Maryline Desbiolles
Maryline Desbiolles
Quand un poète se met à trois pour écrire, il faut réapprendre à lire. Quand, jetant aux orties les vieux mots usés, il invente un langage nouveau, il faut brûler les dictionnaires. Et l'on constate soudain, émerveillé, que les mots sont encore plus beaux quand ils n'existent pas... ...Car rien n'a d'importance
Elle arrive en ville sans rien, si ce n’est une beauté fanée et le poids d’une vie déjà perdue. Les hommes croient la connaître, mais Une femme de rien déjoue tous les regards.
Nous vivons dans une société matérialiste où la science doit tout expliquer. Peut-on alors encore oser s'interroger sur la possibilité de l'existence d'un Dieu, de l'âme, de la réincarnation ?... Ne risquerions-nous pas de paraître comme de gros naïfs ou des personnes angoissées qui se cherchent absolument des motifs d'espoir ? Et pourtant la théorie quantique remet en jeu la relation entre la matière et l'énergie. Les recherches astronomiques repoussent les confins de notre univers toujours plus loin... Les sciences de pointe ne reviendraient-elles pas au crédo de Socrate : « Ce que je sais, c'est que je ne sais rien ! » ? Alors pourquoi ne pas donner une chance à ce qui n'est pas encore prouvé ? Pourquoi avoir peur de se poser la question et... peut-être, de trouver des réponses tout au fond de notre instinct ? C'est ce que fait Lara, l'héroïne de ce roman : Depuis son enfance elle est en recherche de spiritualité. Elle se laisse d'abord attirer par les affirmations des Témoins de Jéhovah. Mais après avoir quitté cette secte, elle doit gérer des problèmes familiaux importants. Elle ressort de ses épreuves traumatisée par les religions et les hommes. De plus, elle est en butte à des rêves qui la harcèlent, elle se demande si elle ne devient pas folle. Elle s'appuie sur sa famille et ses amis pour reprendre pied mais découvre alors qu'elle a une mission difficile à mener, l'avenir de l'humanité peut en découler... Elle qui se veut d'esprit scientifique et athée, elle va devoir se plier à une initiation qui lui fera découvrir ce qu'elle est vraiment. Elle devra parcourir le monde pour rencontrer sa propre vérité mais aussi des personnages attachants qui, dans des sphères très diverses, se dévouent pour le bien de notre monde malade. Au fil des pages, nous pouvons même découvrir comment chacun de nous peut jouer un rôle dans l'évolution de notre société pour un avenir plus clair ; et alors : « L'aube s'éclaircira... » N.B.) Quatrième période de la série « Des lumières dans la nuit ». Chacun des romans peut pourtant être lu isolément. Nous retrouvons la même famille au cours des millénaires mais les histoires sont indépendantes.
Un homme renaît après une greffe du cœur, mais c’est une autre vie qui commence à battre en lui. Entre quête d’identité et dialogue avec l’invisible, Les Bateaux-feux explore la frontière ténue entre soi et l’autre.
L’amour au fil des saisons : Poèmes saisonniers de Maryline Desbiolles capture l’usure et la beauté des sentiments au quotidien. Une voix poétique rare, entre mélancolie et lucidité, pour ceux qui cherchent à comprendre l’amour dans sa fragilité.
L'enquête sur l'assassinat d'un bijoutier est confiée à la commissaire principale Camille Ouessant, personnage incontrôlable, souvent redoutable, parfois fragile. Elle nous entraîne, dans une affaire complexe au coeur de la capitale des Gaules, au rythme de rebondissements en trompe l'oeil ou à contrepied. Une savante orchestration du pire et du meilleur de la nature humaine, sur fond d'événements et de personnages troubles au service d'une énigme. Une parfaite alchimie, pour donner de la profondeur à l'ensemble et en rendre la lecture attrayante. Ce roman, politiquement incorrect, pose un regard noir sur des comportements déroutants, parfois édifiants. Les destins des personnages s'entrecroisent dans des drames, avec désinvolture et cynisme. A lire sans retenue.
Plongez dans Rose la nuit, un roman envoûtant où Maryline Desbiolles tisse les destins de sept femmes prénommées Rose. Entre mémoire, résistance et poésie, ce livre célèbre la force des vies ordinaires et l’écho mystérieux d’un prénom.
