Marguerite Burnat-Provins
Marguerite Burnat-Provins
Burnat-Provins Marguerite - Cantique d'été : Dans la foulée du Livre pour toi - 100 poèmes en prose dédiés à son amant Sylvius, alias Paul de Kalbermatten - Marguerite Burnat-Provins en écrit peu après 99 autres. Ceux-ci composent Cantique d'été. Des poèmes d'une sensualité osée pour l'époque, qui disent l'amour, le désir, l'attente d'une femme amoureuse qui s'abandonne sans réserve à son amant. Au travers de ceux-ci, Marguerite Burnat-Provins revit les instants magiques de l'été 1906 en Valais et sa rencontre avec celui qui deviendra son second époux. « C'est dans la gloire du soleil que nous nous sommes aimés. (...) C'était la fête de notre amour, de ta jeunesse blonde. Quand tu montais vers moi, pendant les longs silences où tes yeux vivaient dans les miens, comme une pluie ardente, autour de nous, nous entendions tomber du soleil ». Marguerite Burnat-Provins est née à Arras (Pas-de-Calais) en 1872. Elle rencontre son futur mari, un jeune architecte suisse, Adolphe Burnat (1872-1946), lors de ses études à l'École des Beaux-Arts de Paris. Ils se marient en 1896 et s'installent à Vevey. Dans ce milieu conservateur et étriqué, la jeune femme s'ennuie. Elle donne plusieurs conférences et encourage les femmes à s'émanciper de la tutelle masculine. Elle écrit ses premiers livres (Sous les noyers, Le Chant du Verdier, Heures d'automne, Chansons rustiques, Petits tableaux valaisans) et peint diverses oeuvres inspirées de l'Art nouveau. Elle est présente à l'Exposition universelle de Paris en 1900. En 1905, elle fustige dans un article véhément les « cancers » des nouvelles constructions et le massacre des paysages naturels. Elle milite pour la création d'une « Ligue pour la Beauté », qui deviendra plus tard l'organisation « Patrimoine Suisse ». La rencontre en été 1906 avec Paul de Kalbermatten bouleverse sa vie. Le Livre pour toi témoigne de leur relation passionnée, tout comme Cantique d'été et Le Coeur sauvage. Mais les amants sont mis au ban de la société et quittent la Suisse pour s'établir en France. Marguerite divorce d'Adolphe Burnat et épouse Paul de Kalbermatten en 1910. Les époux vont voyager au gré des mandats d'ingénieur de son mari, notamment en Afrique du Nord et au Proche-Orient. En 1914, le tocsin appelant à la mobilisation déclenche en Marguerite Burnat-Provins un profond traumatisme psychologique. Pendant près de 40 ans, elle va peindre plus de 3'000 dessins et aquarelles représentant des personnages ou des animaux issus de visions ou d'apparitions qui s'imposent à elle. Plusieurs psychiatres s'intéressent à ces phénomènes inexplicables. Elle nommera ce corpus Ma Ville. Elle décède en 1952 dans sa maison près de Grasse, laissant une oeuvre littéraire d'une vingtaine de textes et poèmes ainsi que des milliers de peintures, d'estampes et d'aquarelles, dont plusieurs sont exposées dans des musées en Suisse et en France.
Burnat-Provins Marguerite - Heures de printemps: Après Heures d'été écrit en 1937 dans son refuge du Clos des Pins près de Saint-Jacques-de-Grasse, Marguerite Burnat-Provins connaît de nouveaux soucis de santé en 1939. Elle suit une cure à Vichy puis rédige Heures de printemps. Au Clos des Pins, le printemps s'écoule doucement. Mais malgré les repères simples que l'autrice y retrouve, le ciel maussade et pluvieux ne lui inspire que souffrance et tristes pensées sur sa jeunesse envolée. Verra-t-elle d'autres printemps ? Au fil des heures qui passent lentement, elle ne sait plus si elle souhaite quitter son refuge et se plonger dans l'agitation de la multitude pour changer de souffrance, ou rester, misanthrope mais libre, avec sa solitude dans son havre caché. Heures de printemps est resté inédit du vivant de l'écrivaine. L'en-tête du tapuscrit mentionne : «J'entreprends cette copie à Genève, hôtel Beau Séjour, à l'heure même où la France va entrer en guerre, pour m'aider à passer les heures terribles qu'il plaira à Dieu de nous infliger. 2 septembre 1939, Genève Champel.»
