Lacq G
Lacq G
Dommage qu'on ne puisse pas vivre dans la rue, il n'y a que là qu'on est bien. Au lieu de ça : le home, les autres filles à supporter, le chahut, les portes qu'on claque, le réfectoire, les édus si gentils, la chambre-dortoir, jamais seule, jamais un petit coin à soi, en plus c'est vendredi, on mange du poisson, oh merde, merde, vivement demain ! Demain, Chantal fait une fugue. La sixième en un mois. Chantal et les autres évoque la détresse des enfants du juge. Mais ce roman est surtout une histoire d'amour entre parents et enfants.
Sans un mot, ni un regard, Philippe sortit de la salle à manger, d'un pas rapide et décidé, mais calme. Ses parents le virent décrocher sa veste du portemanteau, l'enfiler en se dirigeant vers la porte de l'appartement. Il avait déjà sa main posée sur la poignée quand son père lui cria : - Phil, je te préviens : si tu franchis cette porte... Mais il n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Cette porte, Philippe l'avait franchie et refermée derrière lui, doucement, sans même la claquer avec rage. Quand on a 17 ans, ce n'est pas évident de s'entendre avec ses bourgeois de parents. Lucas a de la chance, lui : il s'est tiré. Finie l'école. Finies les querelles avec le paternel. Pourquoi Philippe ne ferait-il pas de même ?