Luc Decaunes
Luc Decaunes
Entre ciel et terre, Haute Provence vous invite à parcourir les paysages et les émotions d’une région mythique, à travers les vers sensibles de Luc Decaunes.
Il y a trente ans mourait Paul Éluard grand poète surréaliste rallié, par le biais de la Résistance, au communisme le plus orthodoxe. Du sanatorium de Clavadel aux tranchées de 1914, du Paris dadaïste au Paris de l'Occupation, de l'exaltante intransigeance surréaliste aux tournées de propagande du Combattant de la Paix épuisé et abusé, la vie d'Eluard trace une ligne ardente et douloureuse, mais brisée, dont l'érotisme le plus charnel et l'attrait de l'anéantissement sont les deux pôles convulsifs. Utilisant abondamment lettres, témoignages, articles critiques, mais également des fragments de l'oeuvre poétique toujours cités en situation, le livre de Luc Decaunes entend n'éviter aucun des problèmes posés par cette existence. C'est à la fois un poète de génie et un homme de notre temps qui sont ici mis en question.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
"L'usage poétique de la prose fut - presque toujours - associé chez moi, par une sorte de pente naturelle, à l'exploration de zones narratives, où le poème en vers - tel que je le pratiquais - ne pouvait être que mal à l'aise. Dès mes premiers poèmes en prose, vers mes vingt ans, je m'étais rendu compte que, matière et manière, il s'agissait là de quelque chose de très différent. Par la suite, il m'apparut que le bonheur d'inventer des phrases dans un ordre satisfaisant, y remplaçait souvent - avec avantage - tout souci d'expression ou de démonstration. Ces proses strictes comblaient en moi un besoin presque artisanal. Il me semblait que leur efficacité pouvait être d'autant plus assurée, qu'elles ne devaient rien à ma vie personnelle, ni à la circonstance. Les interventions intempestives de la subjectivité étant ainsi écartées, et l'expressionnisme faraud rejeté dans l'ombre, c'était autant de gagné, tantôt pour l'inquiétant et l'insolite, tantôt pour la fantaisie, tantôt pour l'humour - tous domaines où l'imaginaire à de quoi mener le jeu ; à condition, toutefois, d'avoir toujours de la tenue, sans laquelle tout se dépense en vain. À l'exception des proses de "Chaleurs", où je me suis bien trop découvert, je crois que le présent recueil, dans son ensemble, garde la ligne."
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La vie et l'oeuvre de l'un des plus grands poètes français : Charles Beaudelaire " Ma seule ambition, avertit l'auteur, aura été de présenter aux lecteurs les moins avertis le Baudelaire que j'ai lu et que j'aime. " C'est donc à une " opération à coeur ouvert " que le lecteur est convié, au terme de laquelle il est amené à constater comment une victoire esthétique a pu être remportée sur une destinée humaine, comment la poésie la plus haute a pu naître, et avec quelle force novatrice, de ce qu'il faut bien considérer comme l'échec d'une vie.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Nous n'en finissons pas d'aimer le monde, et rien ne nous console d'avoir à le perdre. Car le monde est beau pour qui l'observe avec gourmandise, et chaque regard est alors une naissance ; mais aussi, le monde est beau pour qui n'oublie pas qu'il faudra bientôt tout quitter, et chaque regard devient un adieu. »
Luc Decaunes. Né à Marseille, 1913. Origines très modestes. Études à Toulouse. Venu à Paris en 1931. Aucun contact avec les milieux littéraires jusqu'en 1935. Parti soldat en 1938, ne quittera le triste uniforme qu'en 1945, à son retour de captivité. A publié plusieurs recueils de poèmes : L'Indicatif présent, A l'oeil nu, L'air natal. Poèmes militants, Le Droit de regard, etc... ; deux romans : Les Idées Noires, Je ne regrette rien, et un essai : Charles Baudelaire. En 1935, fonde, avec de jeunes camarades, la revue de Culture Révolutionnaire Soutes qui paraîtra jusqu'à son départ au régiment. Reprend aujourd'hui cette revue dont il estime qu'elle est une nécessité dans la confusion et le mensonge des temps présents. Collaboration régulière aux « Cahiers du Sud ». S'intéresse beaucoup aux problèmes de la Radio. A donné de nombreuses émissions à la R.D.F., de 1945 à 1950. N'a jamais séparé le combat poétique et critique de la cause du prolétariat et de son émancipation matérielle et morale.