Jean-Philippe Pierron
Jean-Philippe Pierron
Affirmer ses convictions au risque de perdre une amitié, devoir choisir entre la sécurité professionnelle et son éthique personnelle... La liste est longue des situations intenables où nous nous tenons pourtant. Toutes sont posées comme des dilemmes intérieurs qui suscitent en nous la frustration. Mais ne sont-elles pas aussi le signe que nous sommes vivants, en prise avec les tensions inhérentes à toute existence ? Notre époque aime la linéarité des parcours pensés comme des ascensions pures, des trajectoires sans failles. Or nos vies sont faites d'incertitudes, de doutes, de revirements, de renoncements qui nous posent une question simple mais radicale : à quoi tenons-nous ? Contre une vision de l'existence qui serait une place à tenir, une fois pour toutes, Jean-Philippe Pierron propose de vivre avec l'intenable, de penser une vie hors de toute assurance et d'assumer, résolument, une posture d'équilibriste.
« Je veux parler dans cet ouvrage d'une urgence nouvelle : celle de redonner toute sa dimension spirituelle à notre relation au vivant. Car, au fond, qu'est-ce qu'être un habitant de la Terre ? » Méditer comme une montagne, c'est prendre la mesure d'une démesure. C'est considérer la nature non plus sur le mode de ce qui se prend mais par le sentiment d'appartenance qui nousrattache à elle. Les montagnes, eaux, vallées et l'au-delà de l'humain ne sont pas pour nous que des décors, des toiles de fond. Avec eux, notre histoire s'inscrit dans une histoire plus vaste que nous. Jean-Philippe Pierron invite dans cet ouvrage à faire un pas de plus et laisser retentir, dans nos biographies, nos itinéraires, ce qui nous lie au vivant. Il ouvre un chemin riche qui mène à une nouvelle forme de disponibilité nourrie par l'expérience artistique aussi bien que par des actions modestes et pleines de sens. Et si l'écologie ne pouvait se passer d'une révolution intérieure pour chacun de nous ? Et s'il fallait nous engager dans un véritable changement spirituel pourrepenser notre relation au vivant ?
Face à la maladie d’Alzheimer, comment préserver l’autonomie et la dignité des patients ? Cet ouvrage collectif, fruit de regards croisés (médecins, philosophes, juristes), propose des pistes concrètes pour repenser l’accompagnement et le soin.
Dans ce livre essentiel, Jean-Philippe Pierron remet le jeu au centre de nos existences, comme on remet le terrain de pétanque au coeur du village. Jouer n'est ni une activité mineure, ni une simple diversion : c'est ce qui rend les vivants humains. Contre les logiques utilitaristes, normalisantes et productivistes, le jeu est affirmé ici comme puissance d'imagination, d'initiative et de résistance. Dans le « comme si » des jeux d'enfants s'ouvrent des écarts, des microfissures, à partir desquelles tout peut être envisagé autrement. Jouer, c'est maintenir vivante une allure de vie capable de se dégager de ce qui fige, réifie et enferme les existences. Un plaidoyer fort pour penser le jeu comme un droit, une écologie du vivant et une politique de la liberté.
à l'aide d'une langue extrêmement sensible et sensuelle, poétique, le philosophe Jean-Philippe Pierron poursuit son exploration écob iographique (voir son précédent livre dans la collection Mondes Sauvages : "Je est un nous") pour révéler l'importance primordiale de gestes en apparence triviaux et anodins, ceux du jardinier, du paysan, de l'artisan, du cuisinier, mais aussi ceux du musicien, du danseur et de l'écrivain, dans l'élaboration concrète et quotidienne, profonde et le plus souvent tue, d'une manière d'être au monde révélatrice d'un souci, d'une attention portée au monde et aux vivants qui cohabitent avec nous.
Notre culture occidentale moderne s'est évertuée à effacer nos liens à la nature, à nos milieux de vie, à des animaux, des arbres, une rivière ou une montagne. Nous en avons dénié l'importance mais ils resurgissent à la moindre occasion sans même que nous nous en rendions compte. « Quel temps fait-il ? » devient ainsi la question fondamentale qui prouve notre attachement inconscient au monde et l'importance qu'a le ciel sur nos climats intérieurs. Jean-Philippe Pierron nous emmène sur la piste philosophique de quelques personnages historiques et grands penseurs afin de comprendre comment ils ont pu, eux, prendre conscience de l'importance de ces liens et les intégrer dans leurs systèmes philosophiques.
