Pierre Manenti
Pierre Manenti
1976-2002 : plongez dans les coulisses du RPR, ce parti gaulliste qui a marqué un quart de siècle de vie politique française. Pierre Manenti en révèle les secrets, les rivalités et l’héritage toujours vivant dans les débats d’aujourd’hui.
On dit la France irréformable. Ses élites le répètent, ses dirigeants s'y résignent, ses citoyens finissent par y croire. Pourtant, en six mois - de mai à décembre 1958 -, le général de Gaulle a conduit le plus vaste programme de réformes de l'histoire républicaine depuis le Consulat : une nouvelle Constitution, le plan Pinay-Rueff visant à redresser l'économie du pays, 357 ordonnances, une politique étrangère refondée, le début de la décolonisation. Christophe Tardieu, inspecteur général des Finances, et Pierre Manenti, historien du gaullisme, racontent cette période décisive. Leur thèse est simple : de Gaulle n'avait pas de programme précis à son retour au pouvoir. C'est en s'appuyant sur les projets accumulés par la haute fonction publique sous la IVe République - et en nommant aux postes clés des hommes capables de les porter - qu'il a renversé la table. La leçon vaut pour aujourd'hui : là où il y a une volonté au sommet de l'État, il y a un chemin. À l'heure où tous les candidats à la présidentielle de 2027 se réclament du volontarisme, ce livre non partisan offre la seule boîte à outils qui ait jamais fait ses preuves.
« Corsaire », « flic », « voyou », « mafieux », rien n'a été épargné à celui qui a pourtant été un serviteur loyal du général de Gaulle, de Georges Pompidou avant d'être l'homme-lige de Jacques Chirac. Dix ans après sa mort, c'est grâce à des archives inédites, déposées aux Archives nationales, encore jamais ouvertes, et celles que sa famille a bien voulu lui laisser consulter, que Pierre Manenti lève le voile sur la vie passionnante et sulfureuse de Charles Pasqua. Ce petit-fils de berger corse et fils de policier, résistant dès l'âge de 16 ans puis commercial chez Ricard, s'est fait tout seul, devenant tour à tour député, eurodéputé, sénateur et même deux fois ministre de l'Intérieur, toujours sous l'étendard du gaullisme. Outre sa brillante carrière politique, son nom est bien évidement lié à des dossiers pour le moins sensibles, notamment sa participation au SAC, la police parallèle du gaullisme, qui n'hésitait pas à donner du coup de poing contre les communistes. A ses relations sulfureuses avec des chefs d'Etat africains, ses liens étroits avec les services de renseignement de la République. Pasqua, c'est aussi le nom d'une certaine droite, d'obédience gaulliste, de tradition bonapartiste, souverainiste, mais aussi sociale et populaire, depuis devenue une marque que nombreux rêvent aujourd'hui d'adopter. Voici, pour la première fois racontée par un historien, une des carrières les plus controversées de la Cinquième République, au croisement de laquelle on retrouve les fractures et les divisions de notre droite contemporaine.
L'histoire du gaullisme pourrait s'apparenter à celle d'un seul homme, tant le personnage est flamboyant. Seulement voilà, le Général avait ses généraux, à la fois ambassadeurs, conseillers et négociateurs de tous les instants, connus sous le nom de « barons ». À l'origine au nombre de six (Jacques Chaban-Delmas, Michel Debré, Jacques Foccart, Roger Frey, Olivier Guichard et Gaston Palewski), ils ont animé et dirigé la vie politique de la droite de 1947 à 1995, lui donnant deux Premiers ministres, agissant en faiseurs de roi lors des élections et en gardiens du temple face à Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing puis Jacques Chirac. Leur histoire traverse ainsi le XXe siècle. Ces seigneurs ont parfois élargi leur cercle, ainsi aux anciens Premiers ministres Maurice Couve de Murville et Pierre Messmer, mais aussi à des figures comme André Malraux. À travers une série d'archives inédites, mais encore des entretiens avec les derniers contemporains de la période, cette toute première histoire des barons du gaullisme brosse le portrait de ces hommes de l'ombre, questionnant à travers eux les combats et le legs du général de Gaulle.
" La gauche se réclamera de moi quand je serai mort. " Charles de Gaulle.
" Avec le décès d'Albin Chalandon, la France perd un de ses combattants de la Libération ; [et] la République un de ses grands serviteurs. " Éric Dupont-Moretti, juillet 2020. Soutien de la première heure de Charles de Gaulle et ministre de deux futurs présidents de la République (Georges Pompidou et Jacques Chirac), Albin Chalandon marque durablement la vie politique et économique française. Issu d'une famille bourgeoise, ce brillant haut fonctionnaire, héros de la Résistance, intègre dès 1952 le milieu bancaire, notamment auprès de l'industriel Marcel Dassault. Converti aux thèses du général de Gaulle, il est l'un des principaux acteurs de son retour au pouvoir en 1958, ce qui lui permet ensuite d'être nommé trois fois ministre : de l'Industrie en 1968, du Logement jusqu'en 1972, et enfin de la Justice de 1986 à 1988. Grand patron d'industrie, il est aussi le président du pétrolier d'État Elf-Aquitaine dans les années 1970, puis le chef d'une entreprise de textile dans les années 1990 – avant de se retirer progressivement de la vie publique au crépuscule de sa vie. Pour autant, connaît-on vraiment Albin Chalandon ? Quel homme privé était l'époux de la princesse Salomé Murat, puis de la célèbre journaliste Catherine Nay ? Et quelle importance donner aux scandales (" avions renifleurs ", affaire Chaumet, etc.) qui émaillèrent son parcours ? Fruit de longues recherches, d'échanges riches avec l'entourage de l'ancien ministre, ainsi que de la consultation d'archives publiques et privées (notamment les documents communiqués par Catherine Nay et Fabien Chalandon), cette première biographie brosse le portrait inédit d'une figure emblématique de l'histoire de la Cinquième République.