Nicolas Goinard
Nicolas Goinard
15 janvier 2011. Le corps en partie dénudé d'une jeune Comorienne est découvert sur une falaise de la baie de Trévani, à Mayotte. C'est le début de l'affaire Roukia, lycéenne de dix-huit and qui gagnait de l'argent en faisant la « soussou », prostituée occasionnelle. Les analyses toxicologiques révéleront que Roukia est morte d'une overdose d'héroïne. Certains témoins et acteurs de l'affaire - dont l'amant de la jeune fille sur le banc des prévenus, ou encore un juge d'instruction au double visage - en sont persuadés : c'est le Groupe d'intervention régional, unité commandée par la gendarmerie à Mayotte, qui a mis en circulation la poudre blanche afin de rémunérer ses indics... Et qui aurait tué Roukia.Entre jalouse, violence, manipulations et croyances populaires, « L'Affaire Roukia ou les Ombres de Mayotte » raconte un destin tragique, mais aussi l'histoire complexe d'un département d'outre-mer, territoire oublié de la République. © Les Presses de la Cité, 2022Nicolas Goinard est journaliste au « Parisien », en charge des affaires de police et de justice. Il a travaillé durant six and au service faits divers du « Journal de l'île de la Réunion », pour lequel il a couvert l'affaire Roukia.
Une enquête à tiroirs qui débute en 2011 par le meurtre d'une jeune Comorienne. Tout, du petit ami toxicomane au juge d'instruction inquiété par la justice, en passant par les enquêteurs aux pratiques sulfureuses, donne à l'affaire un relief singulier au coeur de Mayotte où les croyances populaires défient les institutions.15 janvier 2011. Le corps en partie dénudé d'une jeune femme est découvert sur une falaise à l'aplomb de la baie de Trévani, à Mayotte. C'est le début de l'affaire Roukia, cette lycéenne de dix-huit ans qui gagnait de l'argent en faisant la " soussou " - prostituée occasionnelle. Les analyses toxicologiques révèlent que Roukia est morte d'une overdose d'héroïne. D'où provenait la drogue qui l'a empoisonnée ? Son petit ami Mathias, métropolitain, toxicomane, avec qui elle a passé sa dernière soirée, Mansour, avocat et élu local, et Hakim, le juge qui instruit l'affaire - toujours en attente d'être jugée - en sont convaincus : la poudre blanche a été mise en circulation par le Groupe d'intervention régional, afin de rémunérer des indics. Formée de policiers et de gendarmes, cette unité est censée lutter contre l'économie parallèle. Entre jalousie, violence et manipulations, cette histoire raconte le destin d'une jeune fille perdue, mais aussi l'envers du décor d'une île de carte postale entrée trop rapidement dans la modernité, rongée par la pauvreté, aux frontières fermées mais poreuses, un territoire oublié de la République.