Louise Glück
Louise Glück
Plongez dans Vita Nova, le chef-d’œuvre poétique de Louise Glück, Prix Nobel 2020, où mythes antiques et quête de renaissance s’entrelacent. Un voyage lyrique entre solitude et espoir, porté par les voix de Didon, Orphée et Eurydice.
Après Meadowlands (1996 ; « Du monde entier », 2022), qui évoquait la fin d'un couple par le truchement du mythe d'Ulysse et Pénélope, Vita Nova (1999) fait entendre un sublime chant de solitude, porté par une multitude de voix, dont celles de Didon et Énée, d'Orphée et Eurydice, héros et héroïnes inoubliables de la mythologie gréco-latine. Louise Glück glisse ses pas dans ceux de Dante, auquel elle emprunte son titre, comme Dante lui même avait pris Virgile pour guide dans sa traversée des cercles de l'Enfer. Vita Nova est un voyage initiatique entre rêve et réalité, tendu vers l'espoir d'une vie nouvelle, qui interroge ce que l'on laisse derrière soi et ce qui sera retenu de nous. À l'amour perdu succède ainsi un brûlant désir de vivre, magnifiquement saisi par Glück à chaque page de ce recueil. Comme à son habitude, Louise Glück entremêle dans Vita Nova l'atemporel et le contemporain. Loin de tout pathos, l'émotion est toujours suspendue à la justesse de la langue : elle surgit au détour d'une répétition, d'un enjambement, voire d'un silence.
Marigold et Rose sont des soeurs jumelles, âgées d'à peine un an. Leur quotidien est rythmé par la sieste et le bain, leurs apprentissages et les soins que leur apportent Père et Mère. Mais leur vie intérieure excède largement les limites de ce monde restreint dans le temps et l'espace. Marigold, plutôt sérieuse et réservée, s'interroge, non sans une certaine intranquillité, sur les mystères de l'existence. Elle a entamé l'écriture d'un livre "dans sa tête" et attend avec impatience de pouvoir se servir des mots. Rose, plus sociable, semble être l'image même du parfait bébé. Entre elles, le dialogue s'établit par la pensée. Marigold et Rose est le dernier livre de Louise Glück, et le premier dans son oeuvre à être entièrement écrit en prose. S'y révèle pleinement la vivacité de l'humour de Glück, porté par son art de la concision et de l'ellipse. Avec brio, par ce point de vue audacieux des jumelles, Louise Glück réinvente les débuts de la vie et nous entraîne dans une réflexion sur la finitude qui est aussi une remarquable célébration de la magie du langage et de l'écriture.
Marigold et Rose sont des soeurs jumelles, âgées d'à peine un an. Leur quotidien est rythmé par la sieste et le bain, leurs apprentissages et les soins que leur apportent Père et Mère. Mais leur vie intérieure excède largement les limites de ce monde restreint dans le temps et l'espace. Marigold, plutôt sérieuse et réservée, s'interroge, non sans une certaine intranquillité, sur les mystères de l'existence. Elle a entamé l'écriture d'un livre "dans sa tête" et attend avec impatience de pouvoir se servir des mots. Rose, plus sociable, semble être l'image même du parfait bébé. Entre elles, le dialogue s'établit par la pensée. Marigold et Rose est le dernier livre de Louise Glück, et le premier dans son oeuvre à être entièrement écrit en prose. S'y révèle pleinement la vivacité de l'humour de Glück, porté par son art de la concision et de l'ellipse. Avec brio, par ce point de vue audacieux des jumelles, Louise Glück réinvente les débuts de la vie et nous entraîne dans une réflexion sur la finitude qui est aussi une remarquable célébration de la magie du langage et de l'écriture.
