Paul Paoli
Paul Paoli
1962, Cannes. Dans l’ombre des palmes et des yachts, Barque-en-Cannes dépeint une intrigue où se mêlent secrets familiaux, ambitions déçues et la quête d’un homme pour échapper à son destin.
"Pigeons maudits, pigeons cornus... ça va changer !" Ça changea très vite, en effet, mais pas pour les pigeons. Mario ne sentit même pas la main qui doucement se posait sur son dos pour lui donner des ailes et ce fut lui qui s'envola : un vol bref et sans bavure dans l'éternité.
Une jolie barbe blanche courte, bien taillée de gros sourcils à rebrousse-poil, une peau bronzée, creusée de belles rides profondes, un splendide crâne chauve, brun, lisse, impérial. Le passage de cette vieillesse somptueuse se serait fait avec le plus grand naturel... s'il n'y avait eu cet oeil grand ouvert et dans l'autre, un couteau, dont on ne voyait que le manche.