Jean-Pierre Martinet
Jean-Pierre Martinet
« Je pensais souvent à ce cinéaste japonais, Ozu, qui avait fait graver ces simples mots sur sa tombe : « Néant ». Moi aussi je me promenais avec une telle épitaphe, mais de mon vivant. » Adolphe Marlaud habite un appartement avec vue sur le cimetière qui domine la rue Froidevaux, une de ces rues où « on meurt lentement, à petit feu, à petits pas, de chagrin et d'ennui. » N'ayant réussi à n'être ni fantôme, ni homme invisible, en exil, cet étrange voyageur d'hiver s'est fixé une ligne de conduite : « vivre le moins possible pour souffrir le moins possible. » C'est sans compter sur Madame C., sa concierge, qui guette amoureusement son passage du haut de ses deux mètres pour le contraindre à des actes que la pudeur réprouve. Né en 1944 à Libourne où il revint mourir en 1993, Jean-Pierre Martinet a publié peu de livres. D'abord assistant-réalisateur à l'ORTF, il renonce au cinéma. Il se consacre à la critique et c'est sans doute à lui que l'on doit la redécouverte d'Henri Calet. Il est l'auteur de La Somnolence (1975), de Jérôme (1978), son chef-d'oeuvre, « un sommet dans l'épouvante » (A. Eibel), tous deux réédités chez Finitude avec succès, et de L'Ombre des forêts(1987) et de nouvelles publiées en revues.
Plongez dans l'univers sombre et drôle de Ceux qui n'en mènent pas large, où deux marginaux parisiens, Georges Maman et Dagonard, errent dans une nuit sans fin.