Philippe Le Marrec
Philippe Le Marrec
Quand la machine à étouffer les scandales se met en marche, plus rien n’arrête son rouleau compresseur. Yves Keradec, journaliste aguerri, se retrouve pris dans un engrenage où la vérité a un prix. Qui tirera les ficelles jusqu’au bout ?
Résignée, la grosse Fernande. Avant la guerre, elle faisait le grand écart pour les ballets du Rhin. Maintenant, tenancière philosophe d'une taverne à bibine, elle constate : « Chaque fois que j'ai rencontré un homme un peu moins con que les autres, il était pas fréquentable ». En Alsace plus encore qu'ailleurs, le passé pèse lourd quand ressurgit, au hasard d'un fait divers à sensation, le spectre d'un petit lieutenant de la Wehrmacht. Il y a encore bien des cadavres dans les placards, mais on en trouve aussi dans les trains. Pour le commissaire Noblet, une certitude : à Babbeldorf, on ne chantait pas « Il est cocu, le chef de gare ». Parce que le cocu, c'était le garde-barrière.
Hampton est au bout du rouleau. Les cachets d'aspirine qu'il ingurgite ne font pas plus d'effet sur sa migraine, qu'une messe en latin sur un cadavre de trois jours. Il flaire la catastrophe et s'affronte au scepticisme général. Il court. Il se débat. Il sait que le dénouement sera fatal aux incrédules.