Mayumi Inaba
Mayumi Inaba
Trois récits, trois femmes, pour qui la vraie vie est ailleurs : un jardin, une forêt, une île ensoleillée. Près des maisons d'Inaba Mayumi, il y a souvent un jardin, parfois de la mousse aux éclats de velours vert, et toujours une douceur moelleuse couvrant le jardin de tendresse. Comme dans la Maison aux joubarbes. Les clés du jardin donnent accès aux souvenirs éparpillés autour de soi : narcisses et camélias, chrysanthèmes sauvages, hortensias, iris et modestes joubarbes. Près de la maison dont Miya a la garde se trouve le chemin qui conduit dans l'autre monde par le Pont Hurlevent. Au-delà de la maison mystérieuse : des conversations avec l'invisible et les esprits de la terre et des eaux, l'odeur de la pluie et le parfum des arbres, ainsi que les floraisons qui font bondir de joie chaque fois le coeur de Miya. Nostalgie rêveuse du pays natal enfin pour Machi, la jeune femme de Tôkyô ammonite, persuadée que l'avenir sera rose comme l'aube sur sa lointaine île, à la recherche de soleil dans le labyrinthe de la capitale pour elle et son précieux chat couleur de cendre.
Le délire et les rêves dans la Gradiva de W. Jensen " Les écrivains sont de précieux alliés et il faut attacher un grand prix à leur témoignage, car ils savent toujours une foule de choses entre ciel et terre, dont notre sagesse d'école ne peut encore rêver. Même en psychologie, ils ont beaucoup d'avance sur nous qui sommes des hommes ordinaires, parce qu'ils puisent là à des sources que nous n'avons pas encore exploitées pour la science. [...] Quand bien même notre examen ne nous enseignerait rien de nouveau sur l'essence des rêves, l'angle choisi nous permettra peut-être un petit aperçu de la nature de la production littéraire. " Sigmund Freud Traduit de l'allemand par Dominique Tassel Présentation, notes et bibliographie par Henri Rey-Flaud
C'est un roman âpre et poignant sur la relation tumultueuse entre le mythique saxophoniste de free jazz Abe Kaoru et l'écrivaine sulfureuse Suzuki Izumi.Ils ont vingt-quatre ans, s'aiment d'un amour d'écorchés vifs, ils se droguent pour endormir le malaise de vivre et rêvent d'une musique absolue, libre, qui pourrait d'un seul son détruire l'ordre du monde. De 1973 à 1978, jusqu'à ce que dans un dernier excès Abe Kaoru meure d'une overdose, ils vivent un amour-haine qui défie les codes et se mesure à la violence. Ce sont les années de la pop culture, qui traverse tout le livre, dans son versant sombre.Inspiré d'une histoire vraie. INABA Mayumi (1950-2014) écrit depuis l'adolescence. Elle a publié de la poésie, des nouvelles et des romans couronnés par de prestigieux prix littéraires : le prix Kawabata en 2008, le MEXT Award for the Arts l'année suivante, et surtout le grand prix Tanizaki pour La Péninsule aux 24 Saisons en 2011. Elle est connue pour son amour des chats et y a d'ailleurs consacré un livre de mémoires : 20 ans avec mon chat, Picquier 2014.
Dans un paysage de mer et de falaises d'une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d'elle-même et passe des jours heureux d'une grande douceur. En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l'apprentissage des vingt-quatre saisons d'une année japonaise. A la manière d'un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l'attente des lucioles de l'été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser. Dans ce hameau au bord du monde, l'entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l'atelier du miel de son amie Kayoko. Vingt-quatre saisons, c'est le temps qu'il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie.
Tout a commencé avec la rencontre d'un chaton égaré. Une boule de poils vaporeuse accrochée de toutes ses griffes au grillage d'un collège près de Tôkyô. Une chatte friande de sardines et de bonite aigre-douce, qui va s'introduire dans la vie de l'auteur pour très longtemps. Mî va partager avec elle quatre-vingts saisons, la rendre sensible à l'odeur du vent, aux signes de la nature, à la température de la lumière, et accompagner chacune des transformations de sa vie. Car ce roman étoilé de poèmes est aussi celui d'une femme habitée par le désir d'écrire, qui tous les soirs égrenait sur le papier des choses qui apparaissaient, ou disparaissaient, les yeux posés sur Mî blottie à ses côtés. La naïve et craintive chatte va se transformer, avec la vieillesse, en une belle endormie, et sa maîtresse, presque sans s'en apercevoir, va devenir écrivain.