Kaoutar Harchi
Kaoutar Harchi
Dialogue épistolaire entre deux figures majeures de la littérature française, Kaoutar Harchi et Aurélien Bellanger, sur un enjeu de société majeur : le racisme.« Mais où va-t-on ? Quel est ce monde ? » Entre janvier et juin 2025, les écrivain·es Kaoutar Harchi et Aurélien Bellanger se sont écrit une lettre par mois. Sans parler des blessé·es est le recueil de cette correspondance. Réagissant à une actualité sans cesse plus brutale, chacun·e y explore, avec sa sensibilité propre, ce qui perce de toute part : la violence envers les enfants, le racisme structurel, la domination coloniale, la déshumanisation des Palestinien·nes. Au fil de leurs lettres, une question affleure : que peut la littérature face au chaos du monde ? Aurélien Bellanger Aurélien Bellanger est romancier. Les derniers jours du Parti socialiste (Seuil, 2024) est son dernier ouvrage paru. Kaoutar Harchi Kaoutar Harchi est écrivaine et sociologue. Ainsi l'animal et nous, (Actes Sud, 2025) est son dernier ouvrage paru.
Les animaux sont tout. Ils sont eux-mêmes, certes, mais surtout ce que nous faisons d'eux. Nous, les humains. Car chaque fois que nous parlons des animaux, nous ne parlons en vérité que de leur animalité : l'état animal que nous décrétons inférieur. Ainsi nous animalisons les animaux, nous les rendons tuables et sans peine nous les tuons. Cet état animal, affirment des humains, n'est pas le propre des animaux, il est également celui de certains humains. Ces autres : les femmes, les prolétaires, les minorités raciales qui, ni homme, ni bourgeois, ni blanc, ont été exclus de la communauté morale par le viol, par l'usine, par le fouet, par l'en fu mage des grottes, par la persécution et par l'enfermement. Car animalisés. Livre tout autant théorique qu'auto-bio graphique, Ainsi l'animal et nous appelle à reconnaître la totalité de la question animale, en laquelle toutes les questions de notre monde se rejoignent. Il devient dès lors possible de tenir ensemble tout ce qui va ensemble, de défaire tout ce qui a été fait. Puis de tout refaire.
Suffit-il d'écrire dans la langue de Molière pour être reconnu comme un « écrivain français » ? Ou la littérature entretient-elle, en France, un rapport trop étroit avec la nation pour que ce soit si simple ? Amoureuse de sa langue, la France en est aussi jalouse. Pour tous ceux qui l'ont en partage ailleurs dans le monde, elle devient alors un objet de lutte, de quête et de conquête. Retraçant les carrières de cinq écrivains algériens de langue française (Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal), Kaoutar Harchi révèle qu'en plus de ne s'obtenir qu'au prix d'authentiques épreuves, la reconnaissance littéraire accordée aux écrivains étrangers n'est que rarement pleine et entière. Car si la qualité du style importe, d'autres critères, d'ordre extra-littéraire, jouent un rôle important. Souvent pensée en termes de talent, de don, de génie, la littérature n'est-elle pas, aussi, une question politique ?
Kaoutar Harchi mène dans ce livre une enquête autobiographique pour saisir, retranscrire au plus près cet état d'éveil, de peur et d 'excitation provoqué, dit-elle, "par la découverte que nous - jeunes filles et jeunes garçons identifiés comme musulmans, que nous le soyons ou pas d'ailleurs - étions perçus à l'aube des années 2000 par un ensemble d'hommes et de femmes comme un problème." Un livre où l'amour filial et l'éveil de la conscience politique s'entremêlent dans une langue poétique et puissante.
Dans la "maison des femmes" où l'on redresse les torts, réels ou supposés, dont épouses, soeurs, ou filles se seraient rendues coupables à l'encontre des lois patriarcales, une jeune fille cherche en vain l'amour de sa mère enfermée avec elle. Celle-ci, indifférente à son existence, ne vit plus que dans le seul espoir que vienne la délivrer celui qui l'a abandonnée. Dehors, là-bas, dans la maison du père, où sévit le "clan" familial tout-puissant, un cauchemar affreusement symétrique menace de fondre sur l'héritière sacrificielle née d'un couple tragique et fourvoyé.Sur les ravages du désamour et de l'exil intérieur auquel il condamne, une fable cruelle et incandescente qui pose en lettres de sang la nécessité de la rupture comme condition de toute survie.
Héritiers maudits d'une féroce répression sexuelle qui s'est exercée trente ans plus tôt et a marqué leurs destins respectifs du sceau de la désespérance, quatre hommes liés par la fatalité du sang traversent la Méditerranée où s'écrit, sous le ciel algérien, l'ultime épisode de leur inconsolable désastre.