Emma Fulconis : on ne voit qu'elle à L'Escarène, dans cet arrière-pays niçois où elle est née. Prompte, virevoltante, rebelle à tout, sauf au vent, elle a toujours galopé dans les collines. Enfant déjà, on la surnommait « l'athlète ». Se moquant bien des compétitions, Emma « ne court pas relativement, mais absolument ». Mais un jour, sa vie bascule : son ami Stéphane Goiran, avec qui parfois elle écoute un peu de musique lors d'une halte, l'invite chez lui. Là, à peine la porte franchie, un chien énorme se jette sur elle, et lui lacère la jambe, ou plus exactement le péroné, également appelé « l'agrafe ». S'ensuivent des mois d'hôpital et de rééducation, à l'issue desquels il est clair qu'Emma ne détalera plus jamais à toute allure. Mais l'accident ne l'arrête pas dans son élan. Hantée par la phrase du père Goiran expliquant pourquoi il n'a pas retenu son molosse - « Mon chien n'aime pas les Arabes -, elle tente de comprendre ce qu'elle sait déjà, mais dont on ne parle pas. Tenace, elle va surtout trouver en elle la ressource d'un nouveau mouvement, un tremblement d'abord, une oscillation, presque une danse immobile. Il fallait le talent de Maryline Desbiolles, convoquant la parole des villageois comme un choeur antique, pour nous mener, au rythme même de la course empêchée d'Emma, sur le chemin d'une aveuglante réalité : celle d'un pays où les blessures de la guerre d'Algérie sont tapies dans les mémoires. Pour autant, même boiteuse, exhibant crânement sa cicatrice, jamais Emma Fulconis ne cessera d'aller de l'avant, exerçant sur nous, de son invraisemblable grâce, un charme puissant.
Au tournant de l'année 1868, elles sont quatre très jeunes femmes à converger vers les ateliers de soierie lyonnaise où elles ont trouvé à s'employer : « ovalistes », elles vont garnir les bobines des moulins ovales, où l'on donne au fil grège la torsion nécessaire au tissage. Rien ne les destinait à se rencontrer, sinon le besoin de gagner leur vie : Toia la Piémontaise arrive à Lyon en diligence, ne sachant ni lire ni parler le français, pas plus que Rosalie Plantavin, dont l'enfant est resté en pension dans la Drôme, où sévit la maladie du mûrier. La pétillante Marie Maurier vient de Haute-Savoie. Seule Clémence Blanc est lyonnaise : elle a déjà la rage au coeur après la mort en couches de l'amie avec qui elle partageait un minuscule garni, rue de la Part-Dieu. Les mettant littéralement en mouvement par la grâce de sa langue nerveuse et inventive, Maryline Desbiolles imagine ses quatre personnages en relayeuses, à se passer le témoin dans une course vers la première grève de femmes connue. C'est en juin 1869 que la révolte éclate : les maîtres mouliniers font la sourde oreille aux revendications des ouvrières qui réclament de meilleures conditions de travail et de logement. Les filles s'enhardissent, le mouvement s'amplifie et dès lors le livre avance au rythme exaltant d'une troupe féminine s'autorisant enfin à ne plus courber l'échine : nos quatre relayeuses y apparaissent comme en couleur, dans une foule anonyme en noir et blanc, titubantes dans l'élan de leur propre audace. Donner vie et chair à leurs émotions, leurs élans et leurs expériences est le plus bel hommage qui pouvait être rendu à ces oubliées de l'histoire.
