Michel Villey
Michel Villey
Michel Villey (1914-1988), historien et philosophe du droit, a contribué au renouveau de la pensée philosophique et juridique. Ces réflexions consignées dans des carnets, tenus de 1958 à 1988, éclairent sa pensée. Ses écrits ont porté sur une critique de la théorie des droits subjectifs et sur la nécessité d'un retour à la philosophie du droit d'Aristote et de Thomas d'Aquin. « Copyright Electre »
Comment le droit est-il conçu à l'époque moderne et selon quels critères y pense-t-on la justice ? Quels sont les penseurs et les travaux qui ont jalonné cette discipline, de l'Antiquité jusqu'au rationalisme de Descartes et au positivisme de Hobbes ? Quels ont été les apports respectifs des philosophes antiques et des théologiens du Moyen Âge et de la Renaissance dans la gestation de la pensée juridique moderne ? Ce manuel retrace la formation de la pensée juridique durant plus d'un millénaire. Présentant chacune des influences qu'elle a subies jusqu'à l'époque moderne et analysant les entrelacements qui ont abouti à la conception moderne de la justice, Michel Villey en livre ici un exposé clair et réaliste. Loin de s'affranchir de tous défauts, elle n'a au contraire, nous dit-il, pas su résister « aux charmes de philosophies extrinsèques [...] élaborées dans la méconnaissance du droit ». En ignorer les rouages serait donc une erreur pour tout juriste ou philosophe. Dans sa présentation, Stéphane Rials esquisse une interprétation de l'entreprise de Michel Villey et rend hommage à celui qu'il considère comme le « plus grand penseur des facultés de droit françaises au XXe siècle ».
A l'instar des grands penseurs du XXème siècle qui ont contribué à la renaissance de la philosophie du droit, Michel Villey (1924-1988) a été tout aussi bien débattu qu'admiré. Car contester la notion de justice universelle qui caractérise l'essor de la modernité ne peut que bousculer et déranger. Dans une liberté d'esprit rarement égalée à l'université, c'est en historien et en philosophe que Michel Villey n'a cessé d'explorer la vie en société. Il assure qu'il n'est de droit juste que celui qui est pensé et appliqué dans un système étudiant les cas particuliers garantissant les libertés individuelles. D'où sa critique sans ambages de cette notion-culte de notre époque que sont les droits fondamentaux, et plus particulièrement l'utopie moderne des droits de l'homme. Une pensée incontournable, qu'on ne peut ignorer.