Pierre Drachline
Pierre Drachline
Le fait divers, élément régulateur de l'équilibre social, permet aux sociétés d'assouvir les fantasmes collectifs. A cet égard, le XIXe siècle a été exemplaire tant les affaires criminelles ont reflété l'évolution des mentalités et des moeurs. « Copyright Electre »
Un texte brut et incandescent où Pierre Drachline, écrivain libertaire, dissèque la solitude et l’imposture avec une prose tranchante comme un scalpel.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Il y a, chez Drachline, comme une sorte d'inaptitude à la planète, une sorte de fondamental refus d'adhésion au réel social, qu'il subvertit au nom d'une révolte absolue, non d'un engagement « progressiste ». A.L.
" Dans l'ordre de l'imposture, l'humain ne m'a jamais déçu. "Avec la conviction et l'humour qui furent les siens, Pierre Drachline explore le monde de la désillusion et de la supercherie contemporaines. Les fausses valeurs, les consensus mous et la tiédeur généralisée sont passés par les armes d'une dérision salvatrice. Mais, derrière la grande farce du vide, l'essayiste rend aussi hommage à ses compagnons d'élection : les écrivains qui ont toujours sonné juste comme Louis Calaferte, Jean Schuster, Jean-Claude Pirotte, les poètes à la marge du monde tels Stanislas Rodanski, Jean-Daniel Fabre, les livres qu'il a aimés et qui l'ont accompagné jusqu'au bout du chemin. Cet essai, le dernier écrit, dont il a mis le point final juste avant sa mort, n'est pas un testament. L'auteur ne lègue que sa lucidité du désespoir et le bonheur de pouvoir encore en rire. Une charge, une décharge, une surcharge, un sourire dévastateur dans la lueur du noir. Un diamant intemporel.
Il n'est jamais trop tard pour se réveiller. " On ne peut rien pour un peuple épris de sa servitude ", écrivait Georges Darien dans La Belle France au début du siècle dernier, quelques années avant que les peuples européens jouissent de la grande boucherie patriotique de 14-18. L'homme est le seul animal avide d'être dressé, d'où une sourde nostalgie de l'esclavage. Aujourd'hui, l'économie cannibale prospère sur les crises qu'elle crée et entretient. Les hommes, et singulièrement les Français, ne se révoltent pas. Au contraire, ils réclament à cor et à cri toujours plus de servitudes, d'État, de règlementations. Chaque nouvelle interdiction limitant le libre arbitre de l'individu suscite un orgasme citoyen. Le troupeau, nourri au principe de précaution, a le goût de l'abattoir. Chacun, barricadé derrière son nombril, réduit l'Histoire à sa misérable personne. Dans les villes, le "bobo", sorte de termite, incarne le triomphe de l'abjecte idéologie de la dérision et son racisme anti-pauvres. L'époque est celle des impostures médiatiques. Les indignés, "ravis de la crèche" découvrant la nocivité du capitalisme ; les organisations caritatives enseignant aux défavorisés la passivité ; les insoumis certifiés conformes de toutes les fausses révolutions ; les écologistes vendant des peurs collectives après les religions ; les ouvriers se battant pour préserver les outils de l'oppression au lieu de les détruire, etc. L'auteur prône le retour à la primauté de l'individu, au choix de la vie contre la marchandise. Un rappel au désordre.
Plongez dans l'esprit subversif et déjanté des surréalistes et dadaïstes à travers plus de 1000 citations aussi drôles qu'impertinentes.