Michel Biard
Michel Biard
Acteur copieusement conspué, auteur tout juste digne d'être élevé au rang de "Rousseau des ruisseaux", alcoolique notoire, terroriste sanguinaire, qui adule Robespierre avant de lâchement le trahir... telle est la vulgate communément admise à propos de Collot d'Herbois, après deux siècles d'écriture historique Passé écrit, voire réécrit par les vainqueurs ? Sans doute, et Collot d'Herbois. au-delà de la vie. y a perdu son âme. L'opprobre qui pèse encore sur lui l'a banni de la mémoire collective des citoyens français, alors même qu'il fut l'un des personnages majeurs de l'an II Pourtant, en dépit d'une légende noire tenace, les archives dispersées, oubliées, parfois délibérément passées sous silence, permettent aujourd'hui de tracer un portrait singulièrement différent de celui qui écrivait en l'an III, à l'heure de ses derniers combats politiques ; "C'est à la fin de la Révolution, morts ou vivants, que nous serons tous jugés, et cette fin ce sera, malgré vous, la République démocratique : n'en doutez pas." Il est temps de comprendre le personnage, de lui redonner la place qui fut la sienne dans le "monde des ombres" du xviiie siècle comme dans l'instant révolutionnaire.
De la chute de l'Ancien Régime à celle de Napoléon, ce volume aborde l'une des périodes clefs de l'histoire de France, fondamentale pour comprendre le fonctionnement de notre démocratie. Le plan mêle une approche thématique et un récit des événements. La moitié des chapitres est ainsi ordonnée autour des grandes ruptures : 1789, ' année sans pareille ', bien sûr, mais aussi la naissance de la République en 1792, la Terreur, les années du Directoire, puis celles du Consulat et de l'Empire, aujourd'hui au centre des nouvelles recherches des historiens. Les chapitres thématiques abordent les questions économiques et sociales, les religions, l'histoire culturelle, la Contre-Révolution et l'émigration, les relations internationales et les problèmes coloniaux, les questions militaires. Dans ' l'atelier de l'historien ', un aperçu de l'historiographie de la période rappelle à quel point la Révolution, le Consulat et l'Empire ont été, deux siècles durant, un enjeu dans les querelles entre historiens, tant que l'idée même de révolution déclenchait des oppositions partisanes, aujourd'hui en grande partie apaisées. C'est une période centrale de l'histoire de France qui se trouve ici revisitée.
De la chute de l'Ancien Régime à celle de Napoléon, ce volume aborde l'une des périodes clefs de l'histoire de France, fondamentale pour comprendre le fonctionnement de notre démocratie. Le plan mêle une approche thématique et un récit des événements. La moitié des chapitres est ainsi ordonnée autour des grandes ruptures : 1789, ' année sans pareille ', bien sûr, mais aussi la naissance de la République en 1792, la Terreur, les années du Directoire, puis celles du Consulat et de l'Empire, aujourd'hui au centre des nouvelles recherches des historiens. Les chapitres thématiques abordent les questions économiques et sociales, les religions, l'histoire culturelle, la Contre-Révolution et l'émigration, les relations internationales et les problèmes coloniaux, les questions militaires. Dans ' l'atelier de l'historien ', un aperçu de l'historiographie de la période rappelle à quel point la Révolution, le Consulat et l'Empire ont été, deux siècles durant, un enjeu dans les querelles entre historiens, tant que l'idée même de révolution déclenchait des oppositions partisanes, aujourd'hui en grande partie apaisées. C'est une période centrale de l'histoire de France qui se trouve ici revisitée.
Créé par l'Assemblée constituante au printemps 1791 afin d'accueillir les restes des « grands hommes » auxquels la patrie est reconnaissante, le Panthéon connaît une histoire mouvementée et plusieurs périodes de mise en sommeil, avant de devenir au XXIe siècle l'un des éléments forts de mise en scène du pouvoir présidentiel. Si Le Figaro écrit en 1889 que cette « jonglerie politique avec les cadavres prend des proportions inquiétantes », force est de constater que le monument national demeure aujourd'hui un lieu d'enjeux politiques, et pas seulement celui du dernier séjour de « grands hommes et femmes ». De ses origines révolutionnaires aux premières décennies du XXIe siècle, cet ouvrage aborde les questions fondamentalement politiques que pose cet édifice : l'évolution de la prise de décision (qui décide d'une panthéonisation, quand, pourquoi et comment ?), les motivations politiques qui sous-tendent ces choix, les réactions qu'elles suscitent, mais aussi les formes que revêtent ces hommages, d'un cérémonial républicain aux véritables spectacles de ces dernières années. L'ouvrage de référence sur l'histoire politique du Panthéon.
