Marie-Jeanne ROSSIGNOL
Marie-Jeanne ROSSIGNOL
Nous avons osé être libres, osons l'être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ! quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Jean-Jacques Dessalines, « Indépendance, ou la mort... » (1804) Poèmes, pamphlets, lettres ouvertes, allocutions, récits de vie... dès la fin du xviiie siècle, aux États-Unis et en Haïti - les deux premières nations indépendantes de l'ère des révolutions -, nombre d'auteurs et autrices afro-descendantes ont, dans une grande variété de textes, dénoncé et théorisé l'esclavage, le colonialisme ou encore le racisme. Revendiquant notamment un universalisme qui tienne compte des discriminations raciales, ils ont fait circuler, bien avant W. E. B. Du Bois, l'exigence d'une égalité et d'une indépendance réelles. Qu'ils et elles s'appellent Sarah Parker Remond, Sojourner Truth, Frederick Douglass ou Toussaint Louverture, leurs noms, leur vie et leur pensée, injustement oubliés et effacés, sont de nouveau accessibles grâce à cette anthologie. Marlene L. Daut est professeure à l'université de Yale (études culturelles caribéennes et américaines, Haïti) ; Marie-Jeanne Rossignol est professeure à l'université de Paris (esclavage et abolition aux États-Unis de la Révolution américaine à 1830) ; Cécile Roudeau est professeure à l'université de Paris (littérature étatsunienne au XIXe siècle) ; Michaël Roy est maître de conférences à l'université Paris Nanterre (esclavage et abolition aux États-Unis de 1830 à 1865).
Sans Europe, pas d'États-Unis ni de Canada..., sans ces derniers, plus d'Europe très vraisemblablement, et depuis longtemps. Car si le Vieux Continent et l'Amérique du Nord ne constituent pas une communauté transatlantique, ils sont néanmoins depuis plus de cinq siècles intimement et pour ainsi dire existentiellement liés. Au-delà du rappel des faits marquants dans l'ordre militaire et diplomatique, les auteurs décrivent les mouvements migratoires, les flux commerciaux et financiers, les transferts culturels et les représentations mutuelles des deux espaces. Ils mettent en lumière le mouvement de balancier qui, depuis toujours, voit ces espaces s'attirer ou se rejeter, et se construire l'un par rapport à l'autre. Cet ouvrage qui conjugue histoire et étude des civilisations aborde un pan fondamental de l'étude des relations internationales et apporte un éclairage nouveau sur le couple Amérique du Nord/Europe. Jacques Portes est professeur d'histoire nord-américaine à Paris 8. Nicole Fouché est chargée de recherches du CNRS à l'EHESS-CENA. Marie-Jeanne Rossignol est professeur de civilisation américaine à Paris VII. Cécile Vidal est maître de conférences à l'EHESS-CENA.