Joelle Petillot
Joelle Petillot
Voici des nouvelles dont le titre peut laisser penser qu'elles sont préfunèbres. Mais voilà, il y a « ou presque »... Lequel recouvre en vrac un assassin trop sensible, des abeilles mortes jouant un rôle majeur dans deux vies que tout oppose, un employé de banque pour qui le Père-Lachaise sera non pas une fin, mais le début de quelque chose, et deux femmes seules livrées à un combat à mort contre une chose qui les dépasse, les étouffe... ou essaie.
Dans une famille aussi déjantée qu’aimante, Lou et ses deux frères jumeaux grandissent sous le regard tendre et parfois désordonné d’un père séducteur.
La magie existe, et elle peut débouler dans le quotidien. Un chien aux yeux vairons confié par une pseudo-amie, une vieille dame éruptive à la mémoire intermittente, la blancheur étrange d'un appartement providentiel, un rendez-vous noté par une main inconnue sur un agenda familier, une fugueuse violoniste : ces détails, ces êtres attestent de la chose avec la grâce propre aux innocents. La magie peut être drôle, ou grave:, au bout, quelque chose qui pourrait ressembler au bonheur, à tout le moins une forme d'apaisement.
La vie et les expériences du passé, les villes et les planètes, l'amour, les passions, les souvenirs, les explorateurs intrépides, les kilos supplémentaires : tout doit disparaître emporté par les éléments, l'inconscience ou la vanité ; par la fatalité, par l'ordre des choses, par les vertiges du monde. Travailler à sa propre perte, ne pas maîtriser les facteurs extérieurs, invoquer les démons du septième enfer : tout doit disparaître, il ne restera rien. Et si après, le temps continue de passer et que tout ce qui n'est plus se retrouve transformé, alors peut être que de nouveaux territoires surgiront, peut être que reviendra l'espoir et que les joues reprendront des couleurs. ----------- Tout doit disparaître : 16 textes courts, 16 promenades à travers les fumées et les cendres, 16 univers éclectiques sur un même thème, de la p'tite poésie à l'uchronie dégingandée, 16 propositions pleines de substances sélectionnées par Squeeze parmi les fines gâchettes de la nouvelle scène littéraire française.
Le retour de Louise, et de tous ceux qui l'entourent, nous l'attendions avec une impatience bienveillante depuis que nous avions dû, avec aux lèvres un sourire de regret, tourner la dernière page de La belle ogresse. Elle nous revient, enfin, et de quelle manière ! Joëlle Pétillot porte aux choses et aux êtres une attention pleine d'empathie et d'émotion. Elle partage avec nous son intelligence de la vie et nous fait découvrir l'autre face du monde, celle qu'aliénés par notre quotidien nous sommes résignés à laisser s'échapper pour toujours. De sa plume légère, alerte, vive et enjouée, elle nous charme. Et nous lui donnons la main comme un enfant à sa mère, apaisés de douceur et de plaisir. Si l'art est un détour qui nous fait ouvrir grand les yeux sur le monde, alors Joëlle Pétillot est une artiste aux mains douces et fines qui soulève, avec une infinie délicatesse - et un malicieux sourire - le voile qui nous sépare de la vie.