Kaminski D.
Kaminski D.
Pénalité, management et innovation forment ensemble l'objet et la perspective de ce livre. Sa matière est la pénalité, son problème le management et son espoir l'innovation. L'exercice du droit de punir mobilise un enchevêtrement de discours, d'organisations, d'activités et d'outils. Cet ensemble hétéroclite, que l'on nommera pénalité, subit des transformations dont la représentation et l'évaluation sont complexes. L'analyse de ces transformations trouve souvent son origine dans un déficit de légitimité et de sérieux problèmes de gestion. La pénalité a vu évoluer ses légitimations sociales de la rétribution la plus archaïque à la très moderne réparation, en passant par la resocialisation. Souvent contestées politiquement, parfois disqualifiées scientifiquement, ces légitimations semblent aujourd'hui s'évanouir au profit d'une orientation managériale qui traduit une préoccupation pour le fonctionnement interne du système pénal. Ce livre est consacré à cette singulière substitution : la légitimité politique de l'exercice du droit de punir est escamotée par ses objectifs gestionnaires de productivité, d'efficience et de service à la clientèle. Il examine les mécanismes idéologiques de cette substitution. Il observe quelques-unes de ses réalisations (parmi lesquelles la surveillance électronique des condamnés). Il dessine encore la silhouette des justiciables que la pénalité contemporaine présuppose. Il s'intéresse enfin aux possibilités d'émergence d'heureuses surprises dans les marges du programme managérial. Sous le nom d'innovation, l'analyse fait place à l'observation d'usages inattendus, d'options politiques ou de dispositifs juridiques contribuant à la réduction de l'empire de la pénalité.
A l'aube du 8 novembre 1942, les Anglos-Américains investissent les côtes d'Afrique du nord défendues par les forces vichystes : c'est l'Opération Torch. Etienne de Tournemire, aux commandes de son escadrille va vivre trois jours de combats intenses contre les Spitfire et Hurricane britanniques avant qu'un cessez-feu ne vienne y mettre un terme, au grand soulagement des deux parties. Le général de Gaulle invite alors ses anciens adversaires à rejoindre ses rangs, « 200 aviateurs sous notre uniforme seront plus utiles à la France que 2 000 sous l'uniforme anglais ». Cette volonté de « réconciliation nationale » obéit surtout à un calcul politique : imposer la France Libre au sein de la coalition alliée. A cet effet, une nouvelle organisation tactique de l'armée de l'Air sous commandement français, mais relevant des autorités américaines, voit rapidement le jour. Ainsi, l'escadrille des Diables rouges, dissoute en août 1940, est reformée à Casablanca le 22 mars 1943. C'est notre ami Marceau qui en prend les rênes. Celui-ci est également chargé d'une mission plus délicate : compléter son unité avec des éléments ayant appartenu au « camp d'en face ». La présence de ces anciens pilotes renégats est très diversement appréciée des résistants de la première heure, la « fusion morale » invoquée par de Gaulle étant loin de faire l'unanimité. Pourtant, en dépit de l'hostilité manifeste de ses coreligionnaires, Etienne de Tournemire parvient à intégrer les Diables rouges. La boucle est bouclée, comme en mai 40, pendant la campagne de France, les deux anciens frères d'armes, Marceau et de Tournemire, volent de nouveau sous le même emblème, ce fameux diable frappé sur la carlingue de leurs Curtiss. Ce Diable rouge auquel Etienne de Tournemire doit désormais rendre des comptes.