Jean Verseuil
Jean Verseuil
Mélusine... Messaline... Muse des troubadours... La légende nimbe la figure d'Aliénor d'Aquitaine et voudrait obscurcir une fascinante réalité. En 1151, Aliénor divorce d'avec le roi Louis VII de France ; deux mois plus tard, la voici remariée avec Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, duc de Normandie, et bientôt roi d'Angleterre. Extraordinaire mariage, qui engage l'avenir de l'Europe : Aliénor sautant du lit de la France dans celui de l'Angleterre, posait les conditions de la guerre de Cent Ans. Documenté, Jean Verseuil l'est ; mais il veut découvrir, sous la légende, la femme la plus éblouissante de son temps, exceptionnelle au milieu d'une famille peu banale ; une famille Plantagenêt, qui s'étend à l'ombre de Thomas Becket, l'archevêque, et dont les enfants ont nom Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre... On est charmé par l'évocation de l'enfance d'Aliénor, bercée par la poésie de son grand-père Guillaume IX d'Aquitaine, prince des Troubadours. On s'émeut de ses déchirements de femme, de la passion et de ses heurts avec son second mari, Henri II, l'un des plus grands rois anglais. Aliénor et les siens raconte une fresque shakespearienne.
À Reims, Saint Rémi accompagne maintenant Clovis vers le baptistère. Mais ils ne sont plus les seuls. De tous les villages alentour, le peuple est accouru. On peut même dire qui sont ces hommes et ces femmes, qui viennent assister à ce qu'ils ne comprennent que comme une fête. Car les villages portent encore les noms de leurs antiques habitants. Auménancourt qui abritait des Alamans, Bourgogne des Burgondes, Gueux des Goths, Sermiers des Sarmates, Vandeuil des Vandales, Villers-Franqueux des Francs. La mosaïque des peuples qui va donner naissance à la France, est déjà bien représentée dans l'ancienne cité des Rèmes. Même les grands propriétaires des villas sont là, qui se rassurent et donc se régalent de l'événement. Quant aux habitants gallo-romains, il y a déjà des jours qu'ils goûtent les préparatifs : toutes les rues que doit emprunter le trajet royal, sont couvertes de tentures plus colorées les unes que les autres. Ainsi, à peine soixante-huit ans après la mort de Saint Augustin, qui redoutait tant les conséquences de l'irruption des Barbares dans le monde romain, un des plus puissants princes germaniques était devenu catholique. L'antique Rome persistait sous sa forme ecclésiale. Elle venait d'épouser la puissance franque, et de vaincre - en un jour - l'hérésie occidentale la plus fâcheuse pour son destin. Sans le savoir, Clovis venait de changer le destin de l'Europe.