Liliane Voyé
Liliane Voyé
Considérant les formes spatiales non comme un simple réceptacle passif, mais comme ressource spécifique dont l'appropriation a une incidence sur les possibilités d'imposition réciproque des différents acteurs dans la transaction sociale, cet ouvrage analyse le lien du rapport social à la matérialité et son articulation, à travers celle-ci, à la dynamique psychique. Pour ce faire, les auteurs partent d'une interrogation sur la tension qui existe entre un ordre organisant ses solidarités et ses oppositions indépendamment de l'espace et un ordre fondé sur une symbolique qui, d'une certaine manière, transgresse cette rationalité à partir de référents expressifs. Cette problématique prend tout son sens lorsque la ville est confrontée au processus d'urbanisation, considéré à la fois comme liant le calcul d'efficacité et de faire-valoir maximum à la mobilité, et comme engendrant une propension culturelle à celle-ci. Selon que les règles de composition de la ville intègrent ou non ce processus, cette transformation substituant une valorisation de la mobilité à celle de l'enracinement va, au plan de la vie quotidienne, maintenir l'ordre ou engendrer la violence ; mais encore faut-il s'entendre sur le sens donné à ces termes polysémiques...
Pas de société sans rites, mais dans la nôtre ils sont souvent déchus, sclérosés, folklorisés. Pourtant, là aussi se cache sans doute une réserve de sens. Pour le comprendre il faudrait une pluralité d'approches. Celles retenues dans ce volume, fruit d'une session théologique tenue en mars 1995 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis, peuvent y introduire. L'anthropologue voit surgir ce que le rite opère : tisser ou restaurer des liens vitaux. L'exégète mesure la différence des rituels chrétiens, dont la référence inclut essentiellement la mémoire de l'événement libérateur. Le sociologue montre la persistance du champ rituel dans la religiosité dite populaire et le bricolage des « liturgies séculières ». Le théologien souligne la tension entre l'extériorité des rites et la responsabilité personnelle. L'indicatif de l'action rituelle tend vers l'impératif de l'éthique.