"Et le monde passe, tous les mondes, chacun plus beau que le précédent." Avec Recueil collectif de recettes d'hiver, publié aux États-Unis en 2021, Louise Glück poursuit son oeuvre poétique en laissant une place de plus en plus grande à la narration. Dans ces poèmes qui prennent parfois des allures de fables, l'individualité des voix qui s'expriment s'estompe au profit d'une présence au monde plus collective. À mesure que des réalités matérielles sont mises à distance émergent une multitude de détails, métaphores obsédantes d'une vie perçue à travers le prisme de la mémoire et du rêve : des bonsaïs que l'on taille, un passeport abandonné, la lumière joyeuse du soleil, de petites princesses jouant à l'arrière d'une voiture. Tout converge vers une fin, accueillie plus qu'attendue. Mais tout finit par revenir, jamais à l'identique, comme l'hiver porte en germe le retour du printemps. Le langage, dans cette écriture de haute précision et d'une extrême concision, semble presque avoir épuisé ses ressources, et pourtant subsiste encore la possibilité de dire l'ineffable. Telle est la magie de la poésie de Louise Glück, sa force vitale.
"Et le monde passe, tous les mondes, chacun plus beau que le précédent." Avec Recueil collectif de recettes d'hiver, publié aux États-Unis en 2021, Louise Glück poursuit son oeuvre poétique en laissant une place de plus en plus grande à la narration. Dans ces poèmes qui prennent parfois des allures de fables, l'individualité des voix qui s'expriment s'estompe au profit d'une présence au monde plus collective. À mesure que des réalités matérielles sont mises à distance émergent une multitude de détails, métaphores obsédantes d'une vie perçue à travers le prisme de la mémoire et du rêve : des bonsaïs que l'on taille, un passeport abandonné, la lumière joyeuse du soleil, de petites princesses jouant à l'arrière d'une voiture. Tout converge vers une fin, accueillie plus qu'attendue. Mais tout finit par revenir, jamais à l'identique, comme l'hiver porte en germe le retour du printemps. Le langage, dans cette écriture de haute précision et d'une extrême concision, semble presque avoir épuisé ses ressources, et pourtant subsiste encore la possibilité de dire l'ineffable. Telle est la magie de la poésie de Louise Glück, sa force vitale.
Depuis la parution de son premier recueil en 1968, Louise Glück n'a eu de cesse de réinventer son art, tout en créant une voix immédiatement reconnaissable, par son mélange de retenue et d'affirmation, son lyrisme visant l'universalité. Dans Nuit de foi et de vertu, paru aux États-Unis en 2014 et récompensé par le National Book Award for Poetry, Louise Glück utilise, en apparence du moins, les ressources de la narration, subtilement détournées au profit de sa poésie, pour explorer le mystère du commencement et de la fin d'une histoire, qui peuvent être aussi ceux d'une vie. Ce sont des fragments de récit, mêlant impressions fugaces et détails, qui se répètent et se font écho. Le je qui raconte un souvenir surgi de son passé peut être celui d'une femme dans un poème, puis d'un homme dans le suivant. D'ailleurs s'agit-il d'un moment vécu ou d'un rêve ? Car la forme d'épopée intime propre au rêve, dont les libres associations viennent sans cesse dévier la trajectoire, semble se confondre avec celle du poème. Dans une écriture d'une grande musicalité, dont la beauté vient en partie de l'extrême simplicité, d'amples visions poétiques se déploient, portées par des voix toujours au bord de la confession. Dans cette partition magistrale, Louise Glück parvient une fois de plus à restituer à l'expérience humaine toute son énigme.
Depuis la parution de son premier recueil en 1968, Louise Glück n'a eu de cesse de réinventer son art, tout en créant une voix immédiatement reconnaissable, par son mélange de retenue et d'affirmation, son lyrisme visant l'universalité. Dans Nuit de foi et de vertu, paru aux États-Unis en 2014 et récompensé par le National Book Award for Poetry, Louise Glück utilise, en apparence du moins, les ressources de la narration, subtilement détournées au profit de sa poésie, pour explorer le mystère du commencement et de la fin d'une histoire, qui peuvent être aussi ceux d'une vie. Ce sont des fragments de récit, mêlant impressions fugaces et détails, qui se répètent et se font écho. Le je qui raconte un souvenir surgi de son passé peut être celui d'une femme dans un poème, puis d'un homme dans le suivant. D'ailleurs s'agit-il d'un moment vécu ou d'un rêve ? Car la forme d'épopée intime propre au rêve, dont les libres associations viennent sans cesse dévier la trajectoire, semble se confondre avec celle du poème. Dans une écriture d'une grande musicalité, dont la beauté vient en partie de l'extrême simplicité, d'amples visions poétiques se déploient, portées par des voix toujours au bord de la confession. Dans cette partition magistrale, Louise Glück parvient une fois de plus à restituer à l'expérience humaine toute son énigme.
