Jules-Amédée Barbey d'Aurevilly
Jules-Amédée Barbey d'Aurevilly
Par la plus noire des nuits, un fantôme du passé ressurgit dans la paisible cité de Valognes, autrefois repère de la chouannerie. On croit reconnaître le chevalier des Touches, dont l'habileté à la carabine instillait la terreur dans les rangs ennemis. Mais qu'est-il advenu de lui après son enlèvement par les républicains ? Le temps d'une veillée au coin du feu, les anciens combattants et leurs alliées se souviennent. Ils racontent avec émotion les exploits du chevalier, l'expédition des douze braves partis à sa rescousse, et la terrible vengeance qui s'abattit sur son délateur... Des Touches a réellement existé, et le récit de ses hauts faits a bercé l'enfance de Barbey d'Aurevilly. Lorsqu'il se lance dans leur rédaction en 1849, il allie à l'enthousiasme de l'admirateur la curiosité de l'historien, pour donner vie à une galerie de personnages saillants. L'écrivain sculpte sa matière gothique avec une langue d'orfèvre et la condense dans un roman aussi incisif que mélancolique. « Ce livre me donna le frisson », confessa Anatole France.
Édition enrichie (Présentation, notes et chronologie)La fille ardente et énigmatique de deux sages bourgeois de Normandie ; une enfant chaste et laide qui prend au piège de ses fantasmes le plus grand séducteur de Paris : ces personnages sont diaboliques, comme le sont ces histoires elles-mêmes, dont le dénouement nous laisse sur un étrange malaise. Les Diaboliques : c'est bien le titre que donna leur non moins diabolique auteur, Jules Barbey d'Aurevilly, au recueil dont sont tirés Le Plus Bel Amour de Don Juan et Le Rideau cramoisi. Du silence confiné d'une petite ville aristocratique aux boudoirs parfumés d'un faubourg Saint-Germain sur le déclin, ces deux nouvelles nous mènent au coeur d'un univers intense et légèrement inquiétant, où Proust décelait « la qualité inconnue d'un monde unique ». Texte présenté et annoté par Judith Lyon-Caen. Texte intégral.
Il est resté un bon moment devant le miroir sans tain pour assister à l'agonie de la fête. Le moment noir, détestable, l'heure des traînards impénitents, l'heure perdue où les esprits dégèlent et où la première lueur du jour est la pire des sentences. Ne jamais se lever. Ou ne jamais se coucher. Le doute le plus célèbre du monde. Est-il noble de se lever le matin en sachant déjà tous les emmerdements qui vont suivre ? Est-il lâche d'aller se coucher, de dormir jusqu'à en crever, et dire au revoir à tout ce qui nous bouffe l'existence ? C'est là la question. Les morsures de l'aube a été adapté au cinéma par Antoine de Caunes, avec Guillaume Canet, Asia Argento, Gérard Lanvin.