Philippe Reinhard
Philippe Reinhard
Homme d'affaires génial, ou homme de paille ? Sauveteur d'entreprises en difficulté, ou pilleur d'épaves ? Modèle du capitalisme sauvage, ou bon Samaritain des banlieues ? Dirigeant sportif exemplaire, ou tricheur ? Les jugements sur Bernard Tapie, le personnage médiatique le plus doué de la "Génération Mitterrand", sont éminemment contradictoires. On l'aime ou on le déteste. Ce bonimenteur exceptionnel, qui vendrait du sable à des Bédouins et des réfrigérateurs à des Esquimaux, a connu, en un temps record, une réussite faramineuse : à peine dix ans pour bâtir une fortune d'un milliard. Il a construit son succès en attirant systématiquement sur lui les projecteurs de l'actualité. Mais il a canalisé l'information, et les zones d'ombre de cette carrière fulgurante sont nombreuses. Dès lors que Tapie est devenu une des pièces essentielles du jeu politique et qu'il peut aspirer aux plus hautes responsabilités, il est normal de s'interroger sur sa vraie nature. Comment François Mitterrand, qui dénonçait naguère "l'argent qui corrompt", a-t-il choisi de faire de Bernard Tapie la figure emblématique de la gauche des années 1990 ?
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L'effondrement de la droite n'est en rien un accident conjoncturel. Depuis que de Gaulle a décidé de faire élire le président de la République au suffrage universel, les institutions de la Cinquième République sont « polluées », explique Philippe Reinhard, chroniqueur averti de la vie politique. La droite, qui a toujours considéré l'Élysée comme un élément de son patrimoine, ne cesse de voir naître en son sein des « écuries » rivales de prétendants à la fonction suprême. Une guerre picrocholine sévit, dès lors, depuis un quart de siècle au sein de l'actuelle opposition. Dans la sélection de ses chefs de file, le talent de candidat l'emporte sur la capacité à gouverner. Cette conduite suicidaire, où les protagonistes ne se positionnent que les uns par rapport aux autres, a permis l'émergence d'une dérive fascisante. Comme l'écrit Philippe Reinhard, elle a laissé « les barbares camper aux portes de la République ».