Louise Glück compte depuis longtemps parmi les voix majeures de la poésie contemporaine outre-Atlantique. Son oeuvre, née de l'expérience et de la voix d'une femme, traverse le féminin tout en lui résistant car la biographie, quand elle a eure dans ses poèmes, ne subsiste que comme trace : l'événement, déjà passé au tamis du langage, laisse place à sa profondeur, à son interprétation, à l'interrogation. Le jardin où l'on croise furtivement John, un mari qui cultive des plants de tomates, ou encore un fils, Noah, prend ainsi dans L'iris sauvage une dimension biblique et mythologique pour finalement devenir l'espace imaginaire où se déploie une vaste polyphonie. Louise Glück y fait entendre à la fois la voix des fleurs interpellant leur Créateur, celle de ce même Créateur se penchant sur sa Création, et la voix humaine questionnant sa propre finitude, notamment par un regard distancié sur la vie quotidienne. Dans cette chambre d'échos métaphysique, on trouvera portée à son comble une poétique de la renaissance qui est au coeur de l'oeuvre glückienne. Par une écriture qui emploie le langage de tous les jours, sublimé par le travail du vers et par les multiples résonances au sein des poèmes, où précision, coupes abruptes, ellipses tendent à souligner l'acuité de sa vision, Louise Glück parvient à dire la beauté tragique de toute vie sur terre, le temps d'une floraison. Ce recueil d'une originalité incomparable, à la composition parfaite, a été récompensé du prix Pulitzer de poésie à sa parution en 1992 et a marqué un tournant décisif dans l'oeuvre de Louise Glück.
Louise Glück compte depuis longtemps parmi les voix majeures de la poésie contemporaine outre-Atlantique. Son oeuvre, née de l'expérience et de la voix d'une femme, traverse le féminin tout en lui résistant car la biographie, quand elle a eure dans ses poèmes, ne subsiste que comme trace : l'événement, déjà passé au tamis du langage, laisse place à sa profondeur, à son interprétation, à l'interrogation. Le jardin où l'on croise furtivement John, un mari qui cultive des plants de tomates, ou encore un fils, Noah, prend ainsi dans L'iris sauvage une dimension biblique et mythologique pour finalement devenir l'espace imaginaire où se déploie une vaste polyphonie. Louise Glück y fait entendre à la fois la voix des fleurs interpellant leur Créateur, celle de ce même Créateur se penchant sur sa Création, et la voix humaine questionnant sa propre finitude, notamment par un regard distancié sur la vie quotidienne. Dans cette chambre d'échos métaphysique, on trouvera portée à son comble une poétique de la renaissance qui est au coeur de l'oeuvre glückienne. Par une écriture qui emploie le langage de tous les jours, sublimé par le travail du vers et par les multiples résonances au sein des poèmes, où précision, coupes abruptes, ellipses tendent à souligner l'acuité de sa vision, Louise Glück parvient à dire la beauté tragique de toute vie sur terre, le temps d'une floraison. Ce recueil d'une originalité incomparable, à la composition parfaite, a été récompensé du prix Pulitzer de poésie à sa parution en 1992 et a marqué un tournant décisif dans l'oeuvre de Louise Glück.
Averno. Petit lac volcanique à l'ouest de Naples. Chez les Anciens, il est considéré comme une entrée des Enfers, lieu de passage entre deux mondes. C'est là que Perséphone jeune fille fut enlevée par Hadès, et qu'elle quitta définitivement l'enfance. Revisitant l'histoire de Perséphone et de sa mère la déesse Déméter, Louise Glück compose un recueil entremêlant brillamment plusieurs fils narratifs, où le mythe et l'ordinaire se confrontent et se confondent. Les voix multiples qui habitent ces poèmes creusent dans leur mémoire propre comme dans celle de l'humanité pour questionner l'amour, les liens familiaux, mais aussi le risque de la solitude et de l'oubli. Lamentation sur la perte aux accents de lieder mahleriens, Averno est aussi une interrogation sur l'art et ses capacités à saisir un indicible présent. Les amples séquences poétiques d'Averno résonnent longtemps de la tonalité propre aux vers de Louise Glück. Des touches d'ironie, distillées au détour d'un enjambement, d'une ellipse, n'empêchent pas la vertigineuse profondeur de ses réflexions lapidaires, embrassant le destin humain dans une indéfectible quête d'universalité. Averno est le dixième recueil de Louise Glück. Il fut publié aux États-Unis en 2006.