La Révolution française est ici revisitée à la lumière des recherches novatrices qui ont vu le jour depuis la célébration du bicentenaire. L'ouvrage est ordonné selon un plan qui, tout en respectant le récit chronologique, insiste sur certains aspects thématiques. Deux approches ont été particulièrement privilégiées : d'une part, la Révolution est saisie comme une rupture politique majeure, fondamentale pour la construction de la démocratie en France ; d'autre part, elle est replacée dans son environnement international à travers ses singularités et ses influences dans le monde de la fin du XVIIIe siècle. Cet ouvrage, panorama clair et complet, donne à voir et à comprendre l'un des événements majeurs de l'histoire universelle.
Après avoir cerné les contours de ce qui reste après le coup de force de Thermidor de la mouvance politique appelée la Montagne, l'auteur montre comment ces députés, stigmatisés sous le sobriquet de « Crêtois », ont tenté de résister aux nouvelles orientations politiques impulsées par les Thermidoriens. Vite transformés en cibles à abattre par tous ceux qui mènent alors campagne contre Jacobins et Crêtois, ces derniers Montagnards sont, pour les trois quarts d'entre eux, écartés de la Convention nationale au cours de plusieurs purges politiques successives. Emprisonnés, pour certains exécutés ou préférant se suicider, pour d'autres réduits à la fuite puis à la clandestinité, ils paient au prix fort leur fidélité aux idéaux démocratiques et égalitaires de l'an II. À part les six « martyrs de prairial » inscrits durablement dans la mémoire militante et dans l'historiographie, leur souvenir s'est estompé, alors qu'ils peuvent apparaître comme les premiers irréductibles de gauche en France.
Au coeur de la réflexion sur la Révolution française, la « terreur » constitue une véritable énigme. Comment cette révolution, qui promeut les Droits de l'Homme, entend réformer la justice au nom des Lumières et convaincre ses opposants par la seule force de la Raison, en vient-elle à mettre en oeuvre une terrible répression contre ses adversaires ? La guillotine, initialement conçue pour être un symbole d'humanisation de la peine capitale, devient ainsi un redoutable instrument d'élimination politique et marque en profondeur l'image de la Révolution, mais aussi celle de la France dans le monde. Fruit d'un prétendu « système » inventé par les vainqueurs de Robespierre, la Terreur est ici saisie dans toute sa complexité, notamment dans ses liens avec l'état d'exception et le Gouvernement révolutionnaire. Cet ouvrage a pour ambition de livrer des éléments factuels et des réflexions qui permettront de comprendre comment ce phénomène de la « terreur » a pu aussi durablement ternir l'image et le souvenir de la Révolution française.
Depuis nombre d'années, un débat agite les historiens sur l'origine et la nature des rapports qu'ont entretenu la Révolution française et la Terreur. De nombreux amalgames et approximations historiques, du reste, vont jusqu'à confondre la "terreur" et les terrorismes actuels. Peut-on réduire la période à ses violences ? Y aurait-il une "politique" - et donc un "système" organisé - dite "de la Terreur"? Et quel fut alors le rôle des émotions collectives ? A l'occasion d'analyses particulièrement fines et de rappels historiques précis, Michel Biard développe une réflexion ambitieuse pour faire le point sur ces questions, au-delà de tout parti pris idéologique : à cette condition seulement peut-on essayer de comprendre comment, à une époque, la France a pu être en même temps fraternelle et fratricide. Un ouvrage magistral et décisif sur un thème fondamental de notre histoire - et propre à éclairer notre tragique actualité. Agrégé d'Histoire, Docteur de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Michel Biard est Professeur d'Histoire du monde moderne et de la Révolution française à l'Université de Rouen, où il dirige le laboratoire de recherche GRHis. Spécialiste de l'Histoire politique et culturelle de la période révolutionnaire, il a publié neuf ouvrages personnels et huit en collaboration, en a dirigé ou codirigé une quinzaine d'autres, auxquels il convient d'ajouter une centaine d'articles, contributions et communications. Parmi ses ouvrages personnels les plus récents : Parlez-vous sans-culotte ? Dictionnaire du Père Duchesne (1790-1794), Tallandier, 2009 (en format poche aux Editions du Seuil - collection Points, 2011) ; 1793. Le siège de Lyon. Entre mythes et réalités, Lemme Editions, 2013 ; Missionnaires de la République. Les représentants du peuple en mission (1793-1795), Vendémiaire, 2015 (première édition 2002) ; La liberté ou la mort. Mourir en député (1792-1795), Tallandier, 2015.
