Patrice Moundounga Mouity
Patrice Moundounga Mouity
S'il est une partie du monde qui suscite un grand intérêt aussi bien dans la géostratégie mondiale que dans la préservation de la biodiversité universelle, c'est bien le golfe de Guinée. Du fait de la montée du terrorisme et de l'instabilité du Moyen-Orient, cette partie de l'espace monde est devenue une zone hautement stratégique, d'autant qu'elle est considérée aujourd'hui comme la seconde province pétrolière mondiale. Ce livre s'attache ainsi à analyser la question du différend frontalier de l'îlot de Mbanié en rapport avec les revendications de souveraineté maritime, principalement entre deux pays de la région spéci?que qu'est le golfe de Guinée : le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mais le cas de São Tomé-et-Principe n'est pas en reste. Après la politique intérieure gabonaise, Patrice Moundounga Mouity élargit son champ d'analyse à la géopolitique maritime. Espace nourricier et stratégique caractérisé par une grande diversité de richesses, dont des ressources halieutiques, minières et énergétiques, le Gabon bleu ne cesse d'attirer les convoitises. En abordant les enjeux maritimes autour du Gabon et ses voisins, l'ouvrage entend situer le contexte de crise dont le golfe de Guinée a été le théâtre au cours de ces dernières décennies, traduisant ainsi l'urgence d'une prise en compte véritable des questions maritimes dans la sous-région d'Afrique centrale.
Loin de douter de la possibilité d'une émergence du Gabon à court terme, cet ouvrage tente plutôt d'opposer au messianisme en vigueur depuis 2009, un doute méthodique quant à la capacité des initiateurs de ce patchwork qu'est le plan stratégique Gabon émergent (PSGE), de réaliser une telle performance du seul fait de posséder un plan stratégique. En effet, depuis qu'ils ont accédé à la magistrature suprême, les successeurs d'Omar Bongo font croire aux Gabonais qu'ils possèdent une potion magique qui leur permettrait de réaliser en 16 ans, de façon mécanique, ce que le «?créateur du Gabon?» n'a pu amorcer en 42 ans de paix et de prospérité. Cela, indépendamment du climat socio-politique délétère et de la situation économique catastrophique du moment. Tout semble donc se passer pour les stratèges de l'émergence comme si le fait de disposer d'un plan stratégique clé en main suffit à elle seule, pour sortir le pays de la paupérisation et du sous-équipement chroniques. Devant une telle incongruité, il s'impose comme une obligation patriotique pour chaque Gabonais de s'interroger sur la capacité réelle pour le Gabon de relever un tel défi. Une telle attitude pourrait ainsi permettre aux stratèges attitrés de l'émergence de faire un effort de confrontation de leur noble ambition pour le Gabon à la réalité observable. L'auteur tente donc de confronter le projet gabonais d'émergence à l'épreuve des réalités socio-économiques du pays, des velléités sectaires et réactionnaires des initiateurs et exécuteurs de ce leurre, mais surtout de la gouvernance atypique et controversée d'Ali Bongo Ondimba.
La question de la diaspora en Afrique est devenue une problématique éloquente, au regard des interrogations sur son apport, sa participation politique, son impact sur le développement de l'Afrique et sa contribution protéiforme aux conflits en vigueur sur le continent. Mettant en commun les réflexions de plusieurs jeunes politologues africains francophones, cet ouvrage contribue à l'analyse du phénomène de la diaspora en tant qu'expression de l'entre-deux de la nation, et les multiples incidences d'une telle double-présence sur la politique dans les pays d'origine.
Le Politiste souhaite privilégier autant des approches fondées sur des travaux empiriques originaux que des démarches proposant des synthèses conceptuelles et théoriques, des comparaisons et des mises en perspective historique. Il est attendu un effort particulier sur l'écriture et un style qui mette suffisamment en perspective les enjeux de l'article pour qu'il puisse susciter un intérêt au-delà d'un cercle restreint de spécialistes. *** Pour la revue, les intentions de contributions s'adressent en priorité aux chercheur.e.s et enseignant.e.s en poste à Libreville mais il peut également concerner des collègues externes. Elles doivent comprendre le titre, un résumé de deux pages et une bibliographie à envoyer au GREPOD. Les articles, d'une longueur maximale de 60 000 signes (bibliographie comprise), devront parvenir au comité scientifique de lecture au plus tard à la date indiquée (délai de rigueur). Les appels à contribution s'adressent en priorité aux chercheur.e.s et enseignant.e.s, doctorant.e.s, jeunes docteur.e.s, postdoctorant.e.s, mais il peut également concerner des personnes externes à la communauté savante (professionnels de la vie politique, acteurs de la « société civile », institutionnels, etc). Les contributions attendues peuvent répondre à un ou plusieurs des axes proposés, mais également reprendre des problématiques transversales à ces axes. Les propositions d'articles doivent être adressées simultanément aux courriels suivant : [email protected] et [email protected]. Mentions obligatoires : Nom, prénom, établissement, laboratoire, fonction, e-mail.
Cet ouvrage met objectivement à nu les démagogues politiques gabonais qui n'ont de cesse de se servir des citoyens plutôt que de les servir. En procédant ainsi, l'objectif poursuivi par l'auteur est de fournir aux citoyens gabonais des grilles d'analyse de la vie politique gabonaise. Son fil d'Ariane repose sur un triptyque : le rapport au pouvoir des gouvernants, la manière dont ceux-ci exercent concrètement ce pouvoir et, enfin, les conséquences qui en découlent politiquement et socialement. Il en ressort l'idée force selon laquelle le Gabon n'est pas un pays où il ne se passe rien. Car, pour l'auteur, il y a légitimement matière à interroger la volonté et la capacité de l'actuel président, successeur de son père, d'en finir avec une conception patrimoniale et patriarcale du pouvoir. Il y a tout aussi légitimement matière à s'interroger sur l'enlisement du processus démocratique au Gabon et la crédibilité des institutions politiques. Ces interrogations visent, pour ainsi dire, à contribuer à en finir avec un exercice archaïque du pouvoir pour ne plus le répéter et le perpétuer sous une autre forme. Si le public citoyen auquel est adressé cet ouvrage doit s'y intéresser, les étudiants, les chercheurs et les enseignants-chercheurs soucieux d'enrichir leurs cours le doivent également, et peut-être même prioritairement ! (Christ Olivier Mpaga - Maître-assistant à la FLSH/UOB)
Ce livre examine le phénomène de succession dynastique aujourd'hui en Afrique par une transmission filiale du pouvoir. Il y a ainsi un glissement insidieux vers un "Etat familial", une monarchisation rampante du pouvoir au détriment de la légitimité électorale propre à toute démocratie. A l'évidence, l'entrée de l'Afrique dans la modernité passe par un effort de déconstruction d'un système patrimonial dominé par une élite rentière.
Comment doit-on comprendre la transition politique gabonaise et ses enjeux ? Quel avenir peut-on escompter pour la société gabonaise contemporaine ? Comment a été menée la succession présidentielle gabonaise ? Tels sont les questionnements qui recèlent des réalités irréductibles qui ne peuvent échapper à la compréhension des "situations" et "logiques" du "Gabon contemporain".