Marina Castaneda
Marina Castaneda
Passible d'une peine de prison de six mois à trois ans sous Vichy, considérée comme un fléau social au même titre que l'alcoolisme dans les années 60, l'homosexualité ne sera retirée du registre des maladies mentales qu'en 1985 et déclassifiée par tous les États signataires de la charte de l'OMS en 1992 ! En trente ans, le regard sur l'homosexualité en France a bien changé : les homosexuels vivent et parlent plus librement de leur orientation sexuelle et ne sont plus ghettoïsés à certains milieux... Néanmoins, rappelle Marina Castañeda, malgré cette meilleure acceptation globale, il reste difficile à des jeunes d'annoncer leur choix à leur famille. Certains sont rejetés du foyer familial comme s'ils étaient marginaux. Plus généralement, les homosexuels se sentent encore obligés d'annoncer à leur entourage leur préférence sexuelle, comportement qui semblerait surprenant pour un hétérosexuel. On ne peut donc pas faire comme si tous les préjugés sociaux avaient disparu et nier les difficultés rencontrées. Malgré la loi, l'homophobie est encore visible et ressentie tout comme le racisme. Les débats actuels autour du mariage pour tous et de l'homoparentalité font rage, soulignant combien, parfois, cette apparente acceptation de la différence affichée ces dernières années relevait plus de la " tolérance " que du respect de l'autre. C'est cet " autre " que Marina Castañeda donne à voir, dans son cheminement, ses joies, ses difficultés, ses relations, ses rapports au monde, ses positionnements. Homme ou femme, homo ou hétéro, chacun trouvera dans ce livre remis à jour de quoi balayer les idées reçues pour mieux comprendre son compagnon ou son fils, sa compagne ou sa fille. Un autre regard qui souligne aussi la dynamique des revendications homosexuelles en faveur de l'évolution de notre société et même du bien commun !
" Notre écoute, faculté à notre service, est en passe de devenir aléatoire et ingérable. Le plus important à faire pour la développer serait de retrouver, de temps en temps, notre familiarité avec le silence. Nous débarrasser du bruit de nos vies, non seulement à l'extérieur, mais en nous-mêmes. " Depuis la création de l'imprimerie et plus récemment de la communication instantanée, qui ont miné de façon progressive notre capacité d'attention, de concentration, et notre mémoire, l'écoute, essentielle dans les sociétés orales, a perdu sa prééminence. Ajoutez à cela des éléments actuels comme le narcissisme généralisé, le culte de la spontanéité, le rejet de l'autorité et l'augmentation du bruit... On comprend dès lors que l'écoute soit un effort quotidien, et doive s'apprendre, puis se cultiver si l'on veut s'opposer à l'indifférence qui envahit de plus en plus les relations humaines. Quelles sont les règles de l'écoute ? Y a-t-il une bonne écoute ? Peut-on s'en passer ? Que devient l'écoute quand on sait que quelqu'un tergiverse ou omet la vérité ? Pour Marina Castañeda, l'écoute pleine est celle qui réussit à dépasser nos défenses habituelles, nos attentes, nos stéréotypes et nos intérêts propres. C'est celle qui parvient à vaincre notre narcissisme essentiel pour donner sa place à l'autre, en tant qu'individu intrinsèquement digne d'intérêt. C'est celle qui cherche à construire et à maintenir un lien, plus qu'à gagner ou à perdre. Car le fait d'écouter, ou de ne pas écouter, nos semblables a des effets réels non seulement sur eux mais sur notre propre manière de nous intégrer au monde et, par conséquent, sur notre possibilité d'être heureux. Pour lutter contre les incompréhensions qui éloignent les individus les uns des autres et encourager cette pratique dans la vie quotidienne dès le plus jeune âge, l'auteur propose ici un code de bonne conduite de cet art qui nécessite patience, curiosité et imagination.