Raphaël Doan
Raphaël Doan
Et si la vraie démocratie restait à inventer en France ? Raphaël Doan revisite l’histoire, d’Athènes à la Suisse, pour proposer une solution audacieuse : redonner la parole au peuple par le référendum.
Demain, serons-nous remplacés par des robots ? Cette crainte est renforcée par le développement sans précédent des intelligences artificielles. Certaines sont déjà capables de générer du texte, des images, bientôt de la musique et des vidéos. Et si, au lieu de se détourner d'une nouvelle technologie, les historiens essayaient de se l'approprier pour la mettre au service de leur matière ? C'est le pari fou d'un des historiens de l'Antiquité les plus talentueux de sa génération, Raphaël Doan, déjà auteur de plusieurs livres récompensés par des prix prestigieux. Passionné par les évolutions technologiques, il s'est plongé dans le dernier état de la recherche en « IA générative » afin d'en tirer le plus grand profit pour dominer la machine, et comprendre comment l'histoire pouvait s'articuler avec ces nouveaux outils. De cette expérience est né ce livre saisissant, Si Rome n'avait pas chuté, une uchronie sur un Empire romain bénéficiant d'une révolution industrielle avant l'heure. Le scénario a été imaginé et pensé par l'historien, mais l'écriture et les illustrations ont été, sous sa direction, réalisées par différentes intelligences artificielles. L'ouvrage est précédé d'une longue introduction où l'auteur explique la façon dont il a travaillé, dévoile les ombres et lumières de ces nouveaux logiciels, les raisons pour lesquelles il faut parfois s'en méfier, mais aussi celles pour lesquelles tout nous invite à s'en saisir afin de les mettre à notre service. Une entreprise inédite, un événement éditorial.
Comment passe-t-on en quelques années de la guerre civile à la certitude de vivre un siècle d'or ? Voilà la question brûlante que pose le siècle d'Auguste, qui vit la République romaine se transformer en empire et produire ses plus fameux chefs-d'oeuvre. « Siècle d'or » ? En vérité, notre époque ne croit plus guère aux dénominations de ce genre. Et pourtant : ceux qui l'ont vécu n'ont-ils pas voulu à la fois restaurer le passé, refonder l'avenir et jouir du présent ? Restaurer le passé : le siècle d'Auguste est le moment d'un retour aux traditions antiques, à une histoire ancienne magnifiée, mais aussi celui de la « restitution » d'une république transformée. Préparer l'avenir : une administration est alors fondée, destinée à durer des siècles, pour accompagner ce que tout le monde perçoit comme un renouveau cosmique. Jouir du présent : les Romains veulent oublier les guerres civiles, Horace appelle à boire et Ovide à aimer. Flaubert écrivait : « Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc-Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. » Le siècle d'Auguste est au coeur de ce moment unique dans l'histoire.
Au-delà des polémiques, que sait-on vraiment de l'assimilation et de son histoire ? La pratique qui consiste à exiger de l'étranger qu'il devienne un semblable remonte à l'Antiquité, et n'est le privilège ni d'un pays, ni d'une époque. Aucun ouvrage n'avait jusqu'ici proposé une histoire globale de l'assimilation. L'ambition de cette entreprise inédite est de donner un panorama des pratiques d'assimilation à travers l'histoire, de l'Antiquité à nos jours, de l'Europe à l'Amérique, du Japon à l'Arabie, des grands empires aux pays d'immigration. Un fait se dégage : même si elle se révèle parfois contraignante, l'assimilation est toujours associée à l'universalisme, tandis que le refus de l'assimilation a souvent partie liée avec le racisme ou la xénophobie. Loin d'être synonyme de repli sur soi, l'assimilation se révèle historiquement le propre des sociétés ouvertes. En creux, ce sont les problématiques de notre époque, marquée par les crises migratoires et la mondialisation, que ce livre cherche à éclairer, en abordant les problématiques de l'étranger et de l'immigration sous un nouveau jour. Faut-il chercher à rendre nos sociétés diverses plus homogènes ? Quel type de culture, quel rapport à nous-mêmes et à autrui voulons-nous ? Bref : à Rome, doit-on encore demander de faire comme les Romains ?
Il y a du Cicéron chez Emmanuel Macron, et du Clodius chez Donald Trump. C'est en historien de l'Antiquité que Raphaël Doan démontre que nous n'avons pas inventé le populisme. Les Romains, à la fin de la République, connaissent une lutte à mort entre ce qu'ils appellent les populares et les optimates. Appel au peuple, goût des solutions radicales, recours à la figure de l'homme fort : ces tribuns en toges et en sandales ressemblent trait pour trait à ceux du xxie siècle.Dans cette époque, avec son sénat et sa plèbe, ses discours et ses émeutes, ses guerres et ses violences, tout est d'actualité. Y compris la question essentielle : le populisme est-il le bouclier des humbles contre une élite sourde à ses revendications, ou le futur glaive des tyrans contre la liberté ?Un premier essai époustouflant, écrit avec une plume exemplaire.Ancien élève de l'ENS et de l'ENA, agrégé de lettres classiques, Raphaël Doan a 26 ans. Il signe ici son premier livre.