Averno. Petit lac volcanique à l'ouest de Naples. Chez les Anciens, il est considéré comme une entrée des Enfers, lieu de passage entre deux mondes. C'est là que Perséphone jeune fille fut enlevée par Hadès, et qu'elle quitta définitivement l'enfance. Revisitant l'histoire de Perséphone et de sa mère la déesse Déméter, Louise Glück compose un recueil entremêlant brillamment plusieurs fils narratifs, où le mythe et l'ordinaire se confrontent et se confondent. Les voix multiples qui habitent ces poèmes creusent dans leur mémoire propre comme dans celle de l'humanité pour questionner l'amour, les liens familiaux, mais aussi le risque de la solitude et de l'oubli. Lamentation sur la perte aux accents de lieder mahleriens, Averno est aussi une interrogation sur l'art et ses capacités à saisir un indicible présent. Les amples séquences poétiques d'Averno résonnent longtemps de la tonalité propre aux vers de Louise Glück. Des touches d'ironie, distillées au détour d'un enjambement, d'une ellipse, n'empêchent pas la vertigineuse profondeur de ses réflexions lapidaires, embrassant le destin humain dans une indéfectible quête d'universalité. Averno est le dixième recueil de Louise Glück. Il fut publié aux États-Unis en 2006.
Louise Glück, se tenant à l'écart du courant américain de la poésie confessionnelle, compose des recueils polyphoniques où le je n'est jamais réductible à une seule identité, mais où chacune des voix participe à un vaste ensemble poétique. Dans Meadowlands s'entrecroisent ainsi celles des protagonistes de L'Odyssée, dans une réécriture du mythe qui laisse la part belle aux personnages secondaires - Télémaque, Circé, Pénélope -, et celles d'un homme et d'une femme d'aujourd'hui, au bord de la rupture. De cette confrontation entre l'atemporel et le contemporain, Glück tire un champ magnétique d'une rare puissance, une poésie au pouvoir de suggestion nouveau. Mais c'est bien par le prisme du langage que la dissolution d'un mariage est scrutée ici, dans une poésie habitée par le souci de précision et de clarté, révélant les silences, l'incommunicabilité au sein même du dialogue. D'une lucidité bouleversante sans jamais toucher au pathos, Meadowlands est comique et déchirant à la fois dans sa distance avec le quotidien et dans sa densité métaphorique, ancrée sur les rives de la Méditerranée. Meadowlands, publié aux États-Unis en 1996, est le recueil qui suivit la publication de L'iris sauvage.
Louise Glück, se tenant à l'écart du courant américain de la poésie confessionnelle, compose des recueils polyphoniques où le je n'est jamais réductible à une seule identité, mais où chacune des voix participe à un vaste ensemble poétique. Dans Meadowlands s'entrecroisent ainsi celles des protagonistes de L'Odyssée, dans une réécriture du mythe qui laisse la part belle aux personnages secondaires - Télémaque, Circé, Pénélope -, et celles d'un homme et d'une femme d'aujourd'hui, au bord de la rupture. De cette confrontation entre l'atemporel et le contemporain, Glück tire un champ magnétique d'une rare puissance, une poésie au pouvoir de suggestion nouveau. Mais c'est bien par le prisme du langage que la dissolution d'un mariage est scrutée ici, dans une poésie habitée par le souci de précision et de clarté, révélant les silences, l'incommunicabilité au sein même du dialogue. D'une lucidité bouleversante sans jamais toucher au pathos, Meadowlands est comique et déchirant à la fois dans sa distance avec le quotidien et dans sa densité métaphorique, ancrée sur les rives de la Méditerranée. Meadowlands, publié aux États-Unis en 1996, est le recueil qui suivit la publication de L'iris sauvage.