Burnat-Provins Marguerite - Heures d'Automne: Heures d'automne est daté de novembre 1904. Marguerite Burnat-Provins en a élaboré l'écriture en prose entre son domicile conjugal de La Tour-de-Peilz (près de Vevey) et ses séjours au hameau valaisan de Savièse où travaille le peintre Ernest Biéler. C'est le récit d'une journée intérieure, qui débute à 7 heures du matin et se termine à minuit. Chaque heure est nourrie par les pensées et les actions de l'artiste. « J'accueille cette journée comme une amie, elle peut m'apporter (...) la joie cachée d'être et de songer en paix (...)». L'espace-temps s'élargit, chaque heure pourrait être celle d'une année, voire de la vie entière. L'artiste est à l'écoute de la voix secrète de la nature, qui devient son propre rythme intérieur. Fascinée par la peinture et les couleurs, elle qualifie l'automne d'«artiste fastueux. De son pinceau trempé d'or il rehausse les feuilles, qui deviennent belles comme des parures d'église, et les dépose sur l'invisible autel du sacrifice, où fume l'encens bleu des brumes, où tout s'épuise doucement, tandis que la nature elle-même préside à l'ensevelissement de sa beauté engourdie.» L'automne s'égrène: «N'entendez-vous pas, comme des feuilles, tomber les heures d'automne dans cette chambre close où je chante? (...) Bientôt tout se taira; le lac dormira, les maisons, la ville dormiront, tandis que l'oeuvre lente se continue. (...)À la même place où tout palpitait, le froid doit venir, à pas de voleur, étendre ses draps blancs.»
Burnat-Provins Marguerite - Heures d'hiver: Après le Cantique d'été, poème d'amour passionné, et les Heures d'automne toutes imbibées des douces lumières d'automne du Léman, voici les Heures d'hiver, publiées en 1920, qui se situent dans le canton du Valais. Ces poèmes sont le reflet du froid, de la beauté glacée de la solitude, une ode à l'hiver certes, mais une ode à la souffrance de la séparation, à l'angoisse et la peur de la passion perdue, à la destruction du temps. Un poème sombre, mais empli de magnifiques descriptions en noir et blanc de paysages hivernaux pris dans la glace. « Toi, nuit morte, debout dans ton linceul bleu ! Je veux entendre les paroles de Juillet, que la glace se rompe et que les fleurs jaillissent. Rends-moi la terre amoureuse et brune qui, sous mes flancs heureux, puissamment, respirait. Rends-moi les baisers, tous les baisers. Les baisers de la vallée murmurante, chanteuse de cantiques, les baisers des parfums, les baisers du vent frôleur qui couraient sur ma face ravie, les caresses de l'ombre ensorceleuse courbée sur moi. Je tends les bras, et me voici comme une croix vivante plantée dans le gel.Hiver cruel, mon front saigne de tes épines, mes paumes sont trouées de tes clous, ton fiel glisse entre mes dents, et ton poing froid voudrait me percer le coeur d'un glaçon, mais mon coeur est une flamme, va-t-en. » « Mais moi pour vivre, je dois me rappeler l'été »
Lassée de Paris et de ses «agitations futiles», Marguerite Burnat-Provins (1872-1952) achète en 1921 le Clos des Pins près de Saint-Jacques-de-Grasse. C'est un ancien mas provençal qui comporte un atelier. Elle s'y installe avec son mari Paul de Kalbermatten en 1926 et en fait son refuge. Elle y rédige Heures d'été entre juin et septembre 1937. Burnat-Provins Marguerite - Heures d'été: L'été arrive. Toujours dans son Clos, près de Grasse, Marguerite Burnat-Provins s'imprègne de l'harmonie douce et chaude qui l'entoure. Antonio, un homme simple, vient l'aider à entretenir son beau jardin. Au long des journées, elle repense à sa vie en Afrique et à sa jeunesse. Elle a décidé de vivre avec elle-même et s'en félicite, mais parfois un courant amer et glacé prend possession de son coeur et elle peine à le réchauffer. La compagnie de sa chatte et des petits animaux en liberté la rassure. Sa foi en dieu lui redonne l'espérance et jusqu'à une heure avancée de la nuit fait naître en elle un beau chant désespéré. « Je puis supporter toutes les souffrances, mais il me faut un brin d'herbe pour m'y appuyer. » Heures d'été est resté inédit du vivant de l'autrice. L'en-tête du tapuscrit mentionne : «J'entreprends cette copie à Genève, hôtel Beau Séjour, à l'heure même où la France va entrer en guerre, pour m'aider à passer les heures terribles qu'il plaira à Dieu de nous infliger. 2 septembre 1939, Genève Champel.»
