Pierre-henri Castel
Pierre-henri Castel
Voici deux essais sur le problème du Mal. Leur sécheresse conceptuelle, leur caractère argumentatif, sont de principe. Car ils sont tous deux animés d'une conviction forte : le Mal est une question philosophique qu'il faut ôter des mains des théologiens, des psychologues du crime et des critiques littéraires assoiffés de sublime. Faire le mal, et le plus de mal possible, obéit en effet à des règles rigoureuses, et il faut mettre ces règles au jour. Adoptant une posture analytique, Pierre-Henri Castel combat, dans un premier essai, deux idées communes : être pervers n'est pas soluble dans le relativisme culturel ou historique, pas plus qu'il n'existe de disposition naturelle à faire le mal. Le second essai, prenant la forme d'une lecture critique de l'Histoire de Juliette de Sade, interroge, au-delà de la forme littéraire, le programme philosophique et éthique de son oeuvre pour en révéler toute la portée : la pensée de Sade n'est pas une source de frissons délicieux - elle est objectivement dangereuse, elle ne parle pas juste du Mal ; elle le fraye.
La plupart des concepts psychologiques traditionnels ont été ou sont en cours de naturalisation : l'esprit, c'est ce qui s'explique à partir du cerveau. En abordant ici les modèles animaux de la folie, les hystéries modernes, la dépression, l'énigme des "fous criminels" ou celle de la conscience schizophrénique, l'auteur poursuit en réalité trois tâches. Il présente d'abord les mutations actuelles de quelques théories psychiatriques marquées par la domination des paradigmes neuroscientifique et évolutionniste. Il vise, ensuite, à dégager les présuppositions philosophiques ultimes de la naturalisation de la folie et des états psychiques morbides qui inspirent ces théories. Il interroge, enfin, les conditions anthropologiques du succès de l'"esprit-cerveau" en psychiatrie.
Et si la dépression n’était pas seulement une affaire médicale, mais le symptôme d’une société en crise ? Ce forum rassemble six grands penseurs pour interroger notre rapport à la souffrance psychique et à l’individualisme contemporain.
Scrupules morbides, remords délirants, angoisses absurdes, rituels compulsifs... Comment les hommes ont-ils soigné les souffrances, voire les folies que la "conscience morale", suprême valeur de l'individu occidental, a suscité en nous, dès son triomphe au 17e siècle ? Le premier volume de cette étude, qui en comprend deux, s'ouvre sur une provocation : ces symptômes,nos "obsessions" et nos "compulsions", n'ont pas toujours existé - avant saint Augustin, même leur possibilité est douteuse. Il s'achève avec Freud, qui forge le terme de "névrose obsessionnelle". Entre les deux, les scrupuleuses du Grand Siècle, Kierkegaard, Esquirol et Janet scandent un parcours qui aboutit à la psychiatrisation de l'obsédé. Une foule inquiète s'y bouscule : les superstitieux d'Athènes et Rome, les premiers moines en Égypte, une religieuse possédée et son génial confesseur, des enfants qui insultent Dieu, de dignes bourgeois qui étouffent leurs impulsions criminelles, des mystiques et des neurologues, un médecin bien malade, et quelques Sénégalais. Chaque fois, les conflits qui les ravagent révèlent la cruelle fabrique de notre intériorité et le prix psychique dont l'individu moderne l'aura payée.
Pourquoi implante-t-on aujourd'hui de minuscules électrodes dans le cerveau de certains "obsessionnels-compulsifs " ? Qu'est-il arrivé à la "névrose obsessionnelle" inventée par Freud ? Où donc est passé le vieux "surmoi" ? Questions étranges, parce qu'elles semblent monter en épingle un épisode infime de l'histoire de la psychiatrie, loin des graves soucis des philosophes pour la folie. Au contraire : elles se tiennent au ras des souffrances secrètes d'un nombre immense de gens normaux, mais angoissés, portés à douter de tout, l'esprit traversé par des obsessions bizarres, et dont la vie est gâchée par de petits rituels dérisoires (vérification, symétrie, etc.). La réponse se déploie entre deux récits de cure psychanalytique, livrés avec une exceptionnelle richesse de détails : celle d'un patient de Freud, l'Homme aux rats, en 1907, à Vienne, et celle d'un de nos contemporains, Paramord. On y découvre combien devoir assumer subjectivement certains actes (sexuels mais pas seulement) peut devenir un supplice horrible. On y découvre aussi combien la contrainte à agir et à être soi-même aura été une pierre de touche de l'identité de l'individu dans la modernité.
