Mazarine M. Pingeot
Mazarine M. Pingeot
« L'intelligence artificielle générative est entrée dans nos vies au début des années 2020, chamboulant nos pratiques et notre imaginaire. Les débats sont houleux entre technophobes, technosolutionnistes, écologistes, héraults de la souveraineté numérique, promoteurs de la puissance, tandis que la grande majorité des personnes utilisant un smartphone ont pris l'habitude de vivre avec leur Chat, qu'il vienne de Mistral, d'OpenIA ou d'Anthropic... Au même moment, le monde bascule dans une tentation fasciste et un retour à la géopolitique de la force. Un nouveau monde est en train d'apparaître, alors même qu'une autre question déchire l'horizon de ce progrès technologique : celle du vivant, des écosystèmes, de la biodiversité, qui sont autant de domaines qui résistent à toute virtualisation. Le réel reviendrait par effraction en empruntant la voix de la catastrophe. Chacun à sa mesure essaie d'interroger ces bouleversements. Pour ma part, c'est la double question de la vérité et de la création qui m'amène à m'intéresser aux conséquences de l'intelligence artificielle générative, dans la perspective de mettre au jour la structure d'un monde social où l'on s'orientait encore grâce à l'idée de vérité, et la façon dont elle est ébranlée, pour ne pas dire détruite. » Dans ce livre magistral, Mazarine M. Pingeot explore la nouvelle grande question de nos temps modernes, et ce qu'il nous revient en propre de vivre et de penser.
« L'intelligence artificielle générative est entrée dans nos vies au début des années 2020, chamboulant nos pratiques et notre imaginaire. Les débats sont houleux entre technophobes, technosolutionnistes, écologistes, héraults de la souveraineté numérique, promoteurs de la puissance, tandis que la grande majorité des personnes utilisant un smartphone ont pris l'habitude de vivre avec leur Chat, qu'il vienne de Mistral, d'OpenIA ou d'Anthropic... Au même moment, le monde bascule dans une tentation fasciste et un retour à la géopolitique de la force. Un nouveau monde est en train d'apparaître, alors même qu'une autre question déchire l'horizon de ce progrès technologique : celle du vivant, des écosystèmes, de la biodiversité, qui sont autant de domaines qui résistent à toute virtualisation. Le réel reviendrait par effraction en empruntant la voix de la catastrophe. Chacun à sa mesure essaie d'interroger ces bouleversements. Pour ma part, c'est la double question de la vérité et de la création qui m'amène à m'intéresser aux conséquences de l'intelligence artificielle générative, dans la perspective de mettre au jour la structure d'un monde social où l'on s'orientait encore grâce à l'idée de vérité, et la façon dont elle est ébranlée, pour ne pas dire détruite. » Dans ce livre magistral, Mazarine M. Pingeot explore la nouvelle grande question de nos temps modernes, et ce qu'il nous revient en propre de vivre et de penser.
L'indifférence ne touche pas seulement la relation entre les individus, elle affecte aussi notre représentation du monde et notre rapport à lui. Cette indifférence généralisée prend plusieurs formes aujourd'hui : remise en cause de la vérité au profit de la postvérité, déclin de la morale au profit de la banalité du mal, frontières floues entre le passé et le futur au profit d'un présent long. Cette forme affaiblie du scepticisme résulte de l'échec de la toute-puissance de la raison. Comment dans ce contexte global d'indifférence penser la différence ? Sommes-nous condamnés à être indifférents ? L'auteur nous invite à voir dans la différence le dernier rempart contre l'uniformisation et l'indifférenciation des êtres humains dans un monde déshumanisé.
"J'ai vécu avec mes parents quai Branly de neuf à seize ans. Ce qui correspond à ce qu'on appelle une adolescence. Ça n'en était pas seulement le décor, mais également le tombeau. L'appartement de fonction était vide, et rien ne parvenait à le remplir. Surtout pas moi. Un fantôme. Dont nul ne pouvait connaître la présence en ce lieu qui n'était ni chez elle, ni chez lui, ni chez eux. J'ai vécu mon adolescence dans un logement de passage où personne ne passait. Chez moi, c'était chez personne." En revenant à "l'Alma", Mazarine M. Pingeot revisite une page de sa vie personnelle qui est devenue collective quand d'autres ont raconté à sa place cette jeunesse secrète et "dorée". Le temps a passé, l'enfance s'est éloignée mais l'autrice peut aujourd'hui la raviver en faisant l'expérience du retour. Est-il possible, bien des années après, de repenser plus justement son enfance et de s'en émanciper ?
"J'ai vécu avec mes parents quai Branly de neuf à seize ans. Ce qui correspond à ce qu'on appelle une adolescence. Ça n'en était pas seulement le décor, mais également le tombeau. L'appartement de fonction était vide, et rien ne parvenait à le remplir. Surtout pas moi. Un fantôme. Dont nul ne pouvait connaître la présence en ce lieu qui n'était ni chez elle, ni chez lui, ni chez eux. J'ai vécu mon adolescence dans un logement de passage où personne ne passait. Chez moi, c'était chez personne." En revenant à "l'Alma", Mazarine M. Pingeot revisite une page de sa vie personnelle qui est devenue collective quand d'autres ont raconté à sa place cette jeunesse secrète et "dorée". Le temps a passé, l'enfance s'est éloignée mais l'autrice peut aujourd'hui la raviver en faisant l'expérience du retour. Est-il possible, bien des années après, de repenser plus justement son enfance et de s'en émanciper ?