Burnat-Provins Marguerite - Le Coeur sauvage : Dans la foulée des poèmes brûlants du Livre pour toi et de Cantique d'été, Marguerite Burnat-Provins écrit Le Coeur sauvage. Ce récit, fortement autobiographique, conte la vie d'une jeune Française, Françoise Joran, mariée à un banquier qui n'aime que les chiffres, et sa passion pour un jeune ingénieur, Bruno d'Arvallaz. Derrière ces noms, on reconnaît sans peine Marguerite Burnat-Provins, Adolphe Burnat son mari, et Paul de Kalbermatten, son amant. Leur rencontre passionnelle et passionnée en 1906 va sceller leur destin. À peine publié chez Sansot en 1909, Marguerite Burnat-Provins fait retirer le livre de la vente et mettre au pilon. Crainte d'un nouveau scandale par tant de souvenirs et de prises de position révélés sans détour ? Tout en détestant le mot « féminisme », elle affirme dans Le Coeur sauvage son besoin d'amour et de liberté. Elle y règle ses comptes avec la religion et les « bien-pensants » des convenances sociales : « En tous les cas, il est anormal d'enchaîner deux êtres, irrévocablement, pour la vie entière. La morale naturelle n'est pas à dédaigner, et je crois qu'il ne se passera plus vingt ans, avant que l'union libre ne soit admise ».
Burnat-Provins Marguerite - Le Livre pour toi : Ode à l'amour et à la sensualité, Le Livre pour toi est un recueil de 100 poèmes que Marguerite Burnat-Provins (1872-1952) dédie à son amant, Paul de Kalbermatten (1878-1967), «en souvenir de nos heures de volupté». D'abord publié à compte d'auteure à Vevey (Suisse) en 1907, le livre provoque un tel scandale qu'il doit être retiré de la vente. Publié peu après à Paris par les Éditions Sansot et préfacé par Henry Bataille, il déclenche l'enthousiasme unanime de la presse parisienne. Qualifié de « Livre de l'Amour », c'est un « hymne sensuel, si farouche et si doux (...), le plus ardent qu'une femme ait sans doute jamais écrit ». Le Livre pour toi connaîtra près de 40 rééditions et de multiples traductions. Marguerite Burnat-Provins est née à Arras (Pas-de-Calais) en 1872. Elle rencontre son futur mari, un jeune architecte suisse, Adolphe Burnat (1872-1946), lors de ses études à l'École des Beaux-Arts de Paris. Ils se marient en 1896 et s'installent à Vevey. Dans ce milieu conservateur et étriqué, la jeune femme s'ennuie. Elle donne plusieurs conférences et encourage les femmes à s'émanciper de la tutelle masculine. Elle écrit ses premiers livres (Sous les noyers, Le Chant du Verdier, Heures d'automne, Chansons rustiques, Petits tableaux valaisans) et peint diverses oeuvres inspirées de l'Art nouveau. Elle est présente à l'Exposition universelle de Paris en 1900. En 1905, elle fustige dans un article véhément les « cancers » des nouvelles constructions et le massacre des paysages naturels. Elle milite pour la création d'une « Ligue pour la Beauté », qui deviendra plus tard l'organisation « Patrimoine Suisse ». La rencontre en été 1906 avec Paul de Kalbermatten bouleverse sa vie. Le Livre pour toi témoigne de leur relation passionnée, tout comme Cantique d'été et Le Coeur sauvage. Mais les amants sont mis au ban de la société et quittent la Suisse pour s'établir en France. Marguerite divorce d'Adolphe Burnat et épouse Paul de Kalbermatten en 1910. Les époux vont voyager au gré des mandats d'ingénieur de son mari, notamment en Afrique du Nord et au Proche-Orient. En 1914, le tocsin appelant à la mobilisation déclenche en Marguerite Burnat-Provins un profond traumatisme psychologique. Pendant près de 40 ans, elle va peindre plus de 3'000 dessins et aquarelles représentant des personnages ou des animaux issus de visions ou d'apparitions qui s'imposent à elle. Plusieurs psychiatres s'intéressent à ces phénomènes inexplicables. Elle nommera ce corpus Ma Ville. Elle décède en 1952 dans sa maison près de Grasse, laissant une oeuvre littéraire d'une vingtaine de textes et poèmes ainsi que des milliers de peintures, d'estampes et d'aquarelles, dont plusieurs sont exposées dans des musées en Suisse et en France.
