Jean-louis Deotte
Jean-louis Deotte
Benjamin fut le premier à utiliser le terme d'"appareil" technique en rapport avec les arts. Lyotard a introduit la notion de surface d'inscription et de bloc d'écriture. Rancière, avec ses "régimes" de l'art, a permis de nouer politique et esthétique. Restait à distinguer les appareils culturels, conditions des arts, de ces derniers, pour leur accorder un mode d'existence spécifique, ce que se propose le présent ouvrage.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Les récentes destructions d'oeuvres au sein du musée de Mossoul, les attaques menées devant le Bardo à Tunis et la destruction partielle de Palmyre viennent rompre une certitude ancrée en Europe depuis la fin du XVIIIe siècle : celle de l'irréversibilité du mouvement "d'éducation esthétique de l'humanité". Car le Musée, cette invention européenne, a donné une nouvelle assiette à l'art, qui de cultuel est devenu culturel, qui de communautaire et devenu public, qui de réservé est devenu exposé au jugement de tous. Le musée est cet appareil démocratique qui a inventé l'esthétique moderne.