Jean-claude Eslin
Jean-claude Eslin
Au premier regard, il semblerait que nos sociétés occidentales soient désormais dépourvues de messianisme et d'utopie, que ce « constat » soit interprété comme l'installation dans une société enfin libérée de toute altérité historique ou comme l'entrée dans une « crise sans précédent, et pour la première fois dans l'histoire, non pas transitoire, mais permanente, définitive » (P. Ricoeur). Ces positions appellent cependant réserves et perplexités. Ne s'établissent-elles pas sur un oubli massif des représentations propres aux parties du monde et aux groupes humains marginalisés ? Au prix de quelles prétentions des ressources d'imaginaire et d'action acquièrent-elles leur légitimité ? Avec le statut de la modernité comme rupture, c'est l'identité chrétienne, selon la matrice apocalyptique, qui est, au plus vif et comme à nu, questionnée. Les textes ici rassemblés reprennent les interventions de la session théologique 1993 qui s'était donné pour objectif de « penser l'espérance chrétienne », comme mémoire d'une promesse ouvrant l'avenir, au gré de relectures bibliques et de relèves philosophiques, face aux incertitudes actuelles sur le temps et l'histoire.
Témoin capital de notre siècle, Hannah Arendt n'a céssé de construire son oeuvre sur les rapports entre « l'Etre et le Citoyen » et l'actualité du Monde. Comment aurait-elle fait autrement puisque l'Histoire, s'est confondue avec sa propre vie. Penseur de notre temps, elle a reconnu la fragilité de l'homme. Mais elle a aussi montré sa capacité à imposer un sens à sa vie sociale et morale grâce aux exprériences fondamentales de la vie publique.
Les tensions entre le politique et la religion sont un ressort majeur de l’histoire de l’Occident, et donc aussi un fil directeur pour la comprendre. Elles ne constituent pas seulement un objet qui aurait influencé de l’extérieur la civilisation occidentale : elles l’ont imprégnée de l’intérieur – et l’imprègnent encore, fût-ce à notre insu. Jean-Claude Eslin a refait ce parcours du théologico-politique en Occident, depuis ses origines, juive et chrétienne, grecque et latine (l’auteur rappelle en particulier l’influence considérable de Cicéron), jusqu’à l’époque contemporaine. Il passe en revue les grands moments de la pensée théologico-politique : Augustin, les théories médiévales, Luther et Calvin, la philosophie politique jusqu’à la Révolution (Machiavel, Hobbes, Spinoza, Locke, Rousseau), enfin les héritages multiples au XIXe et eau XXe siècle. Ces réflexions, qui furent presque toujours liées à des crises et à des tournants historiques de grande importance, ont eu des effets à long terme, qui se font sentir encore aujourd’hui : car cette dualité de principes opposés marque les structures et les grandes catégories de notre culture politique. Elle constitue « la racine dynamique de l’Occident dans l’histoire ».
La catastrophe écologique est en route. Parce qu'il est plus qu'une crise passagère, le dérèglement climatique réclame une réforme profonde de notre façon d'habiter notre maison commune. Nous n'en continuons pas moins à vivre selon les modèles auxquels nous sommes accoutumés. Indifférence ? Confort ? Déterminisme ? Sentiment que ces soucis nous dépassent ? Plus étonnant encore est le mutisme de nombreux croyants. Comment les Églises peuvent-elles rester sourdes quand l'oeuvre de la Création se délite sous leurs yeux ? Y a-t-il dans l'histoire et les dogmes des chrétiens des obstacles intrinsèques à la reconnaissance de la question écologique ? Le christianisme est-il un facteur ou une réponse à notre indifférence ? Dans la droite ligne de l'écologie intégrale promue par le pape François, au moyen d'un style juste et engagé, Jean-Claude Eslin enquête sur les racines de l'inexplicable atonie écologique religieuse.Préface de Dominique Bourg.Ancien professeur de sciences humaines à l'ESCP-Europe, Jean-Claude Eslin est membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Il est l'auteur, entre autres, d'ouvrages sur Hannah Arendt et saint Augustin.
La Cité de Dieu 1 Livres I à X Quand Rome est mise à sac en 410 après J.-C., les Romains s'interrogent : le christianisme serait-il responsable du déclin de la cité ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force de La Cité de Dieu consiste à proposer un principe pour comprendre des événements inédits. Augustin distingue deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leurs destins ne doivent pas être confondus : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Église, et donc dans le monde, mais elle n'y est pas " réalisée ". Elle représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout doit être relativisé, même si, dans la perspective du jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu ont été immenses dans l'histoire de l'Occident. Traduction du latin de Louis Moreau, revue par Jean-Claude Eslin
La Cité de Dieu 2 Livres XI à XVII Quand Rome est mise à sac en 410 après J.-C., les Romains s'interrogent : le christianisme serait-il responsable du déclin de la cité ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force de La Cité de Dieu consiste à proposer un principe pour comprendre des événements inédits. Augustin distingue deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leurs destins ne doivent pas être confondus : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Église, et donc dans le monde, mais elle n'y est pas " réalisée ". Elle représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout doit être relativisé, même si, dans la perspective du jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu ont été immenses dans l'histoire de l'Occident. Traduction du latin de Louis Moreau, revue par Jean-Claude Eslin
La Cité de Dieu 3 Livres XVIII à XXII Quand Rome est mise à sac en 410 après J.-C., les Romains s'interrogent : le christianisme serait-il responsable du déclin de la cité ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force de La Cité de Dieu consiste à proposer un principe pour comprendre des événements inédits. Augustin distingue deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leurs destins ne doivent pas être confondus : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Église, et donc dans le monde, mais elle n'y est pas " réalisée ". Elle représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout doit être relativisé, même si, dans la perspective du jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu ont été immenses dans l'histoire de l'Occident. Traduction du latin de Louis Moreau, revue par Jean-Claude Eslin
Augustin, c'est nous : il est le premier moderne. L'expérience d'un homme qui dit Je dans les confessions et Nous dans la Cité de Dieu, il envisage la condition de l'individu comme de la société dans une perspective où la mémoire, l'histoire, le temps de ce monde, sont premiers, même quand ils sont interrogés par le divin, et introduit comme une faille dans le narcissisme du monde ancien.Augustin est un homme pour tous, un philosophe qui ne cesse d'interroger la condition humaine.