Paul Clavier
Paul Clavier
Décryptez la révolution kantienne avec Premières leçons sur Critique de la raison pure : une introduction claire et accessible à l’œuvre majeure d’Emmanuel Kant.
Par sa rigueur, sa revendication de la liberté de pensée, sa promotion de la subjectivité, le Discours de la méthode constitue un des moments inauguraux de la modernité philosophique. Descartes y rompt avec la tradition scolastique et présente un plaidoyer en faveur du progrès des techniques. Il assoit la connaissance sur des fondements solides, développe une philosophie du doute, présente une morale, aborde la métaphysique et développe des considérations sur les animaux, entre autres. Le Discours de la méthode est aussi le premier grand ouvrage de philosophie à avoir été publié en langue française, geste « politiquement » et « féministement » fort quand l'usage du latin réservait l'accès au savoir à la caste des lettrés, le plus souvent des ecclésiastiques et dans tous les cas aux seuls hommes. Or le français de Descartes a vieilli rendant son texte moins inintelligible pour un lecteur contemporain. Curieux et triste paradoxe pour la prose du philosophe qui défendit les « idées claires et distinctes » et fit le choix de publier en langue « vulgaire ».Cette situation conduit Paul Clavier et Denis Moreau au projet de donner une nouvelle version du texte en français contemporain, c'est à dire de faire pour Descartes ce qui fut réalisé naguère pour Rabelais ou Montaigne. Cette édition propose donc une nouvelle « version » à la fois attentive à la technicité du vocabulaire, respectueuse de la logique des arguments, soucieuse aussi de ne rien perdre de la beauté littéraire du texte.
La monnaie ? Inventée, croyait-on, pour faciliter l'échange des biens et des services, elle est devenue signe de division et facteur d'inégalité. Le crédit ? Instauré pour faire circuler la monnaie et libérer l'initiative, il a fini par écraser États et particuliers sous le poids de la dette. Le coupable tout trouvé, c'est « la finance » : marchés dérégulés, actionnaires sans coeur, fonds d'investissement indifférents au sort de la planète. Mais à quoi bon dénoncer la cupidité des uns et la rapacité des autres, si on n'en dévoile pas les ressorts ? La source de notre asservissement est peut-être cachée dans le tréfonds de nos mentalités. Et si le vilain petit financier, c'était chacune et chacun d'entre nous ? Face à un krach boursier ou une pandémie, l'État est capable de s'endetter massivement. Ce qui repose la question de fond : qui, en définitive, doit quoi à qui ? Enjambant les débats ésotériques, cette Petite métaphysique du fric interroge ce qu'est la monnaie dans nos têtes, ce qu'elle devient entre nos mains, et défie notre tendance à désigner les coupables sans nous remettre en cause. Paul Clavier est professeur de philosophie à l'université de Lorraine. Outre ses travaux sur Kant, la cosmologie et le concept de création, il est l'auteur de Dieu sans barbe, La fourmi n'est pas prêteuse et Anathèmes, Blasphèmes & Cie.
Le 12 janvier 2010, en Haïti, la Terre engloutit d'un seul coup 250 000 victimes. Au milieu des décombres, on prie, on crie... Vers le Ciel, contre le Ciel, dans le vide : que croire désormais ? Une réponse, à présent bien rodée, mettra tout le monde d'accord : ou bien Dieu n'existe pas, ou alors. s'il existe, il n'est pas tout-puissant. Décréter l'impuissance de Dieu est bien vu. Pourtant, si Dieu crée un monde qu'il est incapable de maîtriser, il demeure le principal responsable des dégâts. En voulant excuser Dieu, on l'accable davantage. Le déchaînement du mal implique-t-il forcément l'impuissance de Dieu ? Nous-mêmes, si nous avions les pleins pouvoirs, devrions-nous éradiquer toute forme de mal ? A partir de quand intervenir ? Une invitation à rester plus modeste face à l'énigme du mal.
D'après un chapitre fameux de la Critique de la raison pure les idées cosmologiques, en visant « l'ensemble de tous les phénomènes » ou encore « la totalité absolue de l'ensemble des choses existantes », nous jettent, selon Kant, dans d'intenables contradictions : « On y applique en effet l'idée de l'absolue totalité, laquelle n'a de valeur que comme condition des choses en soi, à des phénomènes qui n'existent que dans notre représentation. » Pourtant, le projet d'une constitution systématique de l'Univers ne se cantonne pas aux écrits dits « précritiques ». L'enthousiasme cosmologique du jeune Kant, qui entreprend une synthèse de la métaphysique wolffienne avec la mécanique de Newton, n'est pas une simple erreur de jeunesse. Pas davantage, l'acharnement cosmologique du dernier Kant, spéculant sur les forces motrices gravitationnelles et sur l'éther cosmique, n'est à mettre au compte d'un péché de vieillesse. Dès lors que l'origine mécanique du système de l'Univers est en jeu, la critique des idées cosmologiques et la récupération d'une partie d'entre elles peuvent être un bon moyen d'évincer la conception d'un Dieu créateur au profit d'un Dieu plus discret. Le Dieu de la loi morale plutôt que celui du ciel étoilé...