Pierre Schaeffer
Pierre Schaeffer
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Dans un manoir du XVIIIe siècle, un homme en quête de sensations fortes croise la route d’une femme aussi mystérieuse qu’envoûtante.
Simon Vanderer, un homme jeune encore, part pour le Mexique se remettre de sa jeunesse, de sa guerre (celle de 40) et de ses illusions, qu'il croit perdues. Il se consacre à sa mission : la France l'a délégué sous le couvert d'un pays sous-développé, à l'une de ces conférences internationales où, vers 1948, on refaisait le monde. Dans un décor flambant aztèque, dans celui moins flambant des assemblées édulcorées, notre héros risque de sombrer parmi ses utopies, malgré les consolations adultérines de la berlinoise Butterfly. Or voici qu'apparaît au détour d'un sentier, au flanc du volcan d'Uruapan, l'homme-à-nul-autre-pareil qui prodigue à poignées des bonbons Félix Potin... Et c'est ce gardien de volcan - introuvable ensuite - qui aura pourtant fait pour notre héros plus que d'autres en vingt ans d'éducation distinguée. Confronté à notre monde de consommation et de contestation, ce retour sur un passé de restrictions, de DC 4, d'Amérique découverte, risque de paraître dépassé. Mais que faire quand on est un monsieur important, un chercheur connu pour son sérieux, et qu'on a enfoui dans le placard de ses jeunes années un secret si différent ? Ne vaut-il pas mieux risquer d'irriter le lecteur plutôt que d'être accusé de non assistance à personne en danger ? « Le gardien de volcan » n'est pas un roman qui suit la mode. S'il est écrit tantôt à la première personne (je me souviens), tantôt à la seconde (je te vois, Simon) ou bien à la troisième, évocatrice de l'événement, c'est parce qu'il y a plusieurs Simon. Simon est comme tout le monde. Seul échappe au sort commun le Gardien, épouvantail toujours jovial, toujours indéchiffrable. Ces Simon-là, quel que soit leur âge, s'efforcent de se regrouper, de remonter le fatal courant, vers des eaux moins fatiguées. Et encore, s'agit-il d'eau limpide ou bien d'un feu insidieux ?... celui qui donne des boutons à la Terre, et aux hommes ces fièvres dont les accès les font recracher le Système par mille bouches farouchement individuelles. P. S.
Et si l’humanité n’était qu’une farce cosmique ? Watson, las de son époque, mène l’enquête sur nos origines et découvre deux complices improbables : Faber, inventeur compulsif, et Sapiens, éternel suiveur.
Mai 1968, la Maison de la Radio est assiégée. Pierre Schaeffer, pionnier des médias et témoin privilégié, raconte la chute des murs de Jéricho et quarante ans de radio-télévision française.
Les trouvailles contemporaines masquent (ou bien révèlent ?) une énigme de toujours : la musique est-elle science ou art ? Quels sont ses éléments : signal physique ou signe d'un langage ? Mais la musique est-elle un langage ? D'ailleurs, de quelle musique s'agit-il : occidentale ou primitive, concrète, électronique ?... Y a-t-il des musiques singulières ou une musique plurielle ? Pierre Schaeffer répond que la musique est une architecture qui parle. Il s'agit, avec elle, de mettre en corrélation deux sortes de connaissances : celle de la Nature et celle de l'Homme. On ne s'étonnera donc pas que l'auteur tourne autour de l'objet musical et le présente sous ses divers aspects. L'approche est successivement historique, linguistique, physique, philosophique, méthodologique, "acoulogique", musicale. On en arrive à une double conclusion : du concours des disciplines surgit une méthode propre à la musique, destinée à renouveler le solfège traditionnel et à fonder les musiques dans leur généralité. D'autre part, un tel itinéraire mène à son tour aux passages hermétiques - à moins qu'ils ne soient occultés par le respect humain - entre science et art, ces deux moitiés de l'expérience humaine. Aussi est-il de la vocation d'Orphée, sinon de résoudre l'énigme, du moins de l'affronter et de répondre à l'espoir que mettent en lui des créatures encore sauvages : qu'une réponse des choses soit donnée à la question des hommes.
Le 18 mars 1950, dans la respectable salle de l'École normale de musique, eut lieu un « premier concert de musique concrète ». Les auditeurs allaient, les tout premiers, subir une privation essentielle : l'absence de musiciens, et subir l'épreuve de l'inouï : non seulement des sons jamais entendus, mais des assemblages de sons dont il était impossible de dire s'ils obéissaient à des lois prévues par les auteurs, ou s'ils tenaient simplement du hasard. Même envoûtant, ce nouveau langage était étrange, quasi étranger. S'agissait-il même encore d'un langage ? La révolution technique apporte-t-elle de nouveaux moyens de « faire de la musique », ou bien nous mène-t-elle à la découverte de nouvelles musiques, que nous ne savons pas encore faire, et encore moins entendre ? L'esprit de la musique est-il préexistant aux sons ? Ou bien, au contraire, est-ce à partir d'une pratique des sons que le musical peut apparaître, s'élaborer, et se renouveler ?
" Autour de moi, s'étalait des piles de disques, où s'inscrivaient les fragments de cette matière décomposée, rapetissée et agrandie, désossée, inversée, éclatée, pulvérisée. J'étais comme une enfant qui a vidé le son de son ours, arraché les yeux de sa poupée et démantibulée son train mécanique. Il fallait bien que je m'avoue que je venais d'inventer d'extraordinaires techniques de destruction, mais que tous les essais de synthèse me claquaient dans les doigts. Il y avait d'autre part, à chaque instant de mes démarches, d'impitoyables contradictions qui surgissaient. Les objets sonores proliféraient mais leur multiplication insensée n'apportait aucun enrichissement, du moins au sens où les musiciens l'entendent : l'idée musicale, ou l'ombre de d'idée qui demeurait à travers ses contorsions inchangées, et que de formes biscornues, que de variantes concrètes pour la même idée ! Ces variations elles-mêmes étaient contradictoires, trop musicales et pas assez, trop parce que la banalité de l'écriture initiale persistait, pas assez parce que la plupart de ces objets sonores étaient cruels, offensants pour l'oreille. "
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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La culture scientifique, quoi qu'on en dise, n'existe pas : elle ne saurait être assimilée à une simple information sur les résultats de la recherche. C'est aux chercheurs eux-mêmes à la mettre en forme, de telle sorte qu'elle puisse s'intégrer à la culture générale. Cette collection donne une voix à cette élaboration aujourd'hui nécessaire. Les meilleurs spécialistes internationaux y mènent une réflexion commune sur les incidences intellectuelles et sociales des bouleversements techniques provoqués par le développement actuel de la science. Chaque volume, conçu comme un ouvrage de référence, regroupe les points de vue actuellement les plus significatifs sur une question donnée.