Laurence Pelletier
Laurence Pelletier
Ce n'étaient jadis que bavardage, ragots ou affaires de moeurs. Non, il n'y avait rien de pourri au royaume du savoir! Pour maintenir l'ordre social, il fallait taire le harcèlement et les agressions, ne pas nommer le boys club, en être complice. Or des féministes ont rompu la digue, et ce livre nous arrive porté par cette vague de dénonciations spectaculaires. Étudiantes et professeures se penchent ici sur une histoire aussi ancienne que taboue: la relation entre désir et pédagogie. Quel est le rapport entre professeur.e.s et étudiantes, et qu'arrive-t-il lorsque la séduction s'en mêle? Quelles histoires cette relation raconte-t-elle, pervertit-elle ou permet-elle d'inventer? Ce livre ne prétend pas trancher la question du sexe, de l'amour et du pouvoir au sein des universités. Il en montre plutôt la complexité, tout en convoquant la communauté universitaire à une résistance féministe solidaire.
Chambres pour une phrase en fuite est un livre d'engouffrements. Une histoire irrésolue de rupture et de défaite, de lâchetés et de gestes brisés. Ni théorie, ni récit, ni fiction, ce texte s'en remet aux mouvements et aux écarts de la prose poétique pour mettre en mots l'énigme d'un désir - un désir de fuite, un désir de perte. Car au commencement du langage, il n'y a pas d'avènement, pas de naissance, mais une séparation totale, sans début ni fin. Néanmoins, la narratrice de cet essai poétique a tenté, un jour, de rompre pour mettre un terme à une relation. Ce jour-là, elle s'est trouvée devant l'impossibilité de nommer l'amour, la mort, l'abjection que cet événement a fait surgir. Elle cherche depuis l'envers du dire, une crypte pour une phrase givrée, rocailleuse, poisseuse, chantante. Elle trouve refuge dans l'errance et l'insensé, dans les abstractions de la langue. Elle devient l'antre d'une phrase ; une phrase qui la fait et la traverse, des confins de son sexe jusqu'à l'orée de sa gorge. Traitresse du bon sens, agente déraisonnable, la phrase l'entraine dans les dédalles d'une architecture pavée de propositions, de postulats et de quelques leurres. « La Rupture est survenue au moment de l'intransitivité du verbe, à l'instant même où j'ai été incapable de dire. Je suis partie sans émettre un son, sans qu'un mot ne soit prononcé. Quand je suis revenue de cet exil, NOUS n'existait plus. TOI et MOI s'étaient disloqués, brisés ; disséminés par le vent du désamour. Depuis, j'essaie de mettre en ordre les mots afin d'offrir un récit qui se tient. En te quittant, ma syntaxe est partie en vrille. Le sens m'a déserté. Je réalise aujourd'hui que ma langue a organisé ma fuite. »
Le téléphone a sonné. Il y a eu un malentendu. Laurel arpente les rues de Montréal dans l'après-coup d'une rupture amoureuse. Elle erre, ou elle fuit. Elle fréquente les terrasses, les appartements des amis, les fêtes dans l'espoir d'une rencontre signifiante. Elle s'étourdit, se mêle au bruit ambiant, se frappe à l'absurdité des paroles creuses. Au coeur de la nuit, elle capte une musique qui pourrait la ravir.
Le tumulus de la ferme de Clair-Bois, que nous avons fouillé en 1967, 1968 et 1969 est d'un type très particulier, et, à bien des égards, exceptionnel, C'est un des rares tertres funéraires de la Côte d'Or construit non en pierre, mais en sable et terre ; l'emploi de ces matériaux offre le grand avantage d'assurer une meilleure conservation des vestiges métalliques et osseux, du mobilier et des matières périssables végétales, le bois en particulier. Le tumulus a été édifié en plusieurs fois et chaque étape est un agrandissement. Quatre fossés circulaires et concentriques ont été aménagés à la périphérie. C'est une nécropole importante, puisqu'elle renferme plus d'une centaine de sépultures ; ce nombre inusité et considérable a permis de réaliser une étude anthropologique détaillée et fructueuse sur un ensemble humain groupé. L'étude du matériel archéologique recueilli montre que la nécropole a été utilisée pendant une période courte et ininterrompue allant de la fin de Hallstatt à la Tène Ic. C'est le seul tumulus connu existant dans cette région plate et basse, située à l'Est de Dijon, plaine encore marécageuse au siècle dernier. Il a été édifié à mi-distance de deux habitats proches, dont l'un lui est contemporain.