Max Genève
Max Genève
New York, septembre 2001. Entre concerts, intrigues amoureuses et secrets politiques, Virtuoses mêle avec brio la passion de la musique, la tension d’un thriller et la profondeur d’une réflexion sur notre monde.
Benoît, 20 ans, magasinier dans une quincaillerie parisienne, rêve d’une chose : transformer la lenteur en art de vivre.
Juillet 1836 : ruiné et épuisé, Balzac quitte Paris pour Turin, accompagné d’une mystérieuse jeune femme déguisée en page. Ce voyage insolite, entre affaire d’héritage et escapade amoureuse, offre un moment rare de légèreté à l’écrivain.
Un dossier vide, trois lettres en majuscules : TEA. C’est tout ce qu’un officier des services spéciaux, retrouvé mort, laisse au détective Simon Rose.
Une histoire d'amour entre un homme et une femme, entre un homme et la musique. L'une et l'autre ne se donnent pas au premier venu. « Copyright Electre »
« Allons Patrick, faisons la paix, voulez-vous ? J'ai tenu des propos outranciers, injurieux, imaginé des vengeances grotesques et mesquines - je le confesse -, sous le coup d'une colère dont je ne doute pas que les motifs vous inspirent plus de compassion que de mépris. Parce qu'enfin ces hurlements à peine retenus, nés sous ma plume, sont ceux de la louve solitaire injustement écartée du festin, privée du regard d'autrui. Tout écrivain est exhibitionniste, vous le savez : se cache-t-il, c'est pour mieux se montrer, le moment venu. Vous ne pouvez pas ne pas comprendre, pardonner la passion que je mets à vouloir être de la fête, de cette fête hebdomadaire dont vous êtes l'inventeur et le prestigieux ordonnateur... »
« Se tenir sous un arbre en hiver, dans quelque coin solitaire, quand l'air glacé, comme à vif de lucidité, absorbe le silence et, jeune homme assis dans la neige, méditer sur l'âme du tout serait un bonheur. » Ce premier roman lumineux est le livre de l'âme juste avant la chute, l'action de grâce d'un très jeune homme enchanté par la beauté des choses comme au premier jour, et qui s'émerveille du monde comme on aime une femme. C'est aussi, malgré la proximité de l'obscur et l'extrême douleur d'être là, une histoire qui finit bien : le héros annule son rendez-vous avec la mort. et opte pour la persévérance dans l'être.
Ce livre n'est pas une bombe, c'est un livre. Une fiction inventée de toutes pièces, qui se déroule dans un lieu presque imaginaire, avec des personnages de pure fantaisie, il faut me croire. Il y est question d'un poète aujourd'hui disparu qui envisagea, sans méchanceté particulière, de faire sauter le Salon du livre. Un jeune étudiant en lettres, mine avenante et moeurs pacifiques, s'intéresse à son cas et tente de dissiper l'énigme de sa mort. Les mauvaises langues insinueront que sous couvert de raconter une histoire, j'instruis un procès. C'est faux. Je respecte trop mes confrères, les princes qui gouvernent la galaxie Gutenberg et, d'abord, le lecteur pour me livrer à ces douteuses algarades d'un autre âge. D'autres, moins prévenus, y liront un plaidoyer pour la littérature. C'est absurde. La seule façon de la défendre, de lui rendre justice est d'écrire un beau livre. « La vérité est que nous sommes victimes d'un mal que nous ne comprenons pas et que tous nos langages sont incapables de dire. Quelque part au loin des puissances nous guettent, un maléfice rôde, prêt à fondre sur nous : l'écrivain ne se résout pas à être broyé sans comprendre, il oppose à l'infâme machination la mélodie d'un chant inouï qui suspend un instant l'envoûtement néfaste, nous dérobe à la menace et laisse entrevoir des régions bleues de mai où tombe d'un ciel bienveillant une neige tiède et paisible. »
Le héros de cette histoire présente deux particularités : il aime les femmes, goût encore assez répandu ; il n'est plus de ce monde, fâcheux handicap pour un séducteur. Être à la fois défunt et libertin n'est pas un destin facile. De son vivant déjà, l'accablait cette sorte de lassitude gourmande qui s'attache aux babines des grands cavaleurs. Vous imaginez ce qu'il en est maintenant, dans l'exténuant libertinage d'outre-tombe qui est devenu son lot. Une petite fille, opportunément admise dans le cours du récit, fait son apparition. Elle possède un chat nommé Mozart et joue du violon. Plus dérangeant, voici qu'elle adresse la parole à son invisible admirateur...