Si l'image publique de Danton est incontestablement moins polémique que celles de Marat ou de Robespierre, elle n'en est pas moins complexe, et souvent contradictoire. Homme corrompu pour certains, défenseur malheureux d'une sortie précoce de la Terreur pour d'autres, il est également présenté comme un exceptionnel orateur de l'ardeur nationale (« De l'audace... »). Beaucoup ont tenté de restituer le parcours de l'homme, de l'avocat aux Conseils à la figure emblématique du courant « indulgent ». Aucune étude, pourtant, n'a cherché à analyser les principaux aspects et moments de son existence, de manière à rendre l'homme dans toute sa complexité. C'est ce que proposent ces portraits « croisés » d'un révolutionnaire légendaire, surtout connu par l'image construite au fil du temps par les historiens, les romanciers et les hommes politiques.
Depuis 1989, date du bicentenaire de la Révolution française, les études sur ce moment fondamental de l'histoire de la France se sont poursuivies et de nouveaux chantiers de recherche ont été ouverts. Les grandes thématiques nées de 1789 fascinent toujours autant, au point d'être sans cesse interrogées et réinterprétées. Dans sa préface, Michel Vovelle écrit avec humour : « Soboul est mort, Furet est mort et moi-même je ne me sens pas très bien. » Pour autant, l'auteur n'en démontre pas moins l'incontestable dynamisme de l'historiographie de la Révolution, comme les contributions ici réunies en témoignent. Pour faire le point de cette vitalité, une trentaine d'historiens réunis par Michel Biard, professeur à l'Université de Rouen, s'emploient à établir chacun dans son domaine l'état des connaissances. La Révolution française a-t-elle été provoquée par les idées des philosophes ? A-t-elle été une catastrophe économique, un désert artistique et scientifique ? Que fut dans cette révolution la place des paysans, des femmes ? En quoi notre actuelle démocratie est-elle encore largement redevable de cette période, via les élections, la sociabilité politique, la presse, le langage, etc. ? Loin des idées reçues, cet ouvrage apporte ici de nouveaux éléments de réponse à ces questions toujours actuelles, fondés sur les études les plus récentes. Autant de synthèses claires et concises qui permettront au lecteur de (re)découvrir la Révolution française. Par décision des auteurs, les droits de cet ouvrage seront versés au profit de la Société des études robespierristes, société savante qui se consacre depuis sa fondation en 1907 à l'histoire à la fois scientifique et républicaine de la Révolution française par ses colloques, études et publications (notamment la revue Annales historiques de la Révolution française).
