Laure Lévêque
Laure Lévêque
Le mythe de Rome charrie d'éternels fantasmes, qui sont exploités à Cinecittà comme à Hollywood par la féconde veine du péplum, qui revivifie l'épopée en la représentant. "Qu'est-ce que Rome" quand l'écran s'en saisit, question lancinante qui hante les trois films ici interrogés : Spartacus, La Chute de l'Empire romain et Gladiator ?
Les analyses ici réunies questionnent trois leviers de l'intégration au sein des sociétés euro-méditerranéennes plongées dans une crise systémique aux implications tant politiques que sociales : la question des langues qui fait du multilinguisme un élément essentiel dans l'ouverture à autrui ; celle des politiques éducatives, décisives dans la formation de compétences ; celle, cruciale, des circulations dans un espace moins ouvert qu'il n'y paraît, où la nature de ces flux, touristiques ou migratoires, conditionne les termes de l'échange.
Corinne est un texte qui se mérite. Longtemps marginalisé par l'institution littéraire, il « avance masqué ». Loin du simple roman d'amour, centré par une femme auteur sur une héroïne, il sécrète ses propres codes dans une élaboration générique problématique. Roman du renouveau, dans toutes les valences possibles. Le romanesque y épouse l'Histoire, explorant les voies ouvertes de la libre création, poétique et politique. Entre ces deux champs, une coextensivité absolue, qui ne se laisse pas aisément décrypter par un lecteur innocent.