Philippe Aboulker
Philippe Aboulker
Ce nouveau recueil de Philippe Aboulker est plus dans la ligne de « Poésies pour une poupée », que dans celle de « Pour mon grand amour ». Les poèmes en sont cependant encore plus linéaires et gagnent en puissance intentionnelle. Ils sont bâtis autour d'une sorte de ligne de force invisible, qui les traverse comme un courant. Sons et couleurs, ici encore, font écho aux images évoquées à travers lesquelles les idées se matérialisent : roses - féeries des courbes - labyrinthes - violets sombres - amitié - moirés de gris - mélancolie - mauves délicats - tristesse - blancs agressifs - un cri : « Toi ». La même sympathie spirituelle attire et retient, le poème vibre dans sa nudité, avec la même pureté qu'une cloche argentine.
La racine des souvenirs : l'enfance ! Celle, heureuse, d'un citadin adopté par une famille de paysans. Êtres simples, ils connaissent, jour après jour, la rude existence, la rude poésie de la terre. Ils ont leurs problèmes, qui sont de vrais problèmes, leurs joies, qui sont de vraies joies, leurs projets d'avenir : les parents toujours solides, la fille aînée qui veut se marier, la cadette qui se voit devenir femme, les grands garçons qui rêvent de voyage, l'aîné face à ses responsabilités de futur chef de famille. L'auteur nous les montre dans leur tout petit îlot de sérénité, et en fait pour nous des amis, qu'on quitte vraiment à regret.