L'Anthropocène, nouvelle période géologique, est caractérisé par l'impact de l'activité humaine sur le système terre. Il fait de l'humain une force géologique et fait se percuter la temporalité longue de la Terre et la temporalité de l'histoire humaine. L'entrée dans l'Anthropocène amène des questions existentielles sans précédent, dont celle de la fin possible de l'aventure humaine. Au-delà du doute portant sur l'amélioration de la qualité de la vie dans l'avenir, c'est sur l'existence même d'un avenir possible que porte l'incertitude contemporaine. L'Anthropocène peut être investi comme un révélateur de nos fondements éducatifs et permettre de penser autrement l'éducation. Bousculant des paradigmes éducatifs, un chantier de définition de ce qu'est éduquer en Anthropocène est à entreprendre. En effet, pour que le sursaut politique espéré par bon nombre de citoyens imprègne durablement l'histoire humaine, c'est le niveau éducatif qu'il faut particulièrement investir. Et à cet égard il est nécessaire de dépasser la logique développementale de l'éducation au développement durable dont le drame est de ne pas avoir renoncé à la croissance.
En 1966, Vladimir Jankélévitch a proposé d'examiner l'indomptable sujet de la mort, en tentant d'en proposer une approche restituant les éléments d'une pensée avant, pendant et après la mort. Les soins palliatifs, en tant qu'ils accompagnent toujours singulièrement des existences en fin de vie, doivent composer quotidiennement avec l'incertitude devant laquelle nous installe la question mortelle. Aidés des enjeux développés par le philosophe, les différents textes présents dans cet ouvrage proposent chacun à leur façon, un regard sur cette question délicate de la fin de vie, quand il s'agit de l'interroger, de la penser et surtout de l'accompagner.
Canalisée, maîtrisée, distribuée, leau nous apparaît désormais ordinaire, à portée de robinet. Quant à ces temps où chaque source, chaque rivière étaient habitées par une nymphe, nous les avons oubliés. Nous ne vivons plus leau, nous lutilisons. Un simple flux à gérer. Et pourtant, on parle de stress hydrique, de désertification galopante, dépuisement des nappes phréatiques : nous savons aussi quelle commence à manquer, quelle est précieuse. Comment est-on parvenu à cette situation paradoxale ? Du philosophe grec Thalès de Milet qui, affirmant que « tout est eau », faisait delle le principe de toute chose, au chimiste Lavoisier qui, au XVIIIe siècle, la désenchantera pour y découvrir un composé chimique, et au moment écologique contemporain, toute une histoire se déploie. Cest ce récit complexe, et les différentes conceptions quil porte, que le philosophe Jean-Philippe Pierron nous raconte ici. Alors que le soin écologique relève aujourdhui dune urgence, ce geste poétique vaut engagement. Car pour changer les pratiques, ne nous faut-il pas dépasser le simple utilitarisme et produire un nouvel imaginaire ? Et si cela commençait par rêver leau ?
Comment soigne-t-on aujourd'hui les personnes malades ? Ces dernières années, la médecine a fait des progrès énormes. Les soins que l'on apporte aux patients sont de plus en plus savants et techniques. Peut-on pour autant rabattre l'épreuve de ceux qui souffrent à une simple série de « signes cliniques », seuls censés être objectifs, neutres et rationnels ? Quelle est la place du malade au sein de l'hôpital ?En analysant des situations délicates et complexes, comme le cancer ou la fin de vie, Jean-Philippe Pierron s'interroge sur la signification des soins que la médecine offre aujourd'hui aux personnes qui souffrent. L'homme malade a besoin d'être reconnu. Et cette reconnaissance exige du temps. Prendre soin de lui, le soigner, c'est l'accompagner au quotidien. C'est tout d'abord prendre en compte l'extrême vulnérabilité dans laquelle nous plonge la maladie.
" On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille "... on connaît la chanson ! Tout comme est familier l'incomparable air de famille, cette étrange ressemblance qui fait que ces autres sont aussi les miens... C'est vrai. Alors, la famille serait subie comme un destin indépassable. Est-ce aussi sûr pourtant ? L'expérience de l'adoption n'affirme-t-elle pas, haut et fort, que la famille est choisie ? Qu'il n'y a pas de parents naturels ? Que toute naissance est une reconnaissance ?
Un livre qui sort à point nommé : au moment où notre pays est traversé par une crise d'identité entre les tenants de la famille biologique et la théorie du genre. Ce livre va prendre sa place et sa part dans le débat contemporain qui oppose les tenants de la famille classique ou traditionnelle à ceux qui affirment la disparition de la famille normale, arguant que toute famille est une construction sociale et donc que toutes les compositions familiales se valent. A sa manière, il prolonge donc le débat qui a été engagé en France lors du projet de loi sur le mariage dit "pour tous", mais aussi à toutes les questions qui se posent aujourd'hui autour des enjeux familiaux.