Jean Leduc
Jean Leduc
Ernest Lavisse (1842-1922) est passé à la postérité grâce à ses nombreux manuels scolaires d'histoire, et surtout au fameux « Petit Lavisse » qui a accompagné des générations d'écoliers français. Mais qui était celui qu'on nomma l'« Instituteur national », qui consacra son existence tout entière à promouvoir l'enseignement historique et à construire un glorieux « roman national » ? Homme d'influence mais non engagé, professeur admiré mais figure discrète, l'ouvrage montre toutes les nuances, voire les ambiguïtés, du grand historien. L'étude minutieuse de son enseignement en Sorbonne, de ses publications et de ses nombreuses interventions dans la presse, comme de son rôle dans diverses institutions et associations, met en lumière une oeuvre fondamentale, encore méconnue. Ainsi découvre-t-on les combats d'Ernest Lavisse pour réformer l'enseignement supérieur, moderniser l'enseignement secondaire, mettre en oeuvre une formation à la fois scientifique et professionnelle des professeurs et organiser le monde étudiant. Des dossiers toujours d'actualité...
Traitant de l'enseignement de l'histoire en France de ses premières ébauches jusqu'à nos jours, ce livre soulève des questions majeures. Celle de la place et de l'identité de l'histoire enseignée. Quand et comment s'implante-t-elle dans les établissements secondaires puis à l'école primaire ? Comment y acquiert-elle son autonomie disciplinaire par rapport à l'instruction religieuse et à l'étude des « humanités » ? Quels horaires, quels coefficients et, plus généralement, quelle considération lui sont accordés ? Celle des finalités qu'on lui assigne. L'histoire est une discipline dont le caractère politique est particulièrement net, tant par les sujets qu'elle aborde que par la relation intime et complexe qu'elle entretient avec la mémoire nationale. Comment se décline, au fil du temps, cette finalité politique ? Quels autres objectifs l'enseignement de l'histoire se voit-il fixer ? Celle des programmes. Qui les rédige ? Comment sont-ils construits ? Quelles périodes, quels territoires, quels aspects de la vie des hommes du passé privilégient-ils ? Quelles instructions sont données pour leur mise en oeuvre ? Celle des rapports que l'histoire scolaire entretient avec l'histoire universitaire. Dans quelle mesure les problématiques, les méthodes et les avancées historiographiques de la recherche se diffusent-elles dans les programmes, instructions, manuels scolaires et dans les pratiques des enseignants ? Celle, enfin, de ce qui se passe en cours d'histoire et de l'impact de ces cours sur les élèves. À travers ces questions, c'est bien de l'élaboration d'une identité culturelle collective qu'on verra à l'oeuvre, et les débats politiques et intellectuels qui l'accompagnent.Patrick Garcia est maître de conférences en histoire à l'IUFM de Versailles. Il est, notamment, l'auteur de : Le Bicentenaire de la Révolution française. Pratiques sociales d'une commémoration (CNRS-éditions, 2000) et, en collaboration avec Christian Delacroix et François Dosse, Les courants historiques en France XIXe-XXe siècles (Armand Colin, 1999). Jean Leduc est ancien professeur d'histoire en classes préparatoires à Toulouse. Il est, notamment, l'auteur de : L'enracinement de la République, (Hachette, 1991) et Les historiens et le temps, (Points-Seuil, 1999).
Ce volume propose une approche chronologique de cette période charnière de l'histoire nationale, ainsi qu'une analyse des transformations structurelles de la société française.