Michel Ribon
Michel Ribon
Plongez dans une réflexion captivante sur la peinture avec L'art, miroir de vies et créateur de mondes de Michel Ribon. Cet essai explore comment l’art transforme le réel et révèle l’âme des peintres.
Il y a un vif contraste entre la tradition spéculative de l'art, née au début du XIXe siècle, et les formes éclatées de l'art moderne et contemporain. Comment comprendre une oeuvre d'art qui se présente comme une quasi-personne, c'est-à-dire comme un être vivant et spirituel qui se donne un ton et un style et qui élabore un contenu de vérité ? Par là, on peut espérer comprendre l'oeuvre de notre époque que ne vient borner aucun critère, aucun repère, aucun modèle et qui ressemble à un laboratoire de recherches.
Deux récits autobiographiques d'une forte authenticité nous sont ici proposés : le premier, L'exode de l'été 1940, décrit la capitulation, l'humiliation, la naissance de l'esprit de la Résistance au sein d'une France plongée dans la tourmente de l'invasion des troupes allemandes. Le second, La Marche de la Mort, tente de ressaisir l'expérience-limite de la déportation par le témoignage de l'auteur alors âgé de 21 ans.
Effacer, c'est écarter, éloigner, estomper, dissiper, exclure, annuler, bref, faire disparaître: mais pour faire apparaître du nouveau. Pour nous affirmer, nous procédons à des effacements. Telle est la démarche exemplaire de l'art qui, dans la cruauté nécessaire de son geste créateur, efface jusqu'à les détruire des apparences stériles, des figures hostiles et des mondes anciens: pour conquérir, pour signifier, pour transfigurer, bref, pour faire apparaître par delà ce qui est insignifiant, usé ou néfaste, des mondes neufs.