Natalia Zaremba-Huzsvai
Natalia Zaremba-Huzsvai
Peu après la chute du mur de Berlin, au moment où il rencontre pour la première fois une véritable reconnaissance publique pour son oeuvre littéraire, Imre Kertész a commencé à s'exprimer aussi sous forme de discours et d'essais sur la signification éthique et culturelle de l'Holocauste. Ces textes, entièrement imprégnés par son expérience de survivant et témoin de l'univers concentrationnaire mais qui regardent alors plus largement vers une nouvelle Europe en construction, sont terribles de pertinence. L'écrivain y dévoile déjà une inquiétude face à la certitude partagée par le plus grand nombre, dangereuse et erronée selon lui, que l'Histoire ne se répétera pas. Ses analyses et avertissements sont toujours d'actualité : ils doivent nous alerter, aujourd'hui, sur les dérives de nos démocraties.
Le grand romancier et homme de théâtre hongrois Gyrgy Spiró retrace dans ce roman la vie de Maxime Gorki à travers le récit à la première personne de son infirmière et maîtresse, appelée Diavolina, la diablesse. Avec cynisme, humour et perspicacité, elle observe son maître, mais aussi son entourage : H. G. Wells, Romain Rolland, Nina Berberova, Stanislavski, Lénine, Staline, Molotov, Beria, Iagoda... Loin des stéréotypes des livres d'histoire, leurs faiblesses et hypocrisies sont dévoilées. Ironiquement, c'est une femme du peuple qui observe ceux qui prétendent le diriger en son nom, par la conception et la tentative de réalisation d'une dictature du prolétariat.