De la ferme du Lot où il est né en 1940 - et où il a appris l'économie de la pénurie - jusqu'au hangar-atelier où Bernard Pagès assemble les matériaux de toutes sortes (récemment des clefs de 13) composant ses sculptures, qu'exposent aujourd'hui musées et galeries du monde, ce livre retrace le cheminement d'un des artistes marquants de son temps. Maryline Desbiolles, née en 1959, a connu l'oeuvre avant l'homme : de son propre aveu, cette conversation est pour elle une tentative d'élucidation. L'entretien au long cours ici publié - mené d'octobre 2020 à janvier 2022 - se nourrit d'un dialogue ininterrompu et d'une fréquentation quotidienne des pièces produites. Il les éclaire, de même que le parcours entier du créateur, par le choix qu'a fait l'écrivaine de restituer sa parole quasi brute. Dans ses réponses factuelles, pragmatiques, rocailleuses parfois, synthétiques toujours, où la justesse du mot et la précision du propos apparaissent comme une préoccupation permanente, Pagès en dit bien plus long sur sa pratique que ne le feraient de savants commentaires. On comprend notamment pourquoi ce jeune artiste formaliste, qui changea sa manière après avoir été bouleversé par la découverte des Nouveaux réalistes fin 1967, et qui un temps appartint au mouvement Supports/Surfaces, travaille aujourd'hui en solitaire, loin de toute posture et de toute chapelle : « Mes sculptures sont fragiles de toute manière. Elles sont fabriquées de nombreux éléments disparates, ce qui les fragilise. Ça me tracasse. J'essaie de ne pas y penser. Je connais les faiblesses de chacune, si je m'écoutais j'en referais certaines, entièrement, mais je ne peux pas passer mon temps à réparer des sculptures anciennes, j'ai encore des trucs à faire. »
Découvrez la vie et les rêves des petits rats de l'École de danse de l'Opéra !Pour tous ses amis, Constance est un modèle de perfection et de sérieux. Elle n'en parle pas, mais elle ne s'accorde pas le droit à l'erreur. Alors quand on lui confie un rôle important dans la démonstration de l'école à l'opéra Garnier, Constance se met une pression infernale. Le jour du spectacle, le pire se produit : elle est prise d'une crise d'angoisse incontrôlable qui l'oblige à quitter la scène ! Comment dépasser cet échec ? C'est Mila, une élève de 3e division passionnée de danse contemporaine, qui va l'aider à lâcher prise. Grâce à cette rencontre, le plaisir de danser reviendra... Et, avec lui, l'envie de s'ouvrir aux autres et à ses propres émotions.
En 1983 a lieu la « Marche pour l’égalité et contre le racisme », de Marseille à Paris avec quelques détours. Ce mouvement non violent, lancé notamment par Christian Delorme, curé engagé de la banlieue de Lyon, réunit des filles et des garçons, dont Toumi Djaïdja, qui fut gravement blessé d’une balle tirée par la police. On tabasse aux Minguettes comme dans tout le pays où on ne compte plus les agressions ni même les meurtres contre les « Arabes ». C’est le fruit amer d’une décolonisation mal acceptée. En évoquant ce moment de notre histoire, Maryline Desbiolles interroge sans concession notre relation à l’autre, et plus particulièrement notre rapport convulsif à l’Algérie. C’est un livre d’indignation contre ce qui nous gangrène, contre le refus de l’étranger. Il est porté par une langue puissante, parfois litanique, comme un chant qu’on ne peut étouffer.
Elle s'appelait Violante. Elle était arrivée après nous à l'école, et elle restait toujours un peu à l'écart. Avec sa tignasse de cheveux noirs, sa tache rouge sur la joue et son regard de flamme, elle ressemblait à une sorcière. On s'en méfiait, et on s'en moquait. Elle nous inquiétait, et elle nous fascinait. Mais quel était son secret ?
Un chien noir, familier et inquiétant à la fois, traverse le livre et le paysage. Ce paysage, c’est celui d’Anchise, apiculteur farouche, veuf inconsolé qui, sur le tard, s’est suicidé par le feu. Aubin était alors un enfant. Il a peu connu son grand-oncle, mais en secret il a joué dans sa maison abandonnée. Au bord de la route, pas très loin de Nice, pas très loin de la ville et déjà à la campagne, minée par les pavillons et leurs clôtures en plastique. Depuis, la maison a été rasée et remplacée par une déchetterie. Et c’est là que, adolescent, Aubin, à deux pas de chez lui, franchit sa propre clôture, le périmètre très étroit de sa famille. C’est là, à l’endroit de la maison détruite, qu’Aubin rencontre le désir, la musique et l’ailleurs en la personne d’Adel, le jeune gardien de la déchetterie. Un roman sur la mémoire et ses traces, sur la question de l’origine, toujours à réinventer.