Burnat-Provins Marguerite - Près du rouge-gorge : Marguerite Burnat-Provins ouvre doucement pour nous la grille rouillée de sa maison rouge (la villa Frascati à Luchon), et baignée dans la sérénité laisse lentement remonter son passé en Artois son pays d'enfance, en Valais son pays bien-aimé, et dans les pays orientaux où elle fit des voyages colorés et parfumés. Du printemps à l'automne, elle fait là une halte bienfaisante et se délecte du calme de sa maison, de son jardin et de ses petits occupants, oiseaux et insectes. Elle leur parle comme aux fleurs et aux arbres et même au crapaud aux yeux de topaze. Cette méditation apaisante et gourmande est présentée comme un long poème en prose, une invitation au rêve et à l'observation. Une magnifique flânerie tout près du rouge-gorge. Près du Rouge-Gorge a été écrit entre 1919 et 1921 à Bannières-de-Luchon. Marguerite Burnat-Provins va beaucoup lutter pour le voir publier, enfin, en 1937 et sera très déçue du silence de la part des critiques littéraires. Marguerite Burnat-Provins est née à Arras (Pas-de-Calais) en 1872. Elle rencontre son futur mari, un jeune architecte suisse, Adolphe Burnat (1872-1946), lors de ses études à l'École des Beaux-Arts de Paris. Ils se marient en 1896 et s'installent à Vevey. Dans ce milieu conservateur et étriqué, la jeune femme s'ennuie. Elle donne plusieurs conférences et encourage les femmes à s'émanciper de la tutelle masculine. Elle écrit ses premiers livres (Sous les noyers, Le Chant du Verdier, Heures d'automne, Chansons rustiques, Petits tableaux valaisans) et peint diverses oeuvres inspirées de l'Art nouveau. Elle est présente à l'Exposition universelle de Paris en 1900. En 1905, elle fustige dans un article véhément les « cancers » des nouvelles constructions et le massacre des paysages naturels. Elle milite pour la création d'une « Ligue pour la Beauté », qui deviendra plus tard l'organisation « Patrimoine Suisse ». La rencontre en été 1906 avec Paul de Kalbermatten bouleverse sa vie. Le Livre pour toi témoigne de leur relation passionnée, tout comme Cantique d'été et Le Coeur sauvage. Mais les amants sont mis au ban de la société et quittent la Suisse pour s'établir en France. Marguerite divorce d'Adolphe Burnat et épouse Paul de Kalbermatten en 1910. Les époux vont voyager au gré des mandats d'ingénieur de son mari, notamment en Afrique du Nord et au Proche-Orient. En 1914, le tocsin appelant à la mobilisation déclenche en Marguerite Burnat-Provins un profond traumatisme psychologique. Pendant près de 40 ans, elle va peindre plus de 3'000 dessins et aquarelles représentant des personnages ou des animaux issus de visions ou d'apparitions qui s'imposent à elle. Plusieurs psychiatres s'intéressent à ces phénomènes inexplicables. Elle nommera ce corpus Ma Ville. Elle décède en 1952 dans sa maison près de Grasse, laissant une oeuvre littéraire d'une vingtaine de textes et poèmes ainsi que des milliers de peintures, d'estampes et d'aquarelles, dont plusieurs sont exposées dans des musées en Suisse et en France.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.