Janine Modlinger
Janine Modlinger
En chemin vers Florence. Un regard se perd dans le paysage. Ou plutôt il cherche. Il se cherche comme on cherche un vis-à-vis, un visage ami, un visage aimé. Le visage d'une mère perdue trop tôt et qui transforme la vie en une longue attente. Attente qui alors donne d'autant plus de valeur à chaque rencontre, à chaque présence. Attente qui creuse l'attention néanmoins. Parce que peut-être, ce visage, ce paysage, ce tableau laissent apparaître quelque chose d'inattendu : l'Attendu lui-même. Dans ce nouveau recueil, les poèmes de Janine Modlinger recomposent ce visage disparu. Traversée montre qu'au-delà du désastre, quelque chose d'indestructible demeure. J'ai promis de ne pas oublierLe désastre, mais d'en faireLe seuilD'où je m'élance. Janine Modlinger a longtemps enseigné à Paris. Son dernier recueil, Beauté du presque rien, a été publié chez Ad Solem.
C'est comme la parole lorsqu'elle vous traverse. On ne sait rien. On l'écoute.La parole parle" dans le poème. Dans la prière aussi. Il faudrait se la représenter par cette image qu'emploie Janine Modlinger pour évoquer ce geste vers l'autre : la parole comme des "mains du silence". "Tel l'oiseau qui fulgure, tel le regard de l'aimé, quelque chose de ténu et d'insistant nous annonce la Présence". Après Éblouissements, Beauté du presque rien recueille ces éclats de la Présence perçus dans un instant, une rencontre, un visage - un paysage. "Presque rien" : c'est ainsi que nous découvrons le passage de l'Autre, dans l'écart de la distance que la parole cherche à rattraper. Un peu comme Maurice Blanchot, Janine Modlinger invite son lecteur à faire "ce pas au-delà" du nom donné, jusqu'à cet état que l'on appelle prière : pour que dans les "mains du silence" la Parole vienne se poser.Elle s'approche, c'est comme si elle connaissait ce geste depuis toujours.Janine Modlinger a longtemps enseigné à Paris. Son premier recueil, Éblouissements, a paru chez Ad Solem.".