Pierre Ouellet
Pierre Ouellet
Après avoir entraîné ses lecteurs en Georgie à la poursuite d'un mystérieux tueur en série dans son roman Freux (2019), Pierre Ouellet redonne la parole au narrateur, celui-là même qui avait raconté avec emportement l'enquête menée par Chester Head. Plusieurs décennies plus tard, coincé dans une temporalité stérile (un fils mort-né, un père décédé), l'homme, également écrivain, revient sur cet épisode de son passé grâce à ses discussions avec son ami Head, et en se replongeant dans les souvenirs de son idylle avec Blandine, celle qui autrefois avait également côtoyé et fui le Pasteur, incarnation du mal. Survies permet ici à l'auteur (Pierre Ouellet ou le narrateur fictif ? allez savoir...) de faire la lumière sur certains épisodes de l'histoire du meurtrier, explore les relations humaines qui ont permis que se déploie cette violence et jette des ponts entre l'immédiat et l'intemporel, entre le sacré et le profane, dans un style qui éblouit par sa maîtrise.
Trois grands enfants s'enfoncent dans la forêt laurentienne en suivant la rivière Montmorency, qui fut leur terrain de jeu tout au long des années 1960. Ils cherchent la source qu'ils imaginent pure, unique, de ce grand cours d'eau auquel ils identifient le fil de leur vie. Les rapports troubles de gémellité et d'amitié, de couple, d'amour, de haine, jetteront les bases d'une nouvelle forme de vie commune, dont la sauvagerie des bois sera le modèle bien plus que l'urbanité des villes qu'ils ne cessent de fuir. Leur voyage s'étalera sur près de dix ans, pendant lesquels ils feront trois expéditions, à onze, à seize et à vingt ans, pénétrant chaque fois plus loin dans la forêt, dont ils n'atteindront le coeur qu'à la toute fin, faisant à chaque étape de nouvelles expériences qui les changeront à jamais.
Exercice de mémoire et d'imagination, À vie explore notre relation au passé et les fantasmes qui habitent les époques révolues, souvent idéalisées. Pierre Ouellet plonge ici ses personnages dans l'emportement des mots, et tisse un récit vertigineux qui témoigne du long et sinueux apprentissage de la vie. Après Portrait de dos(l'Hexagone, 2013) et Dans le temps (Druide, 2016), l'auteur propose, avec ce roman, la conclusion du cycle de La grande enfance. /// Résumé : Une vieille goélette rafistolée, comme les souvenirs d'un lointain passé, sert de décor aux nouvelles aventures de Jean Lhomme, de Faye Rose et d'un narrateur anonyme. Ce vaisseau fantôme, à la fois nef des fous et chasse-galerie, sera pour les héros le théâtre d'explorations au coeur de l'espace et du temps des rêves qu'incarna le monde des années 1960 et 1970 où ils ont vécu leur prime jeunesse. De l'île d'Orléans à l'estuaire du Saint-Laurent, en passant par la côte est américaine jusqu'aux Caraïbes, les protagonistes termineront leur long voyage au Nicaragua, où ils réaliseront leur rêve de révolution auprès de sandinistes. S'ensuivra une très profonde désillusion, qui n'effacera toutefois pas leur soif d'espérance, nourrie par la puissance magique de leur imagination. Ils inventent leur monde bien plus qu'ils n'y vivent ; ils dessinent leur vie au fur et à mesure bien plus qu'ils ne suivent un destin tout tracé. Ils découvrent leur histoire comme une légende, où ils apprennent à se transfigurer. L'auteur /// L'auteur : Pierre Ouellet est poète, romancier, essayiste. Écrivain «hors genre», il est l'auteur d'une quarantaine de livres, pour lesquels il a notamment reçu le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie essai à deux reprises, pour À force de voir. Histoire de regards, paru en 2005, et pour Hors-temps. Poétique de la posthistoire, publié en 2008, le Prix Spirale Eva-Le-Grand pour Où suis-je. Paroles des égarés, publié en 2010, le Grand Prix Québecor du Festival international de la poésie pour Dépositions, paru en 2007, et le prix Ringuet pour Légende dorée, paru en 1997. Le gouvernement du Québec lui a décerné en 2015 le prix Athanase-David pour l'ensemble de son oeuvre.
On ne raconte pas un temps pareil : on l'évoque, l'invoque, le convoque. On ne le rappelle pas, on continue de l'appeler, faisant appel à l'air... C'est la seule façon de le faire revenir, non pas à la mémoire, à quoi il résiste, mais à l'imagination encore, grâce à quoi il existe... persiste, subsiste. Le récit qu'on fait d'un tel âge n'appartient plus à l'âge du récit, des petites et des grandes fables, de la petite et de la grande histoire auxquelles l'enfance révolue ne croit plus... mais aux cris de guerre, aux chants d'amour, qu'on découvre comme autant de poèmes et de prières, de mantras et de slogans secrets dont on apprend qu'ils sont les seuls à pouvoir porter le sens véritable de ce qu'on a vécu.
Comment les grands traumatismes du XXe siècle résonnent-ils dans notre mémoire ? Testaments de Pierre Ouellet explore cette question en convoquant les voix de Primo Levi, Paul Celan ou Yannick Haenel.
Plongez dans l'aventure captivante de Survivants - tome 1 Lucky le solitaire, où un chien solitaire doit affronter un monde post-apocalyptique sans humains.