Mireille Liron
Mireille Liron
Entre amour passionné et devoir familial, Fabienne, ma douceur explore les tensions secrètes d’un cœur déchiré.
Pour son troisième roman, Mireille Liron, qui obtint naguère le Grand Prix des Provinces françaises pour "L'aube impossible", se plaît à nouveau dans sa région du Gard. Dans la vieille bourgeoisie protestante, l'austérité apparente des moeurs cache encore, parfois, ces passions longuement mûries, étouffées dès qu'elles se révèlent, que nourrissait autrefois la vie de province. Marié à une cousine dont il était sincèrement épris, Yves Rauzel sent, peu à peu, un sourd malaise l'envahir lorsqu'il est auprès de sa femme. Il croit pressentir un dramatique secret de famille : l'inceste... Il veut savoir. Mais ses recherches, dans le manuscrit inédit que son oncle Gourion a consacré aux siens, comme dans les conversations de bon ton qui sont les seules permises, font que le présent est une sorte de cauchemar pour Yves, tandis que le passé qui s'y mêle n'est qu'un tissu d'intrigues amoureuses, suivies de haines inexpiables qui ont, tour à tour, mêlé et opposé les siens. Avec une très habile finesse psychologique, Mireille Liron conduit son récit, et fait émerger Yves Rauzel de cette crise, ayant compris (donc pardonné) les autres, ayant retrouvé la sérénité. À travers un prisme, c'est toute la complexité de la vie, les corrélations multiples des personnages, des caractères bien trempés, tout un monde vraisemblable et vivant. Mireille Liron traite, avec beaucoup d'art et d'émotion, la démarche laborieuse d'Yves vers la vérité. Qui est forcément La vérité, puisqu'elle apporte la paix autour de lui et, avec le goût de vivre, l'amour retrouvé par le couple.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Ma vie est un rêve, disait Stendhal, et la distraction de ce rêve, c'est ma vie ». Longtemps l'imagination a été considérée comme « la Folle du logis ». Moins sévère que le XVIIe siècle, notre époque l'a plutôt réhabilitée : c'est ainsi que le philosophe Bachelard juge la fonction fabulatrice normale, voire nécessaire, et proclame « le droit de rêver ». Brigitte, héroïne de cette histoire tout intérieure, est une intellectuelle douée d'un esprit critique aigu, mais aussi d'une grande imagination. Elle déplore de se sentir trop faible devant les voluptés de ses « rêves éveillés », et, adepte du stoïcisme, les juge même immorales. Sous l'influence d'une amie à laquelle elle se confie, Brigitte reconnaîtra l'innocence de ses fantasmes, et trouvera un harmonieux équilibre entre le Réel et l'Imaginaire, réalisant ainsi l'idéal de Kipling : « Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître ». Son entourage la comprendra-t-il ?