Jean Malzac
Jean Malzac
Ce titre énigmatique - après plus de trois siècles, les musicologues ne l'ont toujours pas expliqué - est celui de la plus célèbre des pièces pour clavecin de François Couperin. Il désigne ici les limites inconscientes, qui enferment le narrateur de ce récit dans une relation conjugale non satisfaisante, d'où il ne parviendra à s'échapper que par une transgression de la loi, ce qui le fera tomber sous le joug plus étroit encore de la prison. Le troisième livre de Jean Malzac. Son premier roman après deux recueils de nouvelles, dont l'un obtint le prix Charles Brisset en 1993. « Les personnages de Jean Malzac sont ainsi faits, qu'en dépit de leur démence et parce qu'ils s'expriment à la première personne, ils semblent parler au lecteur depuis un au-delà à la fois proche et terrifiant. Même lorsqu'ils appartiennent à une existence improbable ou mystérieuse, qu'ils ont l'air de surgir du néant, leurs paroles résonnent en nous de façon déchirante. » Sophie Avon, Sud-Ouest dimanche.
Du XVIe siècle à nos jours, du borderline au paranoïaque, chaque folie a son univers, son rythme et son langage propres. L'écriture se plie au ton imposé qui, dans les cinq récits composant ce livre, glisse de la récursivité obsessionnelle à la compassion, ou de la solennité au burlesque. Mais qu'on ne s'y méprenne pas : la dérision n'entame qu'en surface la gravité du propos, et la doucereuse férocité de ces textes n'est jamais gratuite : les plus sûres valeurs de notre société y sont dénoncées... Ce n'est pas le fait du hasard, si la folie se met en scène dans chacun des récits. C'est même l'un des intérêts de cette galerie de portraits : à la cour comme à la ville, le fou brave l'interdit et joue son rôle de miroir grossissant. Avec leur logique retorse, leur tendresse aveugle, leur folie que l'on peut aisément reconnaître et cataloguer, l'homme aux vers, la dame à la rose ou l'illusionniste remettent en cause l'ordre établi. À l'opposé, le peintre du "Christ au Sépulcre", ou les médecins qui s'occupent du narrateur de "L'aquarium", offrent une prise moins facile : leurs mobiles sont nobles, leur quête du beau ou de la connaissance est absolue. Si l'on n'y prenait garde, on se laisserait gagner par leurs mauvaises raisons, on leur emboîterait le pas jusque dans leurs excès, au-delà de l'horreur...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.