Julliard Jacques
Julliard Jacques
Ce n'est pas une fin mais un début de siècle que nous vivons. Le XXe siècle n'a duré que 75 ans : inauguré en 1914, il s'est achevé en 1989, et nous ne le regretterons pas. Le propos de l'auteur, dans cet essai incisif, n'est pas seulement de dresser un bilan, bien qu'il jette un regard caustique sur les prédictions évanouies de maints intellectuels et la vertigineuse stérilité des formations politiques. Il s'agit d'abord de comprendre l'événement : un espoir nouveau, un territoire soudain rendu disponible par le " génie de la liberté ". Le communisme est mort et, avec lui, toute une représentation de la gauche, de l'action, de l'éthique, de l'avenir. Ouf ! Mais il ne suffit pas de célébrer la revanche de Léon Blum. Il faut faire du neuf. Il faut faire du neuf avec du neuf, refonder un modernisme de gauche. Le communisme est mort. C'est le moment ou jamais d'entamer une vraie critique du capitalisme. Librement. Enfin.
"Actuellement, notre situation dans le monde socialiste est celle-ci : proscrits du Parti parce que, non moins révolutionnaires que Vaillant et que Guesde, aussi résolument partisans de la suppression de la propriété individuelle, nous sommes en outre ce qu'ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, sans maître et sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même" Fernand Pelloutier