Deux cents mètres au-dessous du niveau de la mer, ce lieu étrange, cette dépression, c'est Ordo. Au bord de l'étang, sur les ruines d'un ancien couvent, ont poussé les pavillons d'une institution de rééducation. Le récent coup d'État y a conduit les femmes et les enfants de certains opposants assignés à résidence. Marie, séparée de Mark, vit dans la crainte de se voir arracher son fils Axel, qui ne souffre d'aucun handicap : mais l'enfant est si fragile des bronches, menace l'infirmière-major ; la mère si possessive, décrète l'inquiétante psychologue tout sourire. Et qui sont ces personnages mystérieux, emmurés dans le pressentiment du gouffre, que l'on désintoxique dans les caves de l'inaccessible pavillon 7 ? Seul l'amour, qui meut le soleil et les autres étoiles (Dante), peut donner à la jeune femme la force de résister à la fascination de l'horreur, de vaincre la dépression, de ramener l'enfant auprès du père, en lieu sûr.
Celui qui parle ici, nous l'appellerons pour le meilleur et pour le pire, Maximus. Rien ne nous interdit d'en faire un jeune écrivain, partageant une modeste bourse de la Confédération Helvétique avec sa chatte Mélisande. Chez une duchesse connue, il rencontre Marina Martinu, qui fut rappelez-vous, Miss Monde, il y a quelques années. Le pauvre en tombe aussitôt des nues, et amoureux. Extrême ambition : Pharaon s'interpose. Voilà Maximus au plus bas. Avec lui, lecteur, nouveau Champollion du sentiment amoureux, tu déchiffreras, au cours d'une croisière sur le Nil aux multiples rebondissements, la mystérieuse analogie unissant le culte des morts égyptiens, les règles de l'amour courtois, les moeurs des chats persans et les masques de l'identité littéraire.
Que veut-on me faire dire ? Que je suis pour les femmes ? Bien sûr, je suis pour, j'abonde dans leur sens, je soutiens leurs luttes, leurs gorges s'il le faut, pour la beauté du geste. Moi, misogyne ? Allons donc. Je fais semblant, vous le savez bien, pour mieux débusquer leurs vrais contempteurs, qui les caressent dans le sens du poil en pensant : pauvres chéries, vous n'en finirez pas d'enfanter la femme nouvelle dans la douleur de l'ancienne. C'est par galanterie, par pure galanterie que je me pique de misogynie. On veut me tirer de mon for intérieur, les mains en l'air et criant : mais je vous aime, vous n'avez rien compris, il faudrait être maso pour ne pas... Des baisers ? En veux-tu, en voilà. Des baisers qui pourraient bien se perdre en rut. Des caresses, des cadeaux. Révérence, élégance. Je suis à leurs pieds (on a du mérite, parfois). Leur dévoué. Leur fidèle. Enfin quoi, ce ne sont pas ceux qui disent : Seigneur, Seigneur...
L'an 2000 a vingt ans. C'était une période agitée. En Europe, la prise de conscience écologique cohabitait avec les premiers grands succès électoraux de l'extrême-droite. En Alsace commençait le projet Stocamine, pour ensevelir des déchets dangereux sous terre, dans les anciennes mines de potasse. Et partout, les sectes les plus étranges annonçaient une sorte de fin du monde. Rien d'étonnant alors que le détective Simon Rose, venu simplement dédicacer un livre à Strasbourg, ait été rapidement mêlé aux crimes violents d'une secte extrémiste internationale. Du bassin potassique au mur païen, de Strasbourg à Mulhouse, Simon Rose a frôlé la mort, avancé de crime en crime, démêlé le vrai du faux, et partagé cette aventure aux multiples rebondissements avec la belle et énigmatique Delphine. Un polar de l'an 2000 qui n'a pas pris une ride.
