Paul Robert
Paul Robert
Le premier volume des souvenirs de Paul Robert est intitulé Les semailles. Dans le second volume, selon l'expression de Joachim Du Bellay et de la Défense et Illustration de la langue française, on voit la germination. Puis l'épi jaunit en grain que le chaud assaisonne. Quatre siècles après La pléiade, Paul Robert a défendu, illustré et revivifié la langue française. Une méthode, qui est son invention, permet, avec son Dictionnaire, aux écrivains de métier, comme au commun des mortels, d'en utiliser toute la richesse : c'est la méthode analogique alliée à l'ordre alphabétique. Louée par les académiciens, l'oeuvre est bénie par quiconque se mêle d'écrire, du grand auteur au plus modeste des rédacteurs. Ce second volume révèle que le travail du savant a été traversé par des drames bouleversants. La famille de Paul Robert est de celles qui avaient amené la prospérité en Algérie, après les siècles de malheur et d'esclavage qu'avait connus cette terre depuis les invasions barbares. Au XVIIe siècle, des ancêtres de Paul Robert avaient participé en Acadie à la création du Canada français. De Louis XV à Charles de Gaulle, que d'espoirs déçus, de sacrifices et de renoncements ! Trois déracinements, c'est beaucoup pour une même famille de créateurs. Mais Paul Robert serait en droit de dire, avec le sourire du bon Horace, qui précéda l'écroulement de bien d'autres empires : Exegi monumentum aere perennius. En vérité, le Grand Robert sera, lui aussi, un monument plus durable que l'airain.
Le système éducatif finlandais est aujourd'hui l'objet de toutes les attentions. Les excellents résultats obtenus par ce pays dans les comparaisons internationales font rêver certains : ils voudraient importer d'urgence les « bonnes recettes » qui auraient été mises au point là-bas. D'autres, au contraire, insistent sur l'impossible transposition d'un modèle qui bénéficie de conditions très particulières. D'autres, encore, estiment que la réussite des écoliers finlandais aux tests n'est pas représentative de leur véritable niveau culturel... Pour y voir plus clair, il fallait reconstituer précisément le contexte et expliquer la démarche de la Finlande. Il fallait regarder de plus près les résultats chiffrés, mais aussi recueillir le témoignage des acteurs. C'est ce qu'a fait Paul Robert dans un ouvrage qui, tout à la fois, se lit comme un roman et constitue un travail d'analyse totalement inédit. C'est ainsi que les lecteurs trouveront dans ces pages un ensemble d'informations indispensables pour comprendre l'école fi nlandaise, distinguer ce qui relève d'une conjoncture favorable de ce dont nous pourrions nous inspirer. Car en sortant des débats hexagonaux, nous sommes en mesure de réinterroger notre propre institution, voire d'envisager d'autres modalités d'enseignement que celles qui dominent aujourd'hui chez nous et paraissent immuables. Nous sommes aussi invités à dépasser des polémiques stériles sur l'autorité ou la pédagogie... La lecture de cet ouvrage s'impose pour quiconque veut s'impliquer dans la réflexion sur l'avenir de notre École. On en sort plus informé et plus lucide. Ragaillardi aussi.