J'ai toujours aimé entrer dans les cimetières. Regarder les photos, lire les noms. Les mots de regret et d'amour. Relier, renouer les histoires. Que ce soit celle des inconnus ou de Gaby, le communiste, celle de mes grands-parents italiens ou de la victime collatérale d'un fait-divers sanglant dans les forêts de Haute-Savoie. J'ai toujours aimé les cimetières. Ces lieux à l'écart, retranchés, qui me semblent parfois au cœur battant du monde. Au cœur des migrations de ce que nous n'appelons plus les âmes. Elles n'en reviennent pas moins vers nous qui hésitons à prendre la relève. M.D.
J'ai été frappée par la peinture de Vallotton au sortir de l'adolescence. Une peinture bien plus violente que froide, parfois même cruelle. Elle m'accompagne depuis. Elle m'est contemporaine. Elle est contemporaine de ma propre solitude. La peinture de Vallotton ne me raconte pas d'histoires, ne me berce pas d'illusions, ne me jette pas des paillettes aux yeux. Mais je me sens épaulée par elle. M.D.
Comment vient-on à Rodin ? Peut-être en tâchant de laisser tomber ce qu'on croyait connaître. En tâchant de laisser tomber ses croyances. En fréquentant Auguste Rodin, et, avec lui, les écrivains et les artistes qui l'ont aimé, en s'immisçant dans cet immense xixe siècle qu'il projette dans le xxe. En y tissant un récit de sa vie. Mais aussi en fréquentant ses figures, en entrant dans la danse des corps inventés par lui. En fréquentant la sculpture qu'il a bouleversée. En prenant exemple sur lui. En accueillant le réel et ses surprises. En étant entièrement solidaire de sa manière de procéder. C'est-à-dire, somme toute, en faisant le pari d'être un peu plus libre. Maryline Desbiolles a écrit une vingtaine de romans, de La seiche (Seuil, 1998) et Anchise (Seuil, 1999, prix Femina) au Beau temps (Seuil, 2015). Elle a aussi beaucoup écrit sur les peintres et les sculpteurs, Chaissac, Braque, Pagès (Nous rêvons notre vie, éditions du Cercle d'art, 2003) ou Vallotton (Vallotton est inadmissible, Seuil, 2013). Ces textes ont été récemment réunis sous le titre Écrits pour voir (L'Atelier contemporain, 2016).
Maurice Jaubert naît dans les premiers jours de 1900, à Nice où le siècle, lavé par les vagues et lustré par la lumière, est encore plus neuf. Sa courte vie se dessine entre ce front de mer et la ligne de front où il meurt en juin 1940. Mais il aura inventé la musique de cinéma (il travaille avec Vigo, Storck, Renoir, Carné ou Duvivier) et cru à l'effervescence créatrice de son époque, malgré les années noires, malgré les tragédies : il aura cru ardemment aux vertus du nouveau sans lequel il n'y a ni désir ni joie. C'est cette énergie de vie et d'invention que Maryline Desbiolles restitue en un roman enthousiaste et généreux, qui nous fait partager un destin, une ville, une époque, ressuscitant cet homme que beaucoup ont admiré, et même vénéré, comme ce fut le cas de Truffaut. C'est une véritable lettre d'amour qu'elle adresse à travers le temps.
La route est en chantier. Celle que j'emprunte chaque jour, que je connais par cœur. Ma route, et si peu la mienne. La seule route pendant longtemps qui relie Nice à Turin, la seule route pendant longtemps. La route du sel, la route de ceux qui marchent, chevauchent, roulent sur elle depuis des siècles, la route des contrebandiers, la route d'un haut fait divers, la route des morts, accidents et drames des deux guerres mondiales, la route de ceux qui l'ont construite, ouverte, et l'ouvrent une fois de plus aujourd'hui. Là, tout à côté, les ouvriers aménagent un rond-point, mettent à découvert cent cinquante mètres de chaussée, pénètrent le mille-feuilles de la route, sa légende, son ferment, l'amplitude inconnue, extraordinaire, de ce qui est si proche. Maryline Desbiolles
Il se trouve qu'un été on a l'envie de voir les fresques de Piero della Francesca en Toscane, il se trouve qu'on les voit à l'heure du déjeuner et que cette coïncidence fait se frotter ce que l'on voit et ce que l'on mange ainsi que la mémoire de déjeuners amoureux. Ce Manger avec Piero est suivi d'un Risotto à la fraise dont la vanité réveille la simplicité des risotti de l'enfance, ceux de la grand-mère de la narratrice, grand-mère italienne émigrée en France dans une petite ville industrielle de Savoie.
