Marcel Launay
Marcel Launay
La publication du journal d'un curé briéron au XIXe siècle veut être l'occasion de réhabiliter les registres paroissiaux tenus régulièrement par les pasteurs jusqu'à la Première Guerre mondiale. Souvent peu connus, parfois maltraités parce qu'abandonnés dans les greniers des presbytères, ils présentent pourtant un intérêt de premier ordre pour la diversité des renseignements qu'ils peuvent comporter sur le clergé et les fidèles, en un mot sur la vie des chrétientés au siècle passé. Dans ces documents nous sont livrées des scènes variées du microcosme villageois dont on peut essayer de reconstituer le puzzle pour brosser par la suite un tableau d'ensemble de la vie diocésaine, mais aussi départementale. L'histoire des mentalités qui se veut être une histoire totale ne peut négliger cette source d'information de première main dont il est urgent d'entreprendre la sauvegarde.
On lui doit la consécration de Jeanne d'Arc comme sainte patronne de la France, la canonisation de Bernadette Soubirous, de Thérèse de Lisieux ou encore du curé d'Ars, la condamnation de Charles Maurras, la réprobation du communisme, du fascisme et du nazisme. Cet homme, c'était Pie XI (1857-1939) et il régna près de vingt ans avec autorité et courage en combattant toutes les formes du mal. C'est en s'appuyant sur les archives vaticanes mises à la disposition du public en 2003 que Marcel Launay reconstitue la vie et l'oeuvre de ce pape. Dans un contexte de colère et de haine, il n'a cessé de rappeler les fondamentaux de l'humanisme chrétien. Jalon essentiel de cette mission : un retour au Christ et à son message premier : la vie avant tout, face au fascisme qui exalte, par définition, la mort. Ce livre, c'est enfin un constat sans appel : Pie XI a été l'artisan du retour du Saint-Siège sur la scène internationale. Après quarante années de maladresse, d'hésitation et d'atermoiement, le Vatican retrouve son rôle de guide et protecteur de l'Europe éternelle.
Le pape de la Première Guerre mondiale, c'est lui, Benoît XV (1854-1922), visionnaire en un temps de chaos du futur village planétaire. Révélant une page secrète des relations internationales, cet essai biographique raconte comment, à peine élu, ce diplomate de vocation n'aura cessé, depuis Rome, d'opposer à Paris et à Berlin la neutralité du Saint-Siège pour mieux appeler l'ensemble des belligérants à la paix. Comment, en leur proposant inlassablement sa médiation, il leur intimera de projeter une Europe unie. Comment, aussi, il multipliera les signes de réforme de l'Église catholique afin de la désengager de son terreau traditionnel en créant une nouvelle Congrégation pour les Églises orientales en 1917 et en condamnant les nationalismes coloniaux en 1919. Ce portrait vivant, tissé à même les grands événements d'une époque charnière, montre également que les incompréhensions suscitées par ses diverses initiatives ne sont pas allées sans désillusion. Benoît XV n'en reste pas moins une figure d'exception au sein d'un temps d'immense confusion. À la sortie de la Grande Guerre, grâce à son action, le catholicisme a pris toute la mesure de son universalité. Ses successeurs seront en dette de cette conception globale du monde et de l'histoire qui aura animé son court, mais intense pontificat.