Adieu, soupes de balises et combinaisons de JavaScript propriétaires qui polluaient le Web 1.0... Place à des applications accessibles et ergonomiques, des scripts portables et du balisage sémantique : créer des interfaces bluffantes et interactives à la Web 2.0 (Gmail, Google Maps, Flickr, Netvibes...) est l'occasion d'instaurer de bonnes pratiques de développement - pour travailler mieux, plus vite, et dans le respect des normes. Une bible des meilleures pratiques de développement Web 2.0 Christophe Porteneuve livre dans cet ouvrage plus de dix années d'expérience en développement et en qualité web. Il rappelle les fondamentaux techniques du Web 2.0 (XHTML, CSS, JavaScript, DOM...), décrit l'usage des frameworks de développement dédiés Prototype et script.aculo.us dans leur version la plus récente, et explore le coeur d'Ajax, XMLHttpRequest, ainsi que la question des contenus et services externes (services web, API REST et flux de syndication RSS et Atom). Outre une réflexion sur l'accessibilité et l'ergonomie, il explique comment conjuguer toutes ces technologies dans le cadre d'une méthodologie de développement cohérente et qualitative. Cette deuxième édition augmentée, entièrement mise à jour pour tenir compte des récentes évolutions des standards, illustre la technologie de la réutilisation d'API JavaScript tierces ("mashups") et explore en détail le débogage JavaScript côté client de vos applications web. À qui s'adresse cet ouvrage ? Aux développeurs web qui doivent actualiser leurs connaissances et découvrir les technologies du Web 2.0 ; À ceux qui souhaitent explorer en profondeur les bibliothèques Prototype et script.aculo.us À tous ceux qui souhaitent acquérir une méthodologie cohérente de développement web, combinant technologies de pointe, qualité et accessibilité.
Ce volume est une introduction à Freud, construite autour de sa thèse la plus célèbre : un inconscient sexuel régit la vie psychique, y compris dans ses prétentions intellectuelles, morales ou esthétiques. Comment Freud a-t-il travaillé pour la formuler et la défendre, tant dans le contexte où la psychanalyse est née, qu'au fur et à mesure du développement de la théorie dans l'espace de ses propres difficultés ?
Ce bref essai procède d'une idée à première vue insupportable : le temps est passé où nous pouvions espérer, par une sorte de dernier sursaut collectif, empêcher l'anéantissement prochain de notre monde. Le temps commence donc où la fin de l'humanité est devenue tout à fait certaine dans un horizon historique assez bref - autrement dit quelques siècles. Que s'ensuit-il ? Ceci, d'également insupportable à concevoir : jouir en hâte de tout détruire va devenir non seulement de plus en plus tentant (que reste-t-il d'autre si tout est perdu ?), mais même de plus en plus raisonnable. La tentation du pire, à certains égards, anime d'ores et déjà ceux qui savent que nous vivons les temps de la fin. Sous ce jour crépusculaire, le Mal, la violence et le sens de la vie changent de valeur et de contenu. Pierre-Henri Castel explore ici quelques paradoxes de ce nouvel état de fait, entre argument philosophique et farce sinistre. Êtes-vous prêts pour la fin du monde ? Pierre-Henri Castel est philosophe, historien des sciences, et psychanalyste.
Ce bref essai s'adresse à ceux qui se demandent comment aujourd'hui on peut bien vouloir entreprendre une cure ou vouloir devenir psychanalyste, berf quel crédit conserve encore la psychanalyse. En 1980 l'American Psychiatric Association fait paraître une version révisée de son Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux qui liquidait dans la pratique de la psychiatrie scientifique la référence aux catégories freudiennes, en premier lieu à celle de névrose. Cet ouvrage est une brillante analyse de la crise majeure actuelle de la psychanalyse dont le prestige scientifique, tant clinique que thérapeutique, a largement diminué depuis 25 ans environ, crise mal perçue dans le mileiu psychanalytique lui-même (une vitalité en vase clos dit l'auteur). Le propos de l'auteur est donc d'analyser frontalement les facteurs de la crise, il fournit ainsi une brllante réponse aux nombreux détracteurs maniant à la fois arguments théoriques et sociologiques sans véritables arguments intellectuels. Un ouvrage passionnant. Une chronologie bibliographique et événementielle de la psychanalyse depuis 1980 enrichit cet ouvrage en rappelant les grands moments : livres, décès, article, controverses et polémiques....
Non, la psychanalyse d'enfant n'est pas une technique médico-psychologique pour traiter les symptômes des enfants, qui leur appliquerait juste les procédés mis au point pour les adultes par Freud. C'est chez nous, comme il y en a dans toutes les sociétés, un rituel thérapeutique pour parer aux échecs de la socialisation primaire des enfants. Pour le démontrer, Pierre-Henri Castel ne part pas des « grandes théories » d'Anna Freud, Melanie Klein ou Winnicott. Il examine ce que font les psychanalystes avec leurs petits patients : ils dessinent, racontent des contes et des fables et, surtout, ils jouent avec eux. Les notions-clés de la psychanalyse d'enfant, soutient-il, ne font jamais qu'expliciter l'implicite de ce savoir-faire. Ce renversement d'approche radical mobilise autant l'histoire que l'ethnologie et la théorie de l'art. Mais sa visée est morale et politique : comment des enfants naissent-ils à l'autonomie et à la subjectivité, et que faire quand le malheur et l'angoisse les en empêchent ? La psychanalyse d'enfant est alors reconstruite à la lumière de ces enjeux majeurs.Pierre-Henri Castel, directeur de recherches au CNRS (EHESS/Lier-FYT), est historien des sciences et philosophe. Il travaille sur les transformations épistémologiques et sociales de la médecine mentale. Il est également psychanalyste d'enfants et d'adultes. Il est l'auteur à succès de Le Mal qui vient, Le Cerf, 2018.