« Au début de ce mois de juillet, ma poitrine s'est dilatée, j'ai éprouvé de la joie en arrivant à Nice dont le nom si bref, si léger a troué tant de fois mon enfance. » De son enfance à Casablanca, André a retenu les heures passées dans le garage de monsieur Cloclo, surnom de Claude Machin. Ce dernier a raconté au petit garçon émerveillé, des après-midi durant, à l'avant de voitures immobiles, l'histoire extraordinaire de son père, Alfred. Alfred Machin, pionnier, réalisateur prolifique, passionné par les animaux qu'il dressa pour le cinéma. Celui-là même qui embarqua toute sa famille dans sa grande aventure cinématographique, dont l'apogée fut l'installation dans les studios Bon Voyage à Nice, ville magnétique où tout commence et tout finit. À travers la trajectoire discrète d'André, de Casablanca à Nice, de 1950 à aujourd'hui, Maryline Desbiolles ranime l'incroyable figure d'Alfred Machin et entrelace ces deux destins de son écriture lumineuse.
« Au début de ce mois de juillet, ma poitrine s'est dilatée, j'ai éprouvé de la joie en arrivant à Nice dont le nom si bref, si léger a troué tant de fois mon enfance. » De son enfance à Casablanca, André a retenu les heures passées dans le garage de monsieur Cloclo, surnom de Claude Machin. Ce dernier a raconté au petit garçon émerveillé, des après-midi durant, à l'avant de voitures immobiles, l'histoire extraordinaire de son père, Alfred. Alfred Machin, pionnier, réalisateur prolifique, passionné par les animaux qu'il dressa pour le cinéma. Celui-là même qui embarqua toute sa famille dans sa grande aventure cinématographique, dont l'apogée fut l'installation dans les studios Bon Voyage à Nice, ville magnétique où tout commence et tout finit. À travers la trajectoire discrète d'André, de Casablanca à Nice, de 1950 à aujourd'hui, Maryline Desbiolles ranime l'incroyable figure d'Alfred Machin et entrelace ces deux destins de son écriture lumineuse.
"Être heureux, ça s'apprend ?" Laura, jeune mère de deux garçons dont un autiste, se pose cette question le jour où elle comprend qu'elle est en train de passer à côté de sa vie. Forte de son amour inépuisable et de sa détermination face au handicap de son fils, elle a très vite choisi de ne pas subir mais d'agir. Seule contre tous, elle va loin, jusqu'à basculer dans l'illégalité pour obtenir de menues victoires. Mais ne s'oublie-t-elle pas trop dans cet éprouvant combat qu'elle mène au quotidien ? Où retrouver ce bonheur qui paraît s'être envolé ? Alors que le fragile édifice qu'elle a construit menace de s'effondrer, une rencontre inattendue s'offre comme une chance de sauver les siens. Saura-t-elle la saisir ? Un bonheur que je ne souhaite à personne, véritable hymne au sexe dit "faible", fait apparaître avec une grande sensibilité combien l'adversité et une maternité à part peuvent transcender une femme.
"Être heureux, ça s'apprend ?" Laura, jeune mère de deux garçons dont un autiste, se pose cette question le jour où elle comprend qu'elle est en train de passer à côté de sa vie. Forte de son amour inépuisable et de sa détermination face au handicap de son fils, elle a très vite choisi de ne pas subir mais d'agir. Seule contre tous, elle va loin, jusqu'à basculer dans l'illégalité pour obtenir de menues victoires. Mais ne s'oublie-t-elle pas trop dans cet éprouvant combat qu'elle mène au quotidien ? Où retrouver ce bonheur qui paraît s'être envolé ? Alors que le fragile édifice qu'elle a construit menace de s'effondrer, une rencontre inattendue s'offre comme une chance de sauver les siens. Saura-t-elle la saisir ? Un bonheur que je ne souhaite à personne, véritable hymne au sexe dit "faible", fait apparaître avec une grande sensibilité combien l'adversité et une maternité à part peuvent transcender une femme.
