Jean-pierre Barbier-jardet
Jean-pierre Barbier-jardet
Dans les années vingt, un train entre en gare de Trieux, petite ville du nord de la France. Parmi la foule, Piotr Pavlak guette ceux de sa famille qu'il a fait venir de Pologne : sa femme, Mavra, qui ne sait pas encore qu'il améliore ses fins de mois en participant à des combats de boxe, et son jeune fils Mattiouch qui va devoir à son tour descendre tout au fond de la mine. Aux côtés de Piotr, se tient Victor, son fils aîné, arrivé comme lui ici depuis quatre ans. Il vient de rencontrer Alice, jeune Française qui travaille au tri du charbon. Mais leur amour naissant est compromis et rendu presque impossible par la haine que se vouent les deux communautés. Poussé à bout par l'intolérance à laquelle il se heurte, et alors que l'insurrection gagne tout le pays, Victor prend la tête de la grève déclenchée par ses compatriotes. Et c'est autant sur le ring, où son père livre un combat décisif, que dans les ténèbres des galeries où Victor croit enfin tenir sa revanche que le drame se joue...
L'amour qui nous entoure qu'il soit de nature homosexuelle ou hétérosexuelle est entaché de prototypes séculaires. Lorsque l'amour surgit chez un être, la nouveauté en est insupportable. Réduire cette impulsion amoureuse au plus bas niveau, telle est l'opération d'accalmie et de confort. Le fond de l'amour est nécrophile.
Une prose rythmée, des vers à la métrique conventionnelle. Mais la démarche du poète fait éclater ces modèles rigides : la dérision fait exploser ses (faux) vers de mirliton. Sous l'apparence d'un classique, on peut découvrir en Barbier-Jardet l'un des représentants de l'avant-garde la plus audacieuse.