968, il franchit le pas et devient communiste. Dix ans plus tard, l'échec de la gauche oblige à reposer les questions décisives : une voie nouvelle peut-elle s'ouvrir vers un socialisme différent ? Les partis communistes sauront-ils rompre avec les formes de pensée qu'une histoire terrible a discréditées ? Raymond Jean tente d'y réfléchir au miroir de sa propre relation d'écrivain et d'intellectuel avec le Parti.
Une petite ville du Midi de la France. Une jeune femme, professeur, se baigne nue dans une rivière avec trois de ses élèves, trois garçons. Sans idée préconçue. Librement. Innocemment. Pour fêter la fin de l'année scolaire. Ainsi naît une poussée de violence qui fait perdre littéralement la raison aux habitants et crée parmi eux les conditions du fascisme. Julia a-t-elle eu tort ou raison ? A-t-elle été inconsciente ? Lui reproche-t-on d'être trop belle ? Imprudente ou impudente ? A-t-elle défié, provoqué délibérément la population de Casemane ? En tout cas, voilà la petite ville divisée en deux camps dont l'affrontement semble reproduire les antagonismes du temps de l'occupation allemande et du maréchal Pétain. D'un côté les collabos, de l'autre les résistants, que l'on voit revivre à travers quelques flash-backs. L'espace, le lieu de ces drames anciens et modernes sont toujours la rivière de Casemane, comme si le cours du temps ne dérivait pas. Ce roman tente de décrire, par les voies de la fiction, les liens qui existent entre le scandale et la violence, l'intolérance sexuelle et l'intolérance politique. On y retrouvera la démarche narrative de La ligne 12 ou de La femme attentive, l'intensité dramatique et la force de La fontaine obscure - mais appliquée cette fois à une histoire de notre temps, dont Raymond Jean est l'observateur à la fois exact et implacable.
Marseille, ville de lumière et de mystère, devient sous la plume de Raymond Jean le théâtre d’une quête littéraire et humaine.