« Il venait d'une ville noire, pas autant que cette nuit de désastre mais bien sombre tout de même, il venait d'une ville noire, les pêchers, il avait trouvé ça très beau. » Embauché sur le chantier du barrage de Malpasset, près de Fréjus - qui va « changer la vie des gens », s'enthousiasme son ami René -, François quitte Ugine, la ville-usine, et son enfance silencieuse. Il découvre avec émerveillement la vallée rose, les bains de mer, la photo, les conversations politiques des camarades ouvriers. Et il tombe amoureux de Louise Cassagne, la fille d'un producteur de pêches. « Pas une fille pour toi », lui dit-on. Pourtant c'est elle qui lui donne le monde, et François croit en ce cadeau autant qu'en la solidité du barrage. De son écriture envoûtante et ciselée, Maryline Desbiolles retrace avec une grande justesse la violence de la rupture.
« Il venait d'une ville noire, pas autant que cette nuit de désastre mais bien sombre tout de même, il venait d'une ville noire, les pêchers, il avait trouvé ça très beau. » Embauché sur le chantier du barrage de Malpasset, près de Fréjus - qui va « changer la vie des gens », s'enthousiasme son ami René -, François quitte Ugine, la ville-usine, et son enfance silencieuse. Il découvre avec émerveillement la vallée rose, les bains de mer, la photo, les conversations politiques des camarades ouvriers. Et il tombe amoureux de Louise Cassagne, la fille d'un producteur de pêches. « Pas une fille pour toi », lui dit-on. Pourtant c'est elle qui lui donne le monde, et François croit en ce cadeau autant qu'en la solidité du barrage. De son écriture envoûtante et ciselée, Maryline Desbiolles retrace avec une grande justesse la violence de la rupture.
Poèmes quotidiens. Une jeune romancière vivant à Nice livre ses instants poétiques au jour le jour. « Copyright Electre »
Voici un recueil de nouvelles où les meilleurs moments de l'écriture - et ces éclairs ne sont pas rares - tendent à une sorte « d'hallucination simple », fenêtre ou mer ouvertes, par où l'âme s'échappe, par-delà le bien et le mal, la douleur et la joie, et où les bonheurs de l'écriture rejoignent l'écriture du bonheur. Mais il s'agit bien d'un bonheur profondément littéraire, absolu, c'est-à-dire absout, « d'outre-tombe » et sans rémission. Les nouvelles de Maryline Desbiolles vacillent constamment entre le réel et l'allégorie impossible, entre le descriptif et l'emblématique. Elles laissent sourdre juste ce qu'il faut d'étrangeté métissée et méditerranéenne. C'est une écriture du Sud : fragile, lumineuse, impitoyable.
Des Pétales dans la bouche est le parcours en cinq "mouvements" d'une femme qui cherche sa voix, qui n'est pas accordée à sa voix. Cinq mouvements qui déploient cinq moments de la vie quotidienne et cinq espaces, du plus exigu, un taxi la nuit, jusqu'au plus ouvert, le bord de mer, ailleurs, en Italie, en passant par une salle de café, la chambre, un champ abandonné.
Le nom de la ville, Amanscale, viendrait dit-on du mot "aisselle" en grec. Il faut en effet imaginer l'émerveillement des premiers marins grecs qui aperçurent la baie encore inhabitée ; émerveillement teinté de cette particulière mélancolie qui poigne le voyageur privé d'amante. Baie à la courbure aussi parfaite que celle que dessine le puissant mouvement d'une nageuse de crawl passant son bras au-dessus de la tête et découvrant ainsi son aisselle, ce nid infiniment émouvant appelé à donner ainsi naissance à Amanscale. Linda Groote - un vrai nom de troll, si peu accordé à cette ville au bord de la mer - éprouve pour Amanscale, aujourd'hui malmenée, une fascination intacte. Linda Groote malmenée elle aussi par cette lumière et par cette baie resplendissante face à laquelle elle ressent trop continûment sa solitude et peut-être même sa perdition. Linda Groote - insistons là-dessus - sait à peine qu'il y a au nord, au-delà du quartier méprisé par les habitants de cette ville-proue, un volcan éteint depuis toujours et qui est comme la nuit cachée d'Amanscale.