« C'est mon petit doigt qui me l'a dit », « manger la laine sur le dos », « tirer les vers du nez », « prendre la balle au bond », « il n'y a plus à tortiller », « s'en foutre comme de l'an quarante », « être au bout du rouleau », « manger de la vache enragée »... Qui d'entre nous n'a manié ou entendu, ne serait-ce qu'une fois, l'une ou l'autre de ces expressions ? Ces tournures, reflets de la langue populaire du XVIIIe siècle, émaillent les pages du Père Duchesne, le célèbre journal de Jacques René Hébert, paru de 1790 à 1794. Journaliste de génie, à l'avant-garde du combat révolutionnaire, Hébert se fit, à l'apogée de son influence politique, l'écho et le porte-parole des sans-culottes parisiens. À coups de métaphores familières, de jurons désopilants, de situations improbables, il savait faire mouche et mettre les rieurs de son côté, qu'il s'agisse de railler le « daron » (Louis XVI), l'« architigresse » (Marie-Antoinette) ou le « général Blondinet » (La Fayette). Son héros, le Père Duchesne, toujours heureux de « s'en foutre une pile » en « étouffant des enfants de choeur » à la santé de la Nation, voulait « dépapiser Rome », « foutre à la lanterne » les aristocrates et faire monter dans la « voiture à trente-six portières » (la charrette des condamnés) les adversaires de la Révolution. Hébert lui-même allait périr en mars 1794, victime de la « cravate du docteur Guillotin ». Les mots du Père Duchesne traduisent, parfois avec outrance, souvent avec justesse, la culture de la rue, le climat politique d'une époque, et sa radicalisation entre 1790 et l'an II. Plus encore, ils témoignent de la richesse d'une langue, de ses évolutions et de ses survivances dans le parler quotidien et l'« argot » de notre siècle.
Entre 1792 et 1795, 86 membres de la Convention nationale ont eu une mort non naturelle. Comment sont décédés ces hommes dont la devise était « La Liberté ou la mort » ? Sous le couperet de la guillotine ? Assassinés ? Suicidés ? En prison, en mission ou en déportation ? Pendant deux siècles, l'historiographie s'est emparée de cette question politiquement sensible, avec des visions partisanes : ici favorables aux Girondins, là aux Montagnards, parfois hostiles aux deux. Fondé sur des archives inédites, l'ouvrage présente les rouages juridiques qui ont permis ces éliminations politiques. Le Peletier et Marat sont aussi deux cas célèbres, assassinés en 1793, puis entrés au Panthéon. Mais qui connaît tous les autres itinéraires particuliers ? Plus complexes, ils sont révélés par les sources policières, judiciaires et médicales, et donnent chair au récit. Au fil des chapitres, Michel Biard s'interroge sur les origines et les conséquences de ces morts brutales. Il offre une vision neuve des luttes politiques et des épurations successives de la Convention au temps de la « Terreur ».
De toutes les années de la Révolution française, celles de la Terreur sont sans doute les plus complexes, tant la jeune république de l'an II doit se construire dans une période de divisions politiques, de tensions extrêmes, de guerre intérieure et extérieure. Paradoxalement, les années 1793-1794 se cristallisent pourtant en des images brutales et univoques : la Vendée militaire, la guillotine, les suspects, Robespierre... Le décalage dit son impact mémoriel, son actualité toujours vive. Pour comprendre les enjeux, les tensions et les contradictions de l'an II, une quinzaine de spécialistes livrent leurs analyses. Ensemble, ils brossent un tableau contrasté d'une Terreur qui ne ressemble pas toujours à celle que l'on imagine.
Comment les Français et les Conventionnels sont-ils « devenus républicains » au cours des semaines qui suivent le 21 septembre 1792 ? N'ayant jamais été formellement proclamée, la Première République est-elle un choix par défaut, l'aboutissement d'une maturation née des spécificités du processus révolutionnaire depuis la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, l'ambition d'un dépassement des expériences républicaines antérieures ? Comment les massacres de septembre, le contexte international, la guerre, les relations diplomatiques, l'immigration politique jouent-ils dans le moment électoral, dans la mise en place et la reconnaissance du nouveau régime ? Comment les corps constitués, les groupes d'influence - et au premier rang l'Église - accueillent-ils celui-ci ? Une Assemblée qui ne comprend qu'une moitié de ses membres a-t-elle la légitimité suffisante pour engager le pays entier dans un autre système politique ? Telles sont quelques-unes des principales questions auxquelles cet ouvrage, fondé sur les recherches les plus récentes menées par des historiens et des juristes français et étrangers, tente de répondre. Si, 220 ans après sa fondation, actualisation et consolidation du pacte républicain sont toujours à l'ordre du jour, l'étude de sa naissance, la compréhension des enjeux politiques, sociaux et culturels qui y ont présidé, demeurent une des conditions de son renforcement. Michel Biard, Professeur à l'Université de Rouen. Philippe Bourdin, Professeur à l'Université Clermont 2. Hervé Leuwers, Professeur à l'Université Lille 3. Pierre Serna, Professeur à l'Université Paris I.