La violoniste américaine Nelly Tielmann vient de se faire voler son stradivarius, un instrument historique de 1724, d'une valeur inestimable, baptisé le Sarasate. Parce qu'elle ne fait pas plus confiance à la police qu'à ses proches, la belle virtuose fait appel au détective Simon Rose. Pour Rose, qui vient de perdre sa mère, commence une enquête mouvementée qui va le mener de Bâle à Mulhouse, de Zurich à Paris. Instrument de vengeance, de deuil, d'argent, d'amour, le Sarasate va jouer des cordes les plus sensibles, et semer bien des cadavres et des regrets...
Détective désabusé, Simon Rose vit chez sa mère, consulte régulièrement son psy et conduit une Coccinelle capricieuse, quoique décapotable, baptisée Béatrice. Sept romans racontent ses exploits, dont l'inquiétante Autopsie d'un biographe (Zulma) et le diabolique Tueur du cinq du mois (Gallimard, Série Noire). Les dix enquêtes réunies ici nous entraînent de Paris à Biarritz, de l'Alsace en Rouergue, de l'univers de la chasse au monde feutré des gens d'église. Rose se voit enterré vivant, redécouvre Mona Lisa, élucide le meurtre d'un écrivain, s'adonne à l'art de la filature, démasque le filou sous le capitaine d'industrie... Au flair du fin limier, il joint l'humour d'un homme qui "persiste à culbuter les tabous", comme le notait Jérôme Garcin à propos de l'auteur.
« Voilà des années que ce livre me trotte dans la tête. À mon âge, il est temps que je me lance, que je mobilise ce qui me reste de lucidité pour regarder en face ce qu'aura été ma vie d'écrivain, de professionnel des lettres dans une époque où jamais ils n'auront été si nombreux. Et si indistincts, si flous, si vains les critères d'excellence qui les hiérarchisent. » En une vie d'écriture, Max Genève a croisé auteurs et éditeurs, journalistes, agents, libraires... il nous offre un récit sans concession, lucide, construit autour d'une galerie de portraits, où figurent en bonne place éditeurs (Bernard Barrault, Christian Bourgois, Françoise Verny...), et auteurs (Jacques Derrida, Philippe Djian, Bernard Franck...). Un demi-siècle de vie littéraire, d'amitiés et d'inimitiés dans les coulisses de la vie d'auteur.
Carnaval de Bâle, la nuit noire, fifres et tambours. Tu vas mourir, pauvre hère, et celui qui te fera la peau porte un masque de bon Samaritain. C'est vrai, le sort des exclus et des deshérités ne laisse pas M. Durrieu indifférent. La preuve, chaque cinq du mois, il pousse son amour du prochain juqu'au meurtre... De Bâle à Lille, de Toulouse à Paris, le détective Simon Rose aura bien du mal à démasquer ce phliantrope en série. Deuxième volume des enquêtes de Simon Rose.
Au rythme de concertos, de violon, d'amour et d'humour, ce roman nous fait découvrir l'Amérique avec un regard neuf, celui d'un quinquagénaire qui la découvre après avoir parcouru le monde entier et surtout le proche orient envers lequel il ressent une grande attirance.Été 2001. Le cinéaste européen Peter Waltman s'envole vers les États-Unis. Il doit y présenter son dernier film et réaliser pour Arte un documentaire consacré à la célèbre violoniste Frederika Murray. Il ne sait pas encore que Willy, son collaborateur sur de nombreux tournages au Moyen-Orient, vient d'être assassiné en Bavière. Waltman découvre l'Amérique, fasciné par la beauté, la vitalité et la violence de ses villes : New York, Philadelphie, Washington, San Francisco, Los Angeles, Chicago... Il y croise son producteur, des patrons de majors californiens, des artistes, des journalistes mais aussi des êtres beaucoup moins favorisés, voire dangereux. Ses incursions répétées avec Willy en terre d'Islam pour la BBC et d'autres chaînes lui ont fait côtoyer des figures majeures de la guerre d'Afghanistan contre les Russes, tels le commandant Massoud et Oussama ben Laden. Ont-ils filmé des choses qu'ils n'auraient pas dû voir ? Dans ce roman conduit avec force, les événements suivent une pente surprenante et implacable qui n'interdit pas l'irruption de l'amour ni la hantise de la mort. L'auteur de Mes vies américaines y affronte la complexité du monde avec ce goût déjà ancien de l'art des naïvetés tempérées que peut enseigner la fréquentation assidue de Nabokov, Borges ou Gombrowicz. Peter, Frederika, la plupart des personnages principaux sont autant de virtuoses qui jouent leur partition sans faiblir jusqu'à un certain jour tragique de septembre, dans une Amérique au tournant du siècle.
Une lente et déconcertante apologie de la lenteur, qui nous attrape dès la première page... Et ce jusqu'à nous donner l'envie exaltante de ralentir notre vie et de prendre le temps d'exister comme nous y invite si délicieusement le narrateur. Un livre qu'il faut prendre le temps de déguster page après page, jusqu'à découvrir "l'infinie lenteur de l'être".Le jeune homme n'a pas fait de longues études, mais il aime lire et rumine volontiers. On le trouve parfois un peu endormi. Benoît, vingt ans, appartient au grand peuple des lents : il va même jusqu'à considérer qu'un usage judicieux et voluptueux de la lenteur, loin d'être un handicap, peut se révéler un véritable art de vivre. Son imagination jamais tarie lui permet d'échapper plus souvent qu'à son tour aux servitudes de son modeste emploi de magasinier dans une quincaillerie de la rue des Pyrénées. Enrôlé par monsieur Belon, inspecteur de police à la retraite, dans un étonnant Mouvement pour la Promotion de la Lenteur, il poursuit en songe ses lointaines pérégrinations sur les mers australes, tout en méditant cette pensée de l'un de ses amis : la fugacité du temps qui passe n'a plus de prise sur celui qu'a saisi au moins une fois dans sa vie la soudaine intuition de l'infinie lenteur de l'être.
" Faisons simple : on arrête les révérences et les " Monsieur ". Je vous appelle Marcel, vous m'appelez Honoré. Au moins entre nous. Nous appartenons à la même société, non ? Elle le fixe, troublée. Parle-t-il sérieusement ? "En juillet 1836, le duc Guidoboni-Visconti et sa femme proposent à Balzac de les représenter à Turin, tous frais payés, pour une affaire d'héritage. Cela tombe à pic : ruiné, l'écrivain vient de liquider La Chronique de Paris, acquise six mois plus tôt, ce qui met un terme à ses ambitions politiques. Pour l'accompagner dans ce voyage, l'auteur du Lys dans la vallée - le roman vient de paraître -, recrute un jeune page prénommé Marcel. Habillée en homme, mariée, mère de famille, elle s'appelle en vrai Caroline et... Claire Brunne de son nom de plume ! En route et en Italie certains croient reconnaître George Sand en Caroline ou... Marcel. Balzac ne les détrompe pas. Et, bien évidemment, se noue une intrigue amoureuse d'un genre très particulier. Avec un talent digne de son prédécesseur, Max Genève, dans un roman à la sulfureuse malice et discrète érudition, insuffle à un homme épuisé par un travail acharné, harcelé par ses éditeurs et partagé entre ses différentes maîtresses, ce qu'il n'aura vécu que rarement : un moment de joyeuse insouciance.
Plusieurs lycéennes se suicident de façons horribles. En enquêtant sur cette affaire, Amamiya Kazuhiko et Isono Machi ne tardent pas à découvrir un individu nommé Zen Itsu qui dit appartenir à une organisation et qui connaît Nishizono Shinji, l'une des personnalités d'Amamiya. Bientôt, l'énigmatique Zen Itsu attire ses proies dans un piège savamment orchestré qui nous fait remonter vingt ans en arrière. De nouvelles révélations nous font entrevoir la complexité du scénario...