Philippe Sabot
Philippe Sabot
À partir de 1980 et jusqu'à la fin de sa vie en 1984, le philosophe Michel Foucault explore dans ses cours au Collège de France comme dans ses ouvrages, conférences et entretiens une idée qui va progressivement s'imposer dans sa pensée : la possibilité de façonner sa propre vie comme on ferait une oeuvre d'art. Cette formation autonome et singulière de soi se résume par la formule de « l'esthétique de l'existence » qui apparaît de façon récurrente dans les derniers textes de Foucault et semble constituer l'un des héritages les plus féconds de sa pensée, bien qu'elle demeure peu développée sous sa plume et donc fortement énigmatique. Martin Mees est Maître de conférences en philosophie et littérature à l'Université de Lille. Isabelle Ost est Professeur ordinaire à l'UCLouvain Saint-Louis Bruxelles. Philippe Sabot est Professeur de philosophie contemporaine à l'Université de Lille et Président du Centre Michel Foucault (depuis 2017). Il a contribué à l'édition des oeuvres de Michel Foucault dans la Bibliothèque de la Pléiade
Dans Les mots et les choses (1966), Michel Foucault accorde une place centrale à l'analyse de la disposition archéologique du savoir classique. Le présent ouvrage s'attache à expliciter les principaux enjeux de cette analyse, en montrant qu'elle renvoie au fond à une double interrogation. De quelle pensée du Même l'épistémè de l'âge classique relève-t-elle ? Et comment cette pensée du Même en vient-elle à organiser la mise en ordre des choses dans des savoirs positifs (grammaire générale, histoire naturelle, analyse des richesses) qui s'élaborent eux-mêmes suivant les contraintes épistémologiques fortes d'une nomenclature et d'une taxinomie ? La première interrogation engage clairement le statut philosophique d'une archéologie du savoir de l'âge classique. La seconde implique en outre, pour l'archéologue, une manière de travailler et de penser à partir de l'archive discursive d'une époque. Le livre de Philippe Sabot s'efforce ainsi de rendre compte de cette double dimension de l'analyse archéologique de Foucault en attirant l'attention à la fois sur l'effort de systématisation dont relève une telle analyse et sur le traitement particulier qu'elle propose des archives du savoir.
Cet ouvrage est une invitation à la lecture et une introduction à ce livre réputé difficile de Michel Foucault. Il propose notamment un commentaire suivi de la seconde partie en mettant en évidence la double dimension, à la fois historique et critique, de la démarche « archéologique » ainsi que l'importance prise par la question du langage au sein d'une réflexion portant sur les conditions de constitution et de contestation des « sciences humaines ».
Le livre est consacré à l'étude de trois oeuvres appartenant à la littérature française du XXe siècle : Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre (1951), Les Noyers de l'Altenburg d'André Malraux (1943) et Les Géorgiques de Claude Simon (1981). Ces oeuvres affrontent un problème commun (celui du sens de l'histoire, révélé par l'expérience de la guerre), qu'elles abordent de manière singulière - aussi bien sur le plan formel de la composition littéraire que sur le plan thématique du traitement de la question philosophique de l'histoire. Le théâtre, pour Sartre, est le terrain privilégié où apparaît l'aliénation ontologique du héros incapable d'entrer dans l'histoire. Le dernier roman de Malraux marque le dépassement du récit historique vers la transcendance de l'art et de l'homme. Simon, enfin, met en question la notion même de « roman historique », l'Histoire se donnant comme l'excès irreprésentable de tout discours.