Raymond-Achille De La Villedieu
Raymond-Achille De La Villedieu
Le 25 mars 1940. C'est la Drôle de guerre pourrissante et trompeuse... Soudain, trois avions surgissent dans le ciel de Misermont, minuscule village perdu entre les collines de la Drôme, à plus de 150 kilomètres de Lyon, en lisière de la Provence tricastine. L'identification des monstres est difficile. Comment savoir si ce sont les avions de la France, de la Croix-Rouge ou de l'Allemagne qui survolent Valence, Montélimar et Avignon ? L'auteur - encore très jeune à cette époque - a réellement vécu cet événement, historiquement vrai.
La Villedieu, mon ami, le 20 mars 1976, au début de ce siècle, au pays de Théodore Blachard - ton paysan phallocrate, « Rouge » d'idée, et démesurément doté en sexe - on croupit dans les haines, les désirs... Le pauvre ventre de la Terre n'est pas regardant à qui sait le prendre. Les misères de Théodore ? D'abord le dépucelage sacré (la Vierge, première « fumelle » du monde) et la puissante rencontre de l'étalon et de la jument, force de l'un, abandon de l'autre. Mais surtout la chance des « Blancs » qui croient en Dieu, et sa malchance à lui. Où va donc notre République ? Comme un voyant, un prophète, La Villedieu, tu nous racontes une terre ancienne : la vigne qui a « la foira » (le phylloxéra), les mythes sociaux qui aveuglent le peuple. Les chiens. Le tabac. Et le malheur : Théodore Blachard qui perd son royaume pour un coup de dent de cheval. « Je suis un paysan », m'as-tu dit, comme une profession de foi. C'est peut-être vrai. Homme La Villedieu, tu es un agneau pour les hommes... Mais la malice que l'on devine dans ton oeuvre nous fait aisément imaginer ce « paysan » libre laboureur de sillons purs, fossoyeur de mythes fangeux. Et gare à la récolte ! Aujourd'hui, il pleut, c'est vrai, mais tu n'